ACt. 1415-17, Le rapprochement suivant est instructif
Act. 1415 1 Thess. 19 ÉTIOTRÉDELV èneotpéVarte ATd TOY LOTAWY and Tüv ei0w)wy êni Oedv Covre dovheverv eg Cüvre
2. Act. 1416. Même idée dans le discours d'Athènes, Act. 1730 (toùc XPOVOUS Ts &yvolas Üneptôbv 6 Oeùs) et dans Rom. 325. Ces temps passés, où Dieu semblait dormir, sont toujours opposés au présent, à la plénitude des temps, Gal. 44, Eph. 110, On voit là un plan divin qui se déroule et l’ob jection contre la providence se tourne en argument.
3. Act. 1417 : oùx dudprupoy abrôv &pñrev yaloupyGv oùpavélev, duty derod God; Hoi xapods napropépous, Éumin\Gv Tpopñs mai eEbppoouvme Tac xapôiuc vu&v. Les trois participes dépendent de oùx &uéprupov aûrov &pfuev, mais ils ne sont pas coordonnés, ils sont subordonnés. Dieu ne s’est pas laissé sans témoignage, vu qu’il répand ses bienfaits du haut du ciel (en faisant rapporter oüpavéley à ce qui suit on obtiendrait une phrase trop gauche); or ces bienfaits consistent en particulier dans les pluies et la succession
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l'univers parle déjà bien haut à notre esprit; mais les attentions providentielles qui s'y manifestent s'adressent à la fois à l’es-
prit et au cœur. Du haut du ciel, Dieu répand ses bienfaits sur
f à le monde et chacun de nous y a sa part. De tous ces bienfaits le plus sensible est la fertilité de la terre, fécondée par les
pluies périodiques et par le retour régulier des saisons pro-
45 pices à la maturation des fruits. À ce spectacle qui le touche de près, le cœur de l’homme s’ouvre à la joie. C’est encore un bienfait divin qui provoque instinctivement et d'une manière irrésistible le sentiment religieux. Voilà le témoignage que Dieu se rend à lui-même. L'erreur du polythéisme fut de s'arrêter à mi-chemin, de rendre un culte aux forces de la nature au lieu d’en adorer l'auteur. Les trois attributs de Dieu spécialement mis en relief — l'impassibilité, la puissance créatrice, la providence bienfaisante — sont aussi les plus accessibles à la raison humaine‘. à Harangue d’Athènes. — Le discours de Paul à Athènes nous jette en plein milieu païen. L'aspect de cette ville polie et moqueuse, superstitieuse et sceptique, curieuse et frivole, semble l'avoir décontenancé. Il se rongeait intérieurement à la vue des innombrables idoles dont fourmillaient les temples, les rues et les carrefours. On voyait partout des ex-voto, des hermès, des autels; il y en avait de dédiés à des divinités anonymes. Paul aperçut un monument avec cette inscription : Au Dieu inconnu. L'idée ne lui vint point — elle ne pouvait pas venir à un Juif — qu'il füt consacré au Dieu véritable; mais sa pitié redoubla pour ces pauvres aveugles qui, ne trouvant pas dans leur panthéon de quoi satisfaire leur soif du divin,
des saisons; ces sources de fécondité à leur tour enivrent de joie et dis- . posent à la gratitude le cœur de l’homme.
1. Les apôtres protestent d’abord qu’ils ont une chair passible comme tous les autres hommes (fueïe émotomaetc Ecuev div &vôpwmor, cf. Jac. 517) et qu’ils ne sont donc pas des dieux immortels, l’impassibilité (ämébera) étant le privilège reconnu de la divinité. — Le Dieu vivant est défini comme créateur universel par le formule biblique ordinaire (Ex. 2011; Ps. 1466; Is. 37%6; Jer. 3217; cf. Act. 424). — Par contre, le dogme de la providence prend le tour apologétique particulier à Paul. Il s’agit d’expliquer pourquoi Dieu a permis les égarements des hommes et retardé si longtemps son intervention surnaturelle.
s’en allaient invoquer un Dieu sans nom, adorateurs inconscients de la perfection invisible et d'un mystérieux au-delà. Cette circonstance devait bientôt lui fournir un exorde approprié.
