Rom. 825 : «toi Tv 4TApYAV TOÙ Ivedporoc ÉxOVTEc
3. Gal, 526 (et Copev nvevuart); Col. 34 (6 Xptorèc À twn Auov); Phil. 121 (moi rù tv Xptotéc).
° 4.1 Cor. 1211 (mävra Tadra ÉVEpyet To Ev wat rù aûro nvedma); Eph. 47 (éxdotw
uv E060n À xhpie xard rù uérpov tic duwpeäs Toù Xpioroÿ). Des deux côtés il
s’agit bien des charismes. . à 5. Eph. 15 (uiobeciav &à ’I. X.); cf. Gal. 45-6; Rom. 815 (nvedua viofeciac). 6. 1 Cor. 1521 (80 &vhpwrou avécracis vexpüv); Rom. 811,
mules « dans le Christ » et « dans l'Esprit ». Cette équivalence ne va pas si loin, tant s'en faut, qu’on le suppose d'ordinaire; mais elle ne laisse pas d’être suggestive. Quelques exemples le feront voir :
Justifié dans l'Esprit — justifié dans le Christ.
Sanctifié dans l’Esprit-Saint — sanctifié dans le Christ Jésus 2. Témoigner dans l'Esprit — témoigner dans le Seigneur 3,
Être rempli (de grâces) dans l'Esprit — être rempli dans le Christ#. Un seul corps dans le même Esprit — un seul corps dans le Christ 5. Demeure de Dieu dans l'Esprit — temple saint dans le Seigneur *. Être marqué dans l'Esprit — être marqué dans le Christ 7.
Joie dans l'Esprit-Saint — joie dans le Seigneur.
Paix dans l’Esprit-Saint — paix dans le Christ Jésus 2.
Pour rendre compte de ce phénomène, faut-il dire que le Christ et l'Esprit sont identiques dans la pensée de Paul, ou que l'Esprit n’est que le mode d'opération du Christ, ou que le Christ, après sa résurrection, s’est totalement transformé dans l'Esprit? Il y a une explication plus simple, plus natu- * relle et qui a de plus l’avantage d'éviter l'absurde. Remarquons d'abord que l’équivalence en question est très limitée 10.
+ 1 Cor. 6!1 (cf. 1 Tim. 316) et Gal. 217, — 2, 4 Cor. 611 et 1 Cor. 12,
- Rom. 9! et Eph. 417. — 4. Eph. 518et Col. 210. + 1 Cor. 1215 et Rom. 195. — 6. Eph. 22? et Eph. 2?1.
. Eph. 115 et 450, — 8. Rom. 1417; Phil. 44, — 9, Rom. 1417; EU
10. Elle est très limitée même dans le cas particulier qui vient de nous
occuper. Deissmann (Die neustest. Formel in Christo Jesu, Marbourg, 1892, P. 84) affirme que la formule ëv rveépar est prise par $. Paul quinze fois sur dix-neuf au sens spécifique de la formule ëv Xptor&. Mais, si nous exa- .Mminons chaque cas avec un peu de rigueur, nous serons loin du compte: À) Ainsi 1 Cor. 12° (étépw mioriç v To adT® rveuuatn). et Gal. 326 (uioi Oeod cote à miotews ëv Xpior& ’Incoù) n'ont qu'une ressemblance apparente, car, outre qu'il s’agit dans le premier exemple de la foi charismatique et dans le se: cond de la foi justifiante, il est très probable que ëv X.’I. doit se joindre à viot Oeoù éote et non à Gtà miotewc. Voir P- 376-7. — B) Rom. 8° (ox £ctè ëv sapxi AA év nveupart) et 1 Cor. 150 (&£ adroù duets èote ëv X. ’I.) ne sont pas à rapprocher sans réserve, car il n’est Pas Sûr que ëv nveüuart désigne le Saint- Esprit et ëv X, I. dépend non de ëéote mais de 6 aÜroÿ cote. — C) Phil. 127 (oréxere èv évi nvetuart, u& Yvx#) ne peut pas être mis en parallèle avec Phil. A! (arñxete ëv xupiw), parce que nveèua n'est pas le Saint-Esprit, comme le prouve la synonymie de Quyñ. — D) 1 Cor, 129 (xapicuara ixpérev v Tr aûré nvelport) et Rom, 623 (Tù yüproux Toù Oeod Lwn aivvroc év X. ’L.) n'ont rien de commun, parce que yéptoua y désigne des choses très différentes et surtout Parce que £v X. ’I. s'applique à £wn œiwvroc. — E) Col. 18 (rhv üuüv &yérnv êv mveüpat:) ne doit pas être comparé à Rom. 859 (grd tñc &yénns voù Osoù Ti èv FX. ’L.), car dans ce dernier cas il s’agit de l'amour de Dieu pour nous et J.-C. remplit son office ordinaire de médiateur. — F) Dans Rom. 22° (nepitouñ Aapôia EV RVE Ua. cÙ ypépLatt) s'agit-il de l'Esprit-Saint, pour qu’on soit au-
SRE:
Jamais Le Christ préexistant n’est identifié avec l'Esprit, jamais le Christ historique n’est identifié avec l'Esprit; jamais le Christ Sauveur, dans l’œuvre de la rédemption, n’est identifié avec l'Esprit. Les points de contact entre le Christ et l'Esprit concernent uniquement le Christ glorifié et encore n'est-ce pas dans sa vie physique, personnelle, à la droite du Père, mais dans sa vie mystique, au sein de l'Église. En d’autres termes, l’Esprit-Saint et le Christ glorifié, qui se présentent partout ailleurs comme deux personnes distinctes, paraissent se confondre dans leur rôle de sanctificateur des âmes!. Là, en effet, leur sphère d'influence est la mème et leur champ d'action se compénètre; car le Christ est la tête ou, sous une figure un peu différente, l'organisme du corps mystique, dont l'Esprit-Saint est l’âme ; or, dans le langage ordinaire, principalement dans celui de saint Paul, presque tous les phénomènes vitaux peuvent être rapportés indifféremment à l'âme ou à la tête.
