‹ La théologie de Saint PaulChapitre 359 sur 630 · Rom. 325, — 2, 2 Cor. 515. Voir p. 291-293. — 3. Rom · texte numérisé non relu

Rom. 325, — 2, 2 Cor. 515. Voir p. 291-293. — 3. Rom

re y

- dre copartageant, concorporel, coédifié et quelques autres

encore, qui n’expriment pas directement l'union des chrétiens avec le Christ mais désignent l’intime union des chrétiens entre eux dans le Christ'. L'examen de ces curieux vocables nous suggère trois remarques intéressantes : 1. Notre union mystique avec le Christ ne s’étend pas jusqu'à la vie mortelle de Jésus: elle ne commence qu’à la passion, quand Jésus- Christinaugure son œuvre rédemptrice ; mais, dès cet instant, elle estcontinue et la communication d’idiomes entre les chré-

1. Voici ces mots avec la traduction de la Vulgate et l'indication de tous les passages où ils paraissent :

a) ouunéoyev (compati, Rom. 817; 1 Cor. 1225).

b) avoravpoëota (simul crucifigi, Rom. 6°; configi cruci, Gal. 220).

c) suvanobvñoxeiv (commori, 2 Tim. 211; cf. 2 Cor. 73).

d) ouvééntecôa (consepeliri, Rom. 6“; Col. 212).

e) suveyeipetv (conresuscitare, Eph. 6‘; au passif Col. 2!? et 31).

1) outñv ou ouvtñv (simul vivere cum, Rom. 68; convivere, 2 Tim. 211; cf, 2 Cor. 73).

g) avtwonoutv (convivificare , Eph. 25; Col. 21$).

h) ouyopoitectar (configurari, Phil. 310).

i) ouvèoËatechai (conglorificari, Rom. 81%)

j) suyxafiteu (consedere facere, Eph. 25).

k) ovuéacietev (conregnare, 2 Tim. 212; ef. 1 Cor. 48).

1) oüuwopooc (conformis, Rom. 829; Phil. 321).

m) oùyœvros (complantatus, Rom. 65).

n) ouyxinpovéuos (coheres, Rom. 817; Eph. 36).

o) suugéroyos (comparticeps, Eph. 35; 57).

p) sücowyes (concorporalis, Eph. 36).

q) suvotxodouetolar (coædificari, Eph. 2°??).

r) ouvapyokoyoduevos (Consiruclus, Eph. 22! ; compactus, Eph. 416).

S) ouuéuBatémevos (CONNEXUS, Eph. 4165; constructus, Gol. 21?; cf. 22).

Tous les mots énumérés ci-dessus sont pauliniens sauf bcjet n; mais ils le sont tous sans exception pour le sens. En effet ouoraupouoiat n'est employé par les évangélistes qu’au sens propre en parlant des larrons crucifiés avec Jésus (Mat. 27#*; Marc. 1552 ; Joan. 1952); ouvaxobvñonev aussi au sens propre à propos de Pierre qui veut mourir avec Jésus (Marc. 1451); ouyxabiteiv de même à propos des gens assis avec Pierre (Luc. 2255). Seul auyxAnpovéuoc se rapproche un peu de l'usage de Paul dans Hebr. 11° (Abraham, Isaac et Jacob cohériliers de la promesse) et dans 1 Petr. 37 (époux chrétiens cohéritiers de la grâce).

autres mots en assez grand nombre, pauliniens aussi pour la plupart, ne figurent point dans cette liste parce qu'ils expriment bien l'union des fidèles entre eux par la communion des saints, mais non pas explicitement leur union avec le Christ ou dans le Christ. Ce sont : cuvayuwvitectau (Rom. 1530); ouvafheiv (collaborare, Phil. 127; 43); ouvumoupyeiv (2 Cor. 111); ouyxaxonafetv (2 Tim. 18; 23); ouyxotvwveïv (Eph. 511; Phil. 414; Apoc. 184) ; ouyaotvwvés (Rom. 1117; Cor. 9%; Phil. 17; Apoc. 19); cuprokitns (Eph. 219); ouputpnrhs (Phil. 317), etc.

I] faut bien retenir que l’idée exprimée par ces verbes composés est souvent rendue par le verbe simple avec la préposition composante à l'état séparé (par exemple Rom. 6% : ei aneldvouev où y Xpiott).