Un jour qu’il se promenait dans l’Agora, encombré d'oisifs, de sophistes et de brocanteurs, quelques disciples d'Épicure et de Zénon, désireux de l'entendre, l’entratnèrent vers l’Aréopage, sans doute pour l'écouter plus à l’aise sans être distraits par les cris des boutiquiers et le tumulte des passants. L'attitude des auditeurs était peu encourageante; la curiosité et l’esprit de critique, si naturels aux Athéniens, dominaient ; l'ironie perçait sous l'écorce d’une politesse affectée. Le début de Paul fut remarquable d'à propos, de couleur locale et d’atticisme : « Athéniens, je vous vois en tout les plus religieux des hommes. Comme je considérais en passant vos sanctuaires j'ai trouvé un autel avec cette inscription : Au Dieu inconnu. Eh bien! ce que vous vénérez sans le connaître je viens vous l’annoncer?. » Pour ne pas froisser leurs susceptibilités jalouses, sans trahir les droits de la vérité, il se sert d'un mot admirablement choisi. Il désigne leur amour du merveilleux et leur passion du divin par un terme qui signifie piété ou superstition, selon qu’il est l'expression du sentiment religieux normal ou dévoyé. Les auditeurs pouvaient y voir un éloge et, dans leur disposition d'esprit, ils devaient s’attacher au sens le plus favorable. En leur promettant de résoudre l'énigme du Dieu inconnu, Paul piquait leur attention. Ce Dieu anonyme auquel ils érigeaient des autels sans le connaître et le Dieu véritable avaient pour caractère commun d’être ignorés et mystérieux. Ignoré,
1. Sur la couleur locale du récit des Actes on lira avec intérêt E. Curtius, Paulus in Athen (dans Sitzungsberichte der Akademie der Wissenschaften zu Berlin, 9 nov. 1893, t. XLIII, p. 925-938). M. Curtius croit que l’'Aréopage dont parle saint Luc est le bureau de l’archonte-roi, dans l’Agora ou près de l’Agora (Portique royal), où furent jugés Socrate et Euthyphron.
2. Act. 1722-28 : xarà névra sc deuvidaumoveotépouc duc Bewp®. Le mot Gerctdaimewv n'avait pas anciennement un sens défavorable. Dans Xénophon et Aristote il est synonyme de feooe6ñc, « pieux ». Cependant, au temps de saint Paul, on le prenaït souvent au sens de superstitieux. La religiosité des Athéniens était proverbiale. Cf. Josèphe, Contra Apion., un, 11; Pausanias, Attic., 24.
«le Dieu qui a créé le monde et tout ce qu'il renferme, le Seigneur de la terre et du ciel » ne devrait pas l'être, car le témoignage qu'il se rend à lui-même dans ses ouvrages parle clairement à tous les esprits. On remarquera que l'Apôtre n’appuie pas sur la preuve de l'existence de Dieu. Le néo-platonisme exerçait dès lors assez d'influence sur les diverses écoles philosophiques, pour qu'on ne niât point, du moins en théorie, l'existence d’un Dieu suprême, bien supérieur aux pauvres divinités du polythéisme vulgaire. Se souvenant que la plupart de ses auditeurs sont stoïciens et épicuriens, Paul insiste sur le dogme de la providence, défiguré par les uns comme par les autres, et sur la nature de Dieu dont stoïciens et épicuriens se faisaient une si fausse idée. « Dieu a fait habiter toutes les races humaines issues d’un seul homme sur toute la surface de la terre, leur assignant des temps marqués et des habitations fixes, pour y chercher Dieu, si toutefois ils le découvrent et le trouvent, quoiqu'il ne soit pas loin de chacun ; de nous; car en lui nous avons la vie, le mouvement et l'être, comme l'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes :
Nous sommes de sa race. »
Les vérités clairement énoncées dans ce passage sont les suivantes : 1. L'unité de l'espèce humaine opposée aux fables des cosmogonies païennes (ê% évès mäv éûvos vhpwrwv). — 2. La providence divine qui distribue l'humanité sur la surface de la terre (éroinse… xavorxeïv), sépare les diverses nations par des bornes naturelles, mers, fleuves ou montagnes (épobeosixs), fixe à toutes des temps déterminés (ôpicuç mposteraymévous xatpouc), soit les siècles comptés où se déroule leur histoire, soit les retours périodiques des saisons, d’où dépendent en grande partie la salubrité des climats et la fécondité du sol. — 3. L'obligation imposée à l'homme de chercher Dieu (£nrsiv rov @eov), obligation fondée sur une volonté positive de Dieu qui en fait un des motifs de sa conduite providentielle. — 4. La possibilité de le trouver, corrélative au devoir de le chercher. Ce dernier point exige quelque explication.
