C. Plinius Sabiniano suo salutem
Libertus tuus, cui succensere te dixeras, venit ad me, advolutusque pedibus meis, tanquam tuis, hæsit. Flevit multum, multumque rogavit; multum etiam tacuit : in summa, fecit mihi fidem pœnitentiæ. Vere credo emendatum, quia deliquisse se sentit. Irasceris, scio; et irasceris merito, id quoque scio; sed tunc præcipua mansuetudinis laus, cum iræ causa justissima est. Amasti hominem et, spero, amabis; interim sufficit ut exorari te sinas. Licebit rursus irasci, si meruerit : quod exoratus excusatius facies. Remitte aliquid adolescentiæ ipsius, remitte lacrymis, remitte indulgentiæ tuæ; ne torseris illum, ne torseris etiam te. Torqueris enim cum tam lenis irasceris. Vereor ne videar non rogare sed cogere, si precibus ejus meas junxero. Jungam tamen tanto plenius et effusius, quanto ipsum acrius severiusque corripui, destricte minatus nunquam me postea rogaturum. Hoc illi, quem terreri oportebat, tibi non idem. Nam fortasse iterum rogabo, iterum impetrabo : sit modo tale, ut rogare me, ut præstare te deceat. Vale. (Epist. 1x, 21. Cf. 1x, 24).
On comparera surtout les formules de salutation, sèches et rigides, dont les Romains ne se départaient guère, avec les formules corres-
pondantes, si libres, si variées, si peu conventionnelles, des lettres de Paul. Sur le fond lui-même, voir le parallèle tracé par Lightfoot dans son Commentaire, parallèle qui tourne tout à l'avantage de l'Apôtre.
Pour trouver quelque chose qui ait du rapport avec les lettres de Paul il faut compulser les papyrus récemment exhumés des sables égyptiens. Voici un court billet qui facilitera la comparaison :
Enayzô0wc Kheomatpärt 19 adeApn mheiora yaipev.
ITpÔ uv mévrwv ebyopal co (sic) byiaivery ai To mpooxÜvmu& cou rod rap To xupiw Eapériè.
Afhwoôv pot mepi dy ÉtepŸé co.
Hôehoy nai mépuVe (sic) co’ ru Ado, ai oùdels hauGdvet ôTwç dot xopioôn.
’Aotätopat Ewxpérny xai Mapxéiav xa tobs cod: mévras xar’ ëvoe.
AU verso :
?Anoôos th Kleonatpärt nd ’Erayaîwroc.
(Berlin, Pap. 7055, du n° ou du 1° siècle, d’après Ægyptische Urkunden, Berlin, 1898, t. II, n° 384).
Le pieux Épagathos débute, lui aussi, par une prière adressée au Seigneur Sérapis pour la destinataire de l’épiître (cf. Rom. 110; Eph. 116; Phil. 19; Col. 15; 1 Thess. 1?; Philem. 4). Au lieu du sec et banal ëgfoce de la langue classique, il se sert de la formule de salutation constamment employée par Paul. Nous possédons aujourd’hui des lettres égyptiennes où ces salutations finales, tres développées, rappellent la conclusion de l’'Épître aux Romains. Il en est de même des prières et des vœux du début. Dans une lettre de Tasucharion à son frère Nil, par exemple, les salutations finales, où tous les parents et amis sont passés en revue, ne prennent pas moins de 13 lignes. Les souhaits du début occupent 5 lignes et il ne reste que 13 ou 14 lignes pour le corps de la lettre.
L'adresse (distincte de la suscription) était toujours écrite au verso, de manière à rester visible quand la lettre était fermée et scellée. Aucune adresse des Épiîtres de Paul ne nous à été conservée. Comme elles ne semblaient présenter aucun intérêt et qu’elles étaient répétées en substance dans la suscription, on négligea de les transcrire.
Le travail de Rendel Harris (4 séudy in lelter-wriling, dans The Exposilor, 5% série, 1898, t. VIII, p. 161-180) a quelques pages sur l'utilité des papyrus grecs pour l'intelligence des lettres de Paul; mais la fin de l’article prend une direction que le début ne faisait pas prévoir.