Mais l'identité d'opération du Christ et de l'Esprit dans la
torisé à rapprocher Col. 211 (èv & [Xoot@] nai nepreruñônte) ? — G) Gal. 516 (rveduar meptmateïte) n'offre pas la formule typique et il ne faut point comparer Col. 26 (ëv adré [Xptor&] mepmatette). — H) 1 Cor. 125 (£v nveüuatt @eoÿ Jak@v) et 2 Cor. 217 (ëv XetoT® Xakoüpev) n’ont qu'une similitude trompeuse : la preuve en est que les deux locutions ne s'échangeaient pas.
En somme l'équivalence des formules év Xpuor& et ëv Tveuuart est très circonscrite. Elle se réduit aux neuf cas cités dans le texte; encore pour quelques-uns ne faudrait-il pas trop pointiller.
1. La meilleure manière d'étudier ce phénomène de compénétration, c’est de parcourir dans une concordance les exemples de la formule ëv Xptotw (év xvple, év D, év adr&) et d'essayer de la remplacer par la formule èv Ilvetuan, puis de faire la contre-épreuve en essayant de remplacer év Ilveÿpartt par ëv Xevor&. On constatera : A) Que partout où ëv Tveüuart désigne certainement l'Esprit-Saint, on peut mettre à la place ëv Xptotw, sans changement sensible de signification, à moins qu'il ne s'agisse spécialement des charismes (comme dans 1 Cor. 125 : ëv nveürart Oo Aaküv, et 1416 : Eav edloys v rvebuart). — B) Que la formule ëv Xptot peut assez souvent s'échanger contre év Tveduerr, sans modification de sens appréciable. — C) Que cependant l’ééhange est impossible dans trois Cas : a) quand il s’agit de Dieu nous aimant, nous choisissant, nous prédestinant « dans le Christ » (Rom. 8%; a Cor. 519; Eph. 45 etc.) ; b) quand il s’agit du Christ en qualité de second Adam, c'est-à-dire dans sa médiation rédemptrice (Rom. 324; 1 Cor. 152? ; Eph. 21%; 42; 2 Tim. 210 etc.); c) lorsque la locution év Xptot® veut dire équivalemment « au point de vue chrétien, en chrétien » etc. (Rom. 163°°:10; 1 Cor. 31; 41517: 9 Cor. 122; Gal. 122; Phil. 11# etc.). — D) Que, même là où la substitution est absolument possible, elle fait disparaître presque toujours une nuance assez délicate, comme celle qui se produirait en mettant l'âme au lieu de la tête ou réciproquement.
Un. 4 Ra?
vie des justes a une raison d’être beaucoup plus profonde. Le Christ, comme homme, possédait la plénitude de l'Esprit, plénitude qu’il devait faire déborder sur nous aussitôt qu'il aurait accompli son œuvre rédemptrice. Alors, au moment de la résurrection, il devient vraiment pour lui et pour nous « esprit vivifiant? » : pour lui, puisque la grâce dont il est plein rejaillit sur:son corps et.le-rend spirituel ; pour nous, puisqu'il nous communique avec: abondance tous les dons du Saint-Esprit et le Saint-Esprit lui-même. Désormais, au point de vue surnaturel, nous vivons par le Fils et nous vivons par l'Esprit; ou, plus exactement, nous vivons de l'Esprit envoyé par le Fils. Il y a identité d'opérations sans confusion de personnes. Prenez, par exemple, la filiation adoptive. Il est certain qu’elle nous vient du Fils qui nous a ‘adoptés et fait accepter pour frères. Dieu nous a « prédestinés à la filiation adoptive par Jésus-Christ »; et nous devenons « fils de Dieu par la foi » et le baptème, c’est-à-dire par l’acte et lé rite qui nous mettent «en communion avec le Fils de Dieuÿ ». Néanmoins le Saint-Esprit est appelé « Esprit de filiation » comme si sa présence la:conférait ; et en effet « tous ceux qui sont mus par l'Esprit de Dieü, ceux-là sont fils de Dieu ‘ », C'est que Dieu nous adopte pour fils en nous donnant son Esprit et le Christ nous adopte pour frères en nous envoyant son Esprit qui nous communique la forme divine du Fils de Dieu : « Car si quelqu'un n’a pas l'Esprit du Christ celui-là n’est pas au Christ. » Mais la preuve « que vous êtes fils, [c’est que} Dieu a envoyé l’Espritde son Fils dans vos cœurs, lequel crie : Abba, Père! Donc tu n’es plus esclave mais fils: que si tu es fils, donc aussi héritier de par Dieu ». Le Saint-Esprit est plus que le témoin, il est le messager, l'agent et le gage de la filiation,
Ainsi, loin d’être une source d’obscurité, la compénétration active du Fils et du Saint-Esprit est pour nous un foyer de lumière des plus intenses. Grâce à elle, nous comprenons