‹ La théologie de Saint PaulChapitre 32 sur 630 · Act. 1121-26, — 3, Act · texte numérisé non relu

Act. 1121-26, — 3, Act

4. Le récit de la persécution d’Hérode, de la délivrance miraculeuse de Pierre et de la mort du tyran (Act. 12124), est placé par saint Luc entre la mission de Barnabé et de Saul à Jérusalem (1150) et leur retour à Antioche (12%). Les deux envoyés durent donc se trouver à Jérusalem pendant la persécution.

surnommé Niger, Lucius de Cyrène, Manaen, frère de lait d'Hérode le Tétrarque et Saul. La construction de la phrase grecque semble indiquer que les deux derniers avaient rang de docteurs et que les trois autres étaient comptés parmi les prophètes !. Saul paraît occuper encore une position subordonnée. Mais l'Esprit de Dieu l’a désigné avec Barnabé pour l'apostolat en grand des Gentils.

Première mission. — Les deux apôtres commencent leur tournée par l'île de Chypre, d'où Barnabé est originaire. Le proconsul Sergius Paulus embrasse la foi. Dès ce moment les rôles changent. Saul, devenu subitement Paul?, prend la conduite de l'expédition évangélique, et Barnabé, avec une simplicité égale à sa modestie, s’efface derrière celui dont il reconnaît la vocation providentielle et devine les glorieuses destinées.

Après Chypre, les missionnaires, repassant sur le continent asiatique, évangélisent tour à tour Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres, Derbé. Leur méthode de prédication est toujours la même. Ils s’installent dans la synagogue tant que les Juifs et les prosélytes veulent leur prêter audience. Quand on leur en ferme les portes ou que l'émeute les en bannit, ils s’adressent aux Gentils, non sans faire à leurs compatriotes cette déclaration solennelle : « Il était nécessaire que la parole de Dieu vous fût annoncée tout d'abord, mais puisque vous la re-

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1. Act. 13. Les trois premiers noms sont unis par la conjonction xai, les deux derniers par ve.xat. Barnabé, le premier nommé, était le personnage le plus considérable ; Saul, par analogie, serait le dernier des cinq. Nous pensons que « l'imposition des mains », Act. 135, précédée de jeùnes et de prières, est la consécration épiscopale nécessaire aux deux missionnaires pour la fondation des églises.

2, Le changement de nom est annoncé Act. 13° : Eaühos Gè 6 xai Ilaÿlos. Le changement de rôles suit immédiatement. La caravane apostolique s’appellera désormais : of xepi Ilaÿkov « la suite de Paul ». Tandis qu’auparavant Barnabé était toujours nommé le premier, maintenant c’est le contraire. Les exceptions s'expliquent aisément : à Lystres, 141214, par l'opinion des Lycaoniens trompés par la prestance de Barnabé; à Jérusalem 1512-25, par le fait que Barnabé est nommé le premier dans la lettre du concile et prend le premier la parole. L'auteur des Actes n’est ici que rapporteur. Quand il exprime sa propre pensée il renverse les rôles. Pour le changement de nom lui-même, il n’y faut pas chercher de mystère. Les papyrus nous apprennent qu’il était alors d'usage dans les provinces de porter deux noms, l’un indigène, l'autre romain. Paul prend son nom romain au moment où il entre en rapports avec les maîtres du monde,

jetez et vous jugez indignes de la vie éternelle nous nous tournons vers les Gentils!. » Les intrigues et les complots des Juifs les chassent d'Antioche et d’Iconium; à Lystres, Paul est lapidé et laissé pour mort; à Derbé, on le barre sans doute le chemin, car au lieu de rentrer en Syrie par la voie directe de Cilicie, ils font à rebours la même route, évangélisent Perge qu'ils n’avaient fait que traverser à leur premier passage et s’'embarquent à Attalie pour Antioche.

Ainsi, dans un laps de temps qui ne doit pas avoir dépassé quatre ou cinq années, ils ont fondé au moins sept chrétientés : deux en Chypre, Salamine et Paphos, deux dans la Pisidie phrygienne, Antioche et [conium, deux en Lycaonie, Lystres et Derbé, une en Pamphylie, Perge. Rentrés à Antioche qui les avait « livrés à la grâce de Dieu? », ils racontent aux frères convoqués en assemblée plénière ce que Dieu a fait avec eux et par eux et comment ils ont ouvert aux Gentils la porte de la foi. C'était là un événement dont il est impossible d’exagérer la portée. La force d'expansion de l'Église venait de briser le cadre étroit du judaïsme, et les Dropét os qui lui promettaient la conquête du monde commençaient à se réaliser.

La question des Gentils. — Le retour des missionnaires fut le signal d’une tempête où pouvait sombrer le christianisme naissant, si la thèse de Paul n’avait triomphé. Il s'agissait de savoir à quelles conditions les Gentils seraient admis dans l'Église et quelle place ils y occuperaient. L'église-mère de Jérusalem se rattachait encore si étroitement à la synagogue qu’elle aurait pu passer pour une secte juive. Distinction des aliments purs et impurs, visites au Temple, sacrifices, purifications légales,

1. Act. 1316. Cette déclaration est d’abord faite à Antioche de Pisidie. Cependant nous trouvons encore les missionnaires à la synagogue d’Iconium, Act. l4l. Paul inaugure sa prédication à l’oratoire juif de Philippes, 1613, à la synagogue de Thessalonique, 171, à celle de Bérée, 1710; il est chassé de la synagogue de Corinthe, où il renouvelle sa déclaration, 184-6. Même pendant sa troisième mission, il réussit à prêcher trois mois dans la synagogue d’Éphèse, 198.

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