Coteries et brigues (I-IV
Les Corinthiens prennent parti pour tel ou tel prédicateur (I, 10-12). Paul en témoigne son indignation (13); il se réjouit de n'avoir baptisé presque personne à Corinthe et de n’y avoir prêché que la doctrine de la croix, afin qu’on ne s’arme pas de son nom pour fomenter les brigues (14-17). — En reprenant ce désordre, il a deux choses en vue : 1. Justifier sa manière d'agir et rétablir sa légitime autorité; 2. montrer en général combien ces coteries sont déraisonnables.
1. Question personnelle. — À) Excellence de la doctrine de la croix préchée par Paul. — Le verbum crucis, folie aux yeux du monde, est sagesse pour les élus (18). Dieu se plaît à confondre « la sagesse du monde » en sauvant les croyants par « la folie de la prédication » (19-22). La croix, objet de folie pour les Grecs avides de sagesse, objet de scandale pour les Juifs désireux de miracles, manifeste à tous les croyants, qu’ils soient Juifs ou Grecs, la puissance et la sagesse de Dieu (23-24) : la sagesse, puisqu'elle triomphe de ce qui paraît sage; la puissance, puisqu'elle abat ce qui semblait fort (25): Témoin les Corinthiens, dépourvus des qualités que le monde estime; c’est cependant par eux que Dieu confond le monde (26-28). Aïnsi nul ne pourra se glorifier que dans le Seigneur (29-31).
B) Justification de la conduite de Paul. — I] n’a voulu savoir que Jésus-Christ crucifié (II, 1-2). Il a dédaigné les habiletés de la sagesse humaine, afin que la foi des Corinthiens reposât sur Dieu seul (3-4). Ce n’est pas qu’il ignore la vraie sagesse (5-9); l'Esprit- Saint, qui scrute les profondeurs de Dieu, l’a révélée aux apôtres (10-12). Il sait la prêcher à l’occasion, sans la mêler aux scories de la sagesse mondaine; mais ce n’est qu'aux hommes spirituels (13-16). Or les Corinthiens sont encore enfants dans la foi et il leur faut le laït des enfants (III, 1-2); ils sont encore charnels, ils sont hommes en un mot (3), comme ils le montrent par leur conduite (4).
2. Question d'ordre général. — Les fauteurs de coteries méconnaissent le rôle des apôtres. — À) Les apôtres sont les coopérateurs de Dieu. — Ils travaillent en sous-œuvre, chacun dans sa sphère; mais Dieu est proprement le seul ouvrier, car c’est lui seul qui construit l'édifice, lui seul qui fait croître la moisson (5-8). Les fidèles sont donc le champ du céleste agriculteur, le temple du divin architecte (9). En tant que manœuvres de Dieu, les ouvriers apostoliques sont une même chose (8); il ne s'ensuit pas pourtant qu’ils n’aient ni devoirs ni responsabilités : a) Les uns ajoutent au fondement (à la doctrine du Christ prêchée par Paul) des matériaux précieux, l'or, l'argent et le marbre; chacun d’eux recevra une récompense proportionnée à son travail (10-12; cf. 8 et 14). — b) D’autres emploient pour bâtir le bois, le foin, la paille, matériaux vils et périssables : le feu du jugement détruira leur œuvre et ils ne se sauveront eux-mêmes qu’à travers le feu (13-15). — c) D’autres enfin,
au lieu de construire, ébranlent et ruinent le temple de Dieu par
leurs doctrines perverses : Dieu les perdra à son tour (16-17). B) Les apôtres sont pour les fidèles et les fidèles sont pour le Christ (21-23). Il y a donc sottise et folie à s’inféoder à un homme (18-21). C) Les apôtres sont les dispensateurs des mustères de Dieu (IV, 1).
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Ils doivent donc étre fidèles à leur mandat et soumis à leur commettant (2). Mais ce n’est pas aux hommes de les juger. Paul méprise ces jugements prématurés (3); il évite de se juger lui-même quoiqu'il n’ait pas conscience d’avoir manqué à son devoir; il ne veut relever que du jugement de Dieu (4-5). — Ici, Paul condamne sans ambages, et non plus en termes voilés, la conduite des Corinthiens (6-7); il oppose les exigences des fidèles aux tribulations des apôtres, livrés en spectacle à tout l’univers (8-13); il leur rappelle qu’il est leur père dans la foi (14-16) et qu’il saura user avec eux, selon le besoin, de sévérité ou de mansuétude (17-21).