‹ La théologie de Saint PaulChapitre 553 sur 630 · SR · texte numérisé non relu

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ses recoins obscurs par la révélation divine. Ce système, quelque ingénieux qu'il puisse être, n’a pas l’aveu de Paul. L'Apôtre reconnaît bien l'existence de la loi naturelle; il dé- ‘clare les païens inexcusables pour l’avoir violée !; il décrit la conscience citant l’homme à sa barre et prononcçant, selon les cas, des sentences d’acquittement ou des verdicts de condamnation ?; mais 1l ne donne pas à cette norme intérieure le nom de loi?, parce que la loi est pour lui l'expression d’une volonté positive. D'ailleurs, il n’admettrait pas que le chrétien, affranchi de la Loi, rétrograde à l’état de nature. La Loi mosaïque marque nécessairement une étape dans les ascensions de l'humanité et, si elle doit disparaitre, il faut qu’elle soit remplacée par quelque chose de meilleur. Aussi, au moment même où il oppose le régime de la Loi au régime de la grâce, en insinuant que ces deux étais sont incompatibles, se défend-il avec énergie d’être exempt de toute loi et affirme-t-il qu’il dépend de la loi du Christ. Tel est le paradoxe : le chrétien est si essentiellement libre qu'il ne peut pas être sous le joug de la Loï et il est néanmoins soumis à une loi. C’est que l’économie nouvelle est une vraie loi si l’on en considère le caractère obligatoire, et ce n’est pas une loi si l'on songe aux imperfections de la Loi mosaïque : en l’appelant loi de grâce, on est dans l'esprit de l’Apôtre; en l’appelant loi du Christ, on se conforme à son langage 4.

Volonté de Dieu. — La liberté des enfants de Dieu n'est pas la licence et la délivrance du joug mosaïque n’est pas l'exemption de tout frein5. Paul dut protester maintes fois contre la fausse interprétation de sa penséef, On le comprenait mal. Il n'a jamais dit que Dieu ait abrogé l’économie antique sans en substituer une plus parfaite. Au moment où Jésus abolissait le régime de la Loi, il posait les bases du ré-

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