IT. — SECONDE ÉPITRE AUX CORINTHIENS
L'unité de l’Épitre est dans l’objet poursuivi par l’Apôtre : préparer son arrivée à Corinthe en levant les difficultés qui s’opposent à son retour immédiat. Ces obstacles sont de trois sortes : [. Les dispositions douteuses des Corinthiens à son égard; II. l'affaire de la collecte encore en suspens; III. les agissements des adversaires. Paul déclare à plusieurs reprises qu’il ne rentrera point à Corinthe avant que toutes les difficultés ne soient résolues. Si ses enfants spirituels n’avaient pas en lui une entière confiance, son retour serait voilé de tristesse et il veut s’épargner ce chagrin (22-3); si la quête n’était point terminée, il aurait à rougir devant ses compagnons (9-5); enfin si les Corinthiens ne punissaient pas eux-mêmes les coupables, il serait obligé de frapper sévèrement (13'0).
On le voit, la première partie est surtout apologétique, la deuxième parénétique, la troisième polémique. De nombreux mots de rappel, répandus cà et là, resserrent le lien un peu lâche de ces trois parties.
Dans la suscription, Paul s'associe Timothée et s'adresse, en même temps qu'aux Corinthiens, à tous les fidèles d’Achaïe.
L'entrée en matière, sous forme d'action de grâces, est une des plus belles pages que Paul ait écrites. Il bénit Dieu de l’avoir consolé dans ses tribulations pour lui.apprendre à consoler les autres dans leurs épreuves. Entre lui et les fidèles, règne une parfaite communion de joies et de tristesses. Ce motif lui permet de rappeler les luttes surhumaines soutenues à Éphèse et d'attribuer délicatement le triomphe aux prières des néophytes (I, 3-11).