‹ La théologie de Saint PaulChapitre 613 sur 630 · LT LS À · texte numérisé non relu

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possible de leur proposer : les rapports du Christ lui-même avec son < Église (II, 465-6; cf. 389-392). De là découle l'unité, l’indissolubilité, la sainteté du mariage (II, 466-8). La doctrine de l’indissolubilité re- :

flète exactement l’enseignement évangélique (I, 154-5) et le cas appelé « privilège de Paul » n’y est point contraire (I, 155-7). La licéité du mariage et de l’acte conjugal lui-même est expressément enseignée (I, 147-151), mais avec cette réserve formelle que la virginité est en soi préférable au mariage et le veuvage aux secondes noces (I, 152-4).

C) Morale individuelle. — Très grande est la part faite au trio des

vertus théologales (II, 468-170). La charité surtout, cette vertu caractéristique du christianisme, est célébrée sur un ton solennel et presque lyrique (II, 471-3; X:, 481-2). La prééminence de la charité vient de ce qu’elle est le faite de l’édifice spirituel, 1 Cor. 12%-%, le lien de la perfection, Col. 3!*, le résumé des commandements, Rom. 135-1°, la forme des vertus, Gal. bf, 1 Cor. 13 !-7 (X:, 482-4). — Les vertus morales et les vices contraires sont signalés en bloc et sans ordre, parce que, ayant fait l’objet de la catéchèse apostolique, il suffisait de les rappeler aux néophytes (II, 473-4). Cependant l'humilité (II, 474) et la bonté (II, 475) parmi les vertus, la discorde (II, 476) et la convoitise (II, 477) parmi les vices, méritent une mention spéciale. Ce qui montre combien la morale paulinienne diffère de la morale stoïcienne c’est l’importance sans égale attribuée à la prière (II, 477-9). — L’Apôtre ne dédaigne pas les vertus modestes, le travail, l’ordre, le décorum (II, 479-480); il associe sans effort les plus hautes considérations de la mystique aux plus humbles détails de l’ascétisme (II, 480).

Dans la première Épitre aux Corinthiens, S. Paul a l’occasion d’aborder quelques points particuliers de morale. A propos de l’incestueux, il montre que la fornication est une injustice, un sacrilège et une profanation (1, 143-4). Consulté sur l’usage du mariage, il enseigne la licéité etquelquefois le devoir de l’acte-conjugal (I, 148-150), aussi bien que la pleine licéité du mariage (1, 150-1), avec cette réserve que, toutes choses égales d’ailleurs, la virginité est meilleure (1, 152-4). Sur la question des victimes immolées aux idoles, il pose le principe général que les idoles ne sont rien (1, 158), mais qu'il faut, à son exemple, éviter le scandale des faibles (1, 159). La solution est qu’on peut acheter au marché les idolothytes, les accepter à table comme les autres mets, à moins que cette action ne soit un objet de scandale (1, 159-160), mais qu’il est interdit au chrétien de prendre part au banquet sacré (1, 161-2). — Aux mêmes Corinthiens, il inculque avec force le devoir et les avantages de l’aumône, mettant en jeu leur émulation, leur amour-propre et leur intérêt (I, 205-9).

2. Les fins dernières. — A) L'enseignement eschatologique de S. Paul suit une marche nettement décroissante (II, 485). Il a un très grand relief dans les Epîtres aux Thessaloniciens où se reflète sa prédication orale. Dans la première, l’Apôtre calme les inquiétudes des néophytes qui craignaient de mourir avant le retour triomphal du Christ (I, 104) : Les vivants, leur dit-il, n’auront sur les morts aucun avantage, puisque les morts ressusciteront avant la transformation glorieuse des vivants et que morts et vivants se porteront ensemble à la rencontre de Jésus- Christ (1, 105-7). Dans la seconde, il rassure les fidèles sur la prétendue

proximité de la parousie qu’ils croyaient imminente (1, 113-114) et qui

doit avoir pour signes avant-coureurs une apostasie générale et l’ap parition du grand adversaire (1, 114-5), à l'irruption duquel s'oppose un mystérieux obstacle (I, 115-7). Du reste ces énonciations apocalyp-

tiques, sans le commentaire de la prédication orale, sont pour nous

très obscures et elles ont reçu les explications les plus divergentes (F, 118-120). Paul dut revenir sur ce sujet dans la première aux Corinthiens, à propos de la résurrection. Il y enseigne que les morts ressusciteront incorruptibles et que les vivants seront l’objet d’une transformation glorieuse (1, 191-4). Enfin, dans la seconde, il modère le désir

trop vif qu'’éprouvaient les Corinthiens d’arriver à l’immortalité bien-.

heureuse sans passer par la mort (Z,, 517-520). A partir de ce moment, l'eschatologie n’apparaît plus qu’à de rares intervalles, encore n'est-ce pas sous sa forme apocalyptique (Il, 5136).

