Col. 119, — 9, 1 Cor
3. 1 Cor. 19. — Gal. 45 (le Fils s'est incarné pour nous conférer la filiation adoptive); Eph. 15 (rpoopioas uäc els viobestav Gi I. X.). — Gai. 326 (mévre: vioi Oeod êcre dù The mictewc, ëv Xptor® ’Incoù). Cf. p. 376-7.
4. Rom. 815 (èkééere nvedua viofecias); Rom. 81# (6cot nveümart Oeod &yovras oûrot vioi eat Ocod). — 5. Gal. 4627,
. mieux pourquoi le Christ devait ressusciter pour nous envoyer
son Esprit et pour devenir lui-même esprit vivifiant. Elle éclaire aussi la nature du corps mystique, qui n’est pas une fiction, une simple métaphore ou une pure entité morale, mais un éomposé de l’ordre surnaturel recevant l’influx vital à la fois de la tête, centre de l'organisme, et de l’âme, principe de vie. Dès lors la doctrine si consolante de la communion des saints n’est plus une théorie rattachée artificiellement à la théologie de l’Apôtre mais un corollaire, clair et facile, de son enseignement.
- La communion des saints. — C’est Le lien de vie solidaire qui unit les membres du Christ entre eux et avec leur chef, sous l’action commune d’un même Esprit. Cette définition a le double avantage de s'accorder avec la terminologie paulinienne et d’être assez souple pour se plier à toutes les précisions ultérieures,sans préjuger le sens de l’article tardivement inséré au Symbole!.
L'Apôtre appelle « saints » tous ceux qui sont en communion avec Jésus-Christ, ou, comme il dit de préférence, tous ceux « quisont dans le Christ ». Qu'ils luttent encore dans le stade ou qu'ils aient déjà reçu la couronne, cela ne met pas de différence à ses yeux; car la charité qui « ne déchoit point » les unit également au Christ Jésus; vivants ou morts, ils sont toujours « avec lui, en Jui »; ils font partie de son royaume, de son corps mystique: IL est remarquable que Paul emploie constamment ce mot de « saints » comme un simple synonyme de chrétiens et l'applique sans distinction à tous les fidèles, là même où de graves abus sont à réformer. Serait-ce
1. Sur l'origine, le sens et le motif de l'insertion au Symbole des mots sanctorum communionem, cf. Revue d'histoire et de littér. religieuses, t. IX, 1904, p. 222-252 (dom Morin) et Diction. de théol. cathol., t. III, 1906, col. 350-4 (P. Bernard). L’addition s’est produite vers le commencement du v°siès cle ou la fin du siècle précédent et très probablement en Gaule. Le mot sanctorum n'est pas au neutre (des choses saintes) comme l'a prétendu Zahn, mais au masculin. Les saints désignent certainement, outre les fidèles ou les saints de la terre, les élus du ciel. Il est seulement permis de se demander si l'introducteur de la formule n’a pas eu l'intention de désigner en première ligne les bienheureux ; la communion des saints de la terre entre eux allait de soi et ne pouvait faire doute pour personne, tandis que la communion entre les saints de la terre et ceux du ciel venait d’être assez vivement contestée dans la Gaule méridionale.
