‹ La théologie de Saint PaulChapitre 583 sur 630 · DURÉE DES TEMPS MESSIANIQUES · texte numérisé non relu

DURÉE DES TEMPS MESSIANIQUES

Les prophètes assignaient au Messie un règne sans fin (Jer. 24: 33172; Ezech. 37%; Joel 4 (3)2; Dan. 727). Tel est aussi l’enseignement des plus anciens auteurs extra-canoniques (Énoch, Lx, 14; Sibyll. 1x, 49-50, 766; Psalm. Salom. xvn, 4). Cf. Joan. 12% : Nos audivimus ex lege, quia Christus manet in æternum. Toutefois, parallèlement à la thèse du règne éternel du Messie, s’accrédita plus tard l’opinion d’un règne temporel servant de prélude à un règne céleste qui ne devait pas finir. L’Apocalypse de Baruch, tout en admettant l'éternité du règne messianique (LXxIT, 1), ne laisse pas de dire; "*1 3 #Ht'ent principatus ejus stans in sæculum, donec finiatur mundus corruptionis. Le quatrième livre d'Esdras fixe même une limite (XI, 34 : quoadusque veniat finis, dies judicii) et une date (vi, 28-29 : annis quadringentis. Et erit post annos hos, et morietur filius meus Christus). — Les spéculations rabbiniques sont ramassées dans un passage du Talmud de Babylone, Sanhedrin, 96v-992, Les Jours du Messie sont de quarante ans d’après Ps. 94 (95)1° et d’après Deut. 83 comparé avec Ps. 89 (90), ou de soixante-dix ans d’après Is. 2315, ou de trois générations d'après Ps. 71 (72)5, ou de quatre cents ans d’après Ps. 89 (90)15 comparé avec Gen. 151%. — A ces hypothèses la Pesigta rabbathi ajoute les suivantes : six cents ans (sans autorité scripturaire), ou mille ans d’après Ps. 89 (90)! et Is. 634, ou deux mille ans d’après Ps. 89 (90)15, ou sept mille ans d’après Is. 625, ou trois cent soixante-cinq mille ans (une année de jours du Seigneur) d’après Is. 63*. — Tous ces calculs reposent sur le principe que la félicité messianique doit égaler les temps d’épreuve ou qu'un jour du Seigneur équivaut à mille ans. — Une autre tradition qui devait exercer beaucoup d'influence sur les premiers écrivains chrétiens, est consignée dans le Talmud de Babylone (cAboda Zara 9% et Sanhedrin 972-982) et part d’une donnée différente. Elle fait durer le monde six mille ans, comme la création a duré six jours : deux mille ans de chaos (N11n), deux mille ans de Loi (F1), deux mille ans de jours du Messie (mr nn2t). Cf. Weber, Jüd. Theol?, 372-373, 349.

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