Dieu n’est pas loin de nous; il est en nous et nous sommes
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en lui : c’est une vérité que les païens eux-mêmes avaient entrevue et que les stoïciens étaient sans doute moins disposés que personne à contester. Et nous ne sommes pas en lui comme dans un élément étranger, tel qu'est l'oiseau dans l'air ou le poisson dans l’eau; nous sommes non seulement perdus dans son immensité mais contenus en lui comme dans notre cause efficiente, qui à tout moment nous redonne la vie, le mouvement et l'être, en nous les conservant. C’est pour cela qu'il est si proche de nous, de notre intelligence; et c’est pour cela qu'il est si facile de le sentir ({nAxpñoetav) et de le trouver (£üpoev). Que ce soit bien là l’idée de Paul, la raison qu’il donne de ce voisinage le prouve : « Car nous sommes de sa race. » Dieu est plus que notre cause efficiente, il est notre cause exemplaire. Nous sommes faits à son image : et, bien que les poètes cités par l’Apôtre ne l’entendissent pas au sens biblique, leur formule, prise en elle-même, était l'expression d’une vérité profonde.
Saint Paul tire en passant quelques conséquences de ses principes et les enlace avec beaucoup d'art dans la trame de son enseignement. [l a déduit l’immensité de Dieu de son souverain domaine sur la terre et le ciel; son indépendance, de sa toute-puissance créatrice; il déduit maintenant sa spiritualité du fait que l'homme est à son image. Certes, l'intelligence suprême, dont nous sommes une étincelle, ne saurait ressembler aux œuvres de l'artisan ni aux produits de son imagination. Fort habilement, l'Apôtre se sert du mot dont les philosophes et les poètes avaient coutume de faire usage pour désigner la nature supérieure et transcendante, qui résumait à leurs yeux tout le divin (xd dev) et qui n’avait rien de commun avec les déités du panthéon populaire.
Tant que le missionnaire resta sur le terrain philosophique, tous l’écoutèrent en silence et avec attention. Ils se souve-
1. Cornelius a Lapide explique ainsi la phrase : « Sumus in ipso, primo in quantum sumus per ipsum, tanquam in causa efficiente et conservante tanquam continuo creante; secundo tanquam in contlinente et loco divino; sicut enim omne esse manat ab essentia Dei et omne tempus ab æternitate Dei, ita omne spatium ab immensitate Dei; … tertio Juridice, id est in Dei dominio et jurisdictione. »
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naient d’avoir lu quelque chose de semblable dans les auteurs classiques. Ces hautes idées sur la nature de Dieu n'étaient pas pour déplaire aux stoïciens; malgré leur tendance à verser dans le panthéisme, ils tenaient eux-mêmes un langage peu différent. De leur côté, beaucoup d’épicuriens, honteux de ce que leur système avait de grossier et d’abject, s'étaient à la longue teintés de platonisme. Mais tout cela n’était qu'un exorde et le passage au vrai sujet du discours rompit le charme. Paul n’en put prononcer qu’une seule phrase encore inachevée. Il eut soin d’ailleurs d'y mettre la quintessence de sa prédication aux Gentils : « Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, intime maintenant partout aux hommes d’avoir tous à se repentir, vu qu’il a fixé un jour où il jugera le monde dans la justice, par l'homme qu'il a désigné, l’accréditant auprès de tous en le ressuscitant des morts. » À ce mot de résurrection les uns se mirent à ricaner; les autres, cachant leur déception sous une vague formule de politesse, lui dirent non sans quelque ironie : « Là-dessus nous t'écouterons une autre fois. » Paul dut s'arrêter sans même avoir pu prononcer le nom de Jésus. S'il se consola de son demisuccès par un petit nombre de conversions, il jugea néanmoins qu’Athènes n’était pas encore mûre pour l'Évangile et il partit pour Corinthe.