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parce qu'il les suppose tous individuellement dignes de ce titre, laissant à celui qui sonde les reins et les cœurs le soin de faire le partage? Ou prendrait-il ce nom au sens théocratique et social qu'il avait sous l’ancienne alliance, et suffirait-il pour y avoir droit d’appartenir à l’Église dont la sainteté rejaillirait alors sur chacun des fidèles? Ce qui favorise cette seconde hypothèse, c’est que Paul ne reconnaît que deux manières de sortir du corps mystique : l’infidélité et l'excommunication. Par l'infidélité, le baptisé se sépare de la tête d'où dérive tout influx vital ; par l’excommunication, il en est, àcause de ses scandales, retranché d'office. Quiconque, une fois entré dans l’unité du corps mystique, ne s’en est pas entièrement détaché ou n’en a pas été solennellement exclu appartient donc à la sphère où s'exerce la communion des saints. i
Une certaine communauté de biens et de maux est essentielle à toute société. Tous les membres d’un corps moral se prêtent un mutuel secours. Les plus humbles ont besoin des plus nobles et les plus nobles des plus humbles. Le bien-être ou le malaise des uns est partagé en quelque mesure par tous. L'honneur ou le déshonneur des uns rejaillit moralement sur tous. Et cela est plus vrai encore de la société chrétienne dont l’union plus intime a le corps humain pour emblème. Chaque chrétien travaille au développement du corps du Christ. La personne même de Jésus-Christ possède une plénitude à laquelle il estimpossible de rien ajouter: mais le Christ mystique est susceptible d'accroissements indéfinis qu’il reçoit par la croissance individuelle de ses membres. Ainsi l'Église s'élève par degrés « en un temple saint dans le Seigneur » et le corps du Christ acquiert peu à peu sa pleine stature et devient « un homme parfait », grâce au progrès continu de son organisme. Aucune partie ne gagne rien qui ne profite au tout; mais, inversement, le tout ne gagne rien qui ne soit profitable aux parties. IL se produit de la sorte comme un circuit vital, amenant au centre tout le produit de l'énergie pour le disperser ensuite dans toutes les directions : tel l'océan absorbe en lui les fleuves dont il alimente la source. Mais ily a cette différence à l'avantage du corps mystique qu'il
-garde tout ce qu’il a recu et qu'il le rend sans en rien perdre.
La communion des saints a pour but d'enrichir le trésor de l’Église et d’en faire ensuite la distribution à tel ou tel membre. Le premier résultat s'obtient par tout acte méritoire; le second, principalement par la prière. « Maintenant, dit l’Apôtre, je me réjouis de mes souffrances [endurées; pour vous et je complète dans ma chair ce qui manque aux tribulations du Christ pour son corps, qui est l’Église!. » Selon ses préjugés dogmatiques, le lecteur est exposé à lire dans ce texte trop ou trop peu de choses ; mais il y a du moins trois faits certains : 1. Les tribulations du Christ ne sont pas les souffrances de Paul lui-même qui seraient appelées ainsi parce qu’elles ont quelque analogie avec celles du Christ ; ce sont les douleurs et les tourments supportés par le Christ durant sa vie mortelle. — 2. Ces tribulations, malgré leur valeur infinie, présentent à un point de vue une sorte de déficit : le mot employé par l’Apôtre (boréonua) ne peut pas avoir d'autre sens. — 3. Il appartient aux hommes de combler cette lacune, et de parachever ainsi l’œuvre du Christ; et c’est ce que Paul est fier et joyeux de faire en complétant (&vravarknpd) ce qui manque aux tribulations de son Maitre. Mais, parvenu à ce point, l’exégète n'avance plus qu'avec hésitation. Quelles sont les tribulations du Christ qu'il s’agit de parfaire pour le hien de l'Église ? Sont-ce les souffrances de Gethsémani et du Calvaire, en soi plus que suffisantes pour le salut de l'humanité, mais dont il reste à assurer l’application aux âmes individuelles? Ou bien les persécutions subies pour fonder le royaume de Dieu, persécutions auxquelles les apôtres et après eux tous les prédicateurs de
1. Col, 124 : Nüv yatpw ëv toïc ralipaorv Ünèp Üuév, xai avravarAnpé Ta 0GTEphuara Tüv Oigewv Toù Xproroÿ Év Th aapxi pou drèp TOÙ cwparoc abToŸ 6 ÈGTLV À éxxdroia. — Le sens de dotépnua « ce qui manque », opposé à mépiooeupx (CE qui abonde » (2 Cor. 815:14), est ce qui demande à être complété (ävarknpoëv,
1 Cor. 1617; Phil. 250 ou rpocavamanpoiv, 2 Cor. 912; 119 ou xaraptiteuv, 1 Thess. 310), Le mot ne se trouve chez S. Paul que dans ces huit textes et le sens ne saurait en être douteux. — Le sens du mot ävravaxknpoÿy, qu'on ne rencontre pas ailleurs dans la Bible et qui est très rare chez les écrivains profanes, est aussi parfaitement certain; c’est « compléter ce qui est incomplet ». Comme $S. Paul, avec ÿüorépnuæ, met d'ordinaire ävarAngoïy ou rposavarhypoÿv, on peut se demander quelle est la nuance exacte de la particule composante &vé. Ne fait-elle que renforcer l'idée? .