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tiens et le Christ est désormais complète. — 2, Que si nous

remontons à la source de cette union d'identité, nous voyons qu’elle existe en droit et en puissance au moment où le Sauveur, agissant au nom et au profit de l'humanité coupable, meurt pour nous et nous fait mourir avec lui, mais qu’elle se réalise en fait et en acte dans chacun de nous quand la foi et le baptême nous greffent sur le Christ mourant et nous associent à sa mort. — 3. L'auteur n’en est autre que Dieu lui-même qui, nous revêtant de la forme et des attributs de son Bien-aimé, nous reconnait pour ses fils adoptifs et nous traite dorénavant en cohéritiers de Jésus.

Nous retombons de la sorte sur ce qu'il y a peut-être de plus personnelet de plus caractéristique dans la théologie de saint Paul : je veux dire la formule /n Christo Jesu, qui embrasse la rédemption entière, depuis sa première idée dans l'intelligence divine et son exécution potentielle au Calvaire jusqu’à sa réalisation successive en chacun de nous et sa con: sommation finale dans l'éternité. Dieu nous a élus et prédestinés dans le Christ; dans le Christ, il se réconciliait le monde: dans le Christ, nous naissons à La grâce: dans le Christ, nous y grandissons et nous y persévérons : dans le Christ aussi, nous serons vivifiés, ressuscités, glorifiés. Mais n’est-ce pas là précisément l’objet du mystère, qui est, nous l'avons vu, la pierre angulaire de l’évangile de Paul? Entre la communication d’idiomes signalée plus haut, la formule Zn Christo Jesu et le contenu du mystère, règnent les rapports les plus étroits et les plus constants. Ce sont moins trois vérités distinctes que trois aspects particuliers d'une même vérité, la rédemption par le Christ et dans Le Christ : seulement le mystère l’envisage du côté de Dieu qui en prend l'initiative et en garde le secret; la communication des idiomes la considère du côté de l’homme qui s’en approprie les bienfaits et en recueille les fruits ; la formule Zn Christo Jesu la saisit dans la personne même du Médiateur. En tout état de cause, la théologie de saint Paul est une sotériologie.

Mais comment lui donner une expression assez compréhensive pour ne rien omettre d’essentiel, assez brève pour éviter toute inutile surcharge ? L'énoncé suivant, malgré son imper-

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fection, serait peut-être suffisamment explicite, à condition de préciser la valeur des termes : « Le Christ Sauveur associe tout croyant à sa mort et à sa vie. » Le Christ Sauveur définit la personne du rédempteur; c'est le Messie, l’envoyé, l'agent et le mandataire de Dieu, le pontife de l'humanité coupable, le nouvel Adam chargé par Dieu de réparer l’œuvre du premier. Tout croyant spécifie le sujet de la rédemption — universel en puissance, sans distinctions, exclusions ni privilèges — et indique en même temps la condition essentielle du salut, la foi. L’union à la mort et à la vie du Christ résume le plan rédempteur, conçu par le Père dès l'éternité, exécuté au tournant des siècles par le Fils qui, se solidarisant avec nous et nous unissant avec lui par un lien d'identité mystique, fait passer sur lui ce qui est à nous et sur nous ce qui est à lui.

Si nous avons réussi à marquer le vrai centre de la doctrine paulinienne, il semble qu’il faut nous établir au Calvaire, comme sur un observatoire élevé, et y contempler d'abord sous toutes ses faces le mystère de notre salut : la mission du Sauveur, l'efficacité de la mort rédemptrice, les effets immédiats de la rédemption; puis Jeter un regard sur les événements qui servent de préface au grand drame et un autre regard sur la série de faits qui en préparent le dénouement. Mais cette manière de procéder, pour rationnelle qu’elle paraisse, est inapplicable en pratique. L'œuvre de la rédemption, conditionnée par l'histoire de la chute, ne s'explique qu’à la lumière des conseils divins et ne se comprend qu’en fonction de la personne du rédempteur. Il est donc nécessaire d’en examiner avant tout ce qu'on pourrait nommer la préhistoire, c'est-à-dire l’état de l'humanité déchue et les desseins de Dieu sur elle, ensuite l'origine, les relations, la qualité de celui qui assume la charge de sauver le monde. Pareillement, les conséquences de la rédemption comprennent deux ordres de bienfaits disparates, qu’il n’est pas opportun de mêler ensemble : je veux dire les canaux établis par Dieu pour déverser sur les âmes les effluves du sang rédempteur et les fruits de salut que fait germer cette sève divine. Ainsi, abstraction faite des subdivisions que la nature du sujet im-

pose ou suggère, la théologie de saint Paul prend la forme schématique suivante :

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