‹ La théologie de Saint PaulChapitre 8 sur 630 · III. SYNCHRONISMES · texte numérisé non relu

III. SYNCHRONISMES

Groupes d’Épîtres. — Les incertitudes chronologiques de la vie de Paul sont resserrées dans des limites assez étroites pour n'influer que peu ou point sur l’histoire de sa pensée. Ses quatre groupes d'Épitres se détachent les uns des autres, aussi distincts par le sujet, le style et le cadre extérieur, que par le temps de la composition. |

Au premier plan, apparaissent les deux Épîtres aux Thessaloniciens, écrites de Corinthe en 50 ou 51, peu de temps après l’arrivée de Paul en Achaïe.

Suit, à cinq ans d'intervalle, le groupe compact des quatre grandes Épîtres, classées dans nos Bibles par ordre de longueur, mais dont la succession chronologique est celle-ci : première et seconde aux Corinthiens, Galates, Romains. Paul les dicta dans l’espace de moins d’un an : la première à Éphèse, aux environs de Pâques de 55 ou 56, la seconde — et probablement la troisième — en Macédoine, durant l’automne de la même année, la quatrième à Corinthe, dans les premiers mois de l’année suivante. Nous croyons avoir de bonnes raisons pour rapprocher l'Épitre aux Galates de l'Épiître aux Romains qui, sans contestation possible, est la dernière de la série.

Encore quelques années et nous atteignons le troisième groupe. Paul écrit de Rome — et vers la fin de sa captivité, selon toute apparence, c’est-à-dire en 61 ou 62 — l'Épiître aux Philippiens. C'est aussi de Rome, ce semble, que partent les deux lettres sœurs adressées aux Éphésiens et aux Colossiens, avec le billet à Philémon qui les accompagne.

Les Pastorales sont le chant du cygne. La seconde à Timothée contient le testament de Paul encore une fois prisonnier du Christ et à la veille du martyre. Les deux autres nous le montrent au cours d’une dernière tournée apostolique où il

organise fébrilement, comme si le temps allait lui manquer, . les églises fondées par lui.

Composée entre 65 et 67, l'Epître aux Hébreux appartiendrait par sa date à ce groupe; mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, elle doit être considérée à part, comme un tout isolé.

Points de repère. — Ces résultats pourraient nous suffire; mais on aime à restreindre le plus possible le champ du doute et à calculer les chances d’erreur quand on ne peut les éliminer. Malheureusement, la plupart des points de repère manquent de rigueur. Lorsqu'il gardait les habits des bourreaux d'Étienne, Paul était un tout jeune homme (veavixçs); quelque six ou sept ans avant sa mort, il se qualifie de vieillard (xoes6ürnc). Mais combien ces termes sont élastiques! Le premier s'applique à des adolescents qui n'ont pas atteint leur vingtième année et à des hommes qui ont dépassé la quarantaine. Le second n’est guère moins vague. En faisant mourir l’Apôtre à soixante-huit ans, trente-cinq après sa conversion, le Pseudo-Chrysostome nous fournit un renseignement digne d'être pris en considération, bien qu’il soit impossible d’en contrôler la source.

Les points de contact entre les données profanes et le récit des Actes, tout en démontrant la véracité et la justesse d’information de l'écrivain sacré, conduisent à des résultats sans précision. Ce sont principalement la présence à Chypre du proconsul Sergius Paulus lors de la première mission de Saul, celle du proconsul Gallion en Achaïe pendant la seconde, la rencontre à Corinthe d’Aquila et de Priscille récemment bannis de Rome par le décret de Claude, l'entrevue avec le roi Agrippa durant la captivité de Césarée, la délégation de Paul et de Barnabé à Jérusalem à l’occasion de la grande famine et la coïncidence de la mort d'Hérode, enfin et surtout l’arrivée du procurateur Festus en remplacement de Félix.

Jusqu'ici on était à peu près d'accord pour fixer cette dernière date à l’an 60. M. Harnack est d'avis qu'il faut l’avancer de quatre ou cinq ans. Ses raisons sont loin d'être péremptoires, mais peut-être a-t-il réussi à montrer que les raisons contraires ne sont pas non plus décisives. Nous serions disposé à fixer l’arrivée de Festus et le départ de Félix à l’au-

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