B) L'origine des idées eschatologiques de Paul est surtout à chercher dans les prophètes et les écrits deutérocanoniques de l'A. T. (IE, 460-1). Le rapprochement du Talmud offre assez peu d'intérêt et moins de profit encore (II, 486, 490). La comparaison avec les apocalypses apocryphes est hérissée de difficultés et de dangers (II, 487-9). Il y a cependant à tenir compte des conceptions juives sur le siècle présent et le siècle à venir, le monde présent et le monde à venir (I, 489-491 ; Y, 492-3), ainsi que sur la résurrection des morts (Y:, 493-4), mais non pas

- des spéculations au sujet de la durée des temps messianiques (Y,, 492).

C) La résurrection. — La mort, fruit du péché, n’est pas redoutable

- pour le chrétien (IT, 495-6); elle marque, pour les bons et, par analo-

gie, pour les méchants, le terme du mérite et le commencement de la rétribution (11, 496-8). — S. Paul ne parle, dans ses Épiîtres, que de la résurrection des justes (II, 498-500), et il en donne une dizaine de raisons (IL, 500-2) qui se fondent sur l’activité surnaturelle du Saint-Esprit en nous (II, 502-4) et sur notre union avec Jésus-Christ (I, 185-6), cause exemplaire (I, 187-8) et cause méritoire de notre propre résurrection

(I, 188-9). Ces arguments sont corroborés par la persuasion générale

des fidèles qui se font baptiser pour les morts (I, 189-190) et des apôtres eux-mêmes prêts à affronter tous les dangers (I, 190-1). — Les justes qui vivront au dernier jour n'auront pas à ressusciter, parce qu'ils ne mourront point (I, 109-112). C’est une doctrine constante de S. Paul dans 1 Thess. 41517, 1 Cor. 1551-53, 2 Cor. 5!-5 (IT, 504-9). Le dernier texte offre quelques difficultés d’exégèse mais non sur le point en question (Z:, 517-520). Tandis que le corps des ressuscités sera glorifié, celui des vivants devra subir une transformation (I, 191-4).

D) La parousie et la fin. — Le retour triomphal du Christ, venant juger les vivants et les morts, s'appelle « parousie », terme qui désignait la visite solennelle de quelque grand personnage, surtout de

. l'empereur lui-même (II, 509). Comme dans les autres écrits du Nou-

veau Testament, la perspective en est ou en parait prochaine (I, 108-9). Cependant S. Paul déclare formellement qu’elle n'est pas imminente (1, 113). Elle doit être précédée d’une apostasie générale et de lapparition de l’Antéchrist (I, 114-7). Du reste l’enseignement de Paul au sujet de la parousie n'a rien de bien original, car il s'inspire pour le fond du discours eschatologique de Jésus et pour la forme des descrip-

de e ont-ils abo es et quelquefois extravagants (F, 11

qui coïncide avec la parousie, se fera selon les œuvr Es V) aiment universel (I, 145) et décidera du sort éternel des bons et des échants (II, 513-6). Les prédicateurs. de la foi auront à rendre u 1" te rigoureux (I, 132-3; G, 137-8). — Ensuite Jésus-Christ remettra

e royaume » à son Père (II, 521-3). Cette remise du royaume ne. ignifie pas pour le Christ la fin de son règne mais celle de sa royauté militante (II, 524-6). Alors ce sera la fin : la fin du mérite et du déméte pour les hommes ; et aussi la fin de ce monde périssable, sans qu'on

puisse rien affirmer sur la condition physique du monde futur (II, 526-8). L'kpître aux Hébreux nous présente cette consommation l comme un repos en Dieu, terme d’initiations graduelles (1, 547-550). L'œuvre du Christ est achevée et Dieu est tout en tous (IT, 528). e

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