‹ La théologie de Saint PaulChapitre 9 sur 630 · SYNCHRONISMES · texte numérisé non relu

SYNCHRONISMES

tomne de l’an 58 ou 59. La captivité de Paul aurait alors commencé à la Pentecôte de 56 ou 57 et se serait terminée à Rome en 61 ou 62. En aucun cas, elle ne peut avoir duré jusqu’à la persécution de Néron et il faut la faire suivre, comme presque tous les critiques le reconnaissent aujourd’hui, d’une nouvelle période de liberté.

Deux points où la chronologie de MM. Blass, O. Holtzmann et Harnack nous paraît totalement inadmissible c’est la conversion de Paul en l’an 30 et sa mort en 64.

La date si hâtive de la conversion contredit à notre avis toutes les données sacrées et profanes. Au moment où Paul se fait chrétien, l’église de Jérusalem s’est développée au point d’inspirer des craintes au judaïsme; la Synagogue émue organise la persécution; le nombre toujours croissant des catéchumènes venus de l’hellénisme nécessite une création nouvelle, l'institution des diacres hellénistes; Étienne a eu le temps de conquérir une influence qui lui vaut le martyre; l'Évangile a rayonné au loin, en Samarie, à Damas où existe déjà une communauté chrétienne, Est-il vraisemblable, est-il possible que ce mouvement complexe, équivalant à une révolution d'idées, soit l'œuvre de quelques mois? D’un autre côté, quand saint Paul s’enfuit de Damas, trois ans après sa conversion, Arétas y régnait. Damas appartenait aux Romains au moins jusqu’à l’an 34, les monnaies de la ville en font foi. Qu'Arétas y soit. entré avant la mort de Tibère, en 37, il est difficile de le croire. I1 n'aurait jamais osé s’en emparer de force et les sentiments de Tibère à son égard ne permettent pas de supposer qu'il . l'ait eue à titre gracieux. Tibère mort, il y eut un revirement total. L'armée de Vitellius qui marchait contre Arétas s'arrêta à Jérusalem; Caligula, affectant de réagir contre la politique de son prédécesseur, mit Agrippa en liberté, disgracia Hérode Antipas, l'adversaire acharné d’Arétas et, par un de ces caprices impériaux dont il était coutumier, put donner à celui-ci la capitale si longtemps convoitée. La conversion de Paul aurait donc eu lieu au plus tôt en 34 et son évasion de Damas pourrait être fixée à l’an 37.

Eusèbe place formellement le martyre de Paul à la fin du règne de Néron, c’est-à-dire avant le mois de juin de l'an 68,

ui THÉOLOGIE DE SAINT PAUL.

mais pas loin de ce terme. Pourquoi M. Harnack, qui accorde généralement à Eusèbe une confiance si absolue, n’en tient-il ici aucun compte? C’est qu'il suppose que Paul périt dans la persécution dont l'incendie de Rome fut le prétexte et que cette persécution dura seulement quelques mois. Or rien de moins prouvé. Après le décret de Néron, il fut établi que le christianisme, cette superstition nouvelle et malfaisante, comme s'exprime Suétone, cette superstition exécrable, selon le mot de Tacite, était une religio llicita qui n'avait pas droit de vivre. Empereurs et proconsuls lui pouvaient courir sus sans qu’il fût besoin de lois spéciales et, s’il y eut des intermittences et des moments de trêve, la persécution ne s'arrêta plus entièrement.

Dates principales. — En combinant toutes les données, nous pouvons établir ainsi la chronologie de la vie de Paul ayec une incertitude d’une année en plus ou en moins pour la plupart des dates :

Conversion. Ce .. vers 34 après J.-C.

Évasion de Damas......... 37 SÉJOUT IA TATSCS eee eee de 37 à 4 Visite à Jérusalem......... 43-44 Première mission. .:......…. de 45 à 49 Assemblée de Jérusalem... 50 Deuxième mission ......... de 50 à 53 Troisième mission...... 06 109 à 97 Captivité à Césarée........ de 57 à 59 Voyage à Rome ........... 59-60 Captivité romaine......... de 60 à 62 Voyage circulaire ......... de 62 à 66 Martyre ses esse sescee 66 ou 67

D'après cela, le premier groupe d'Épîtres — les lettres aux

Thessaloniciens — tombe à peu près en 51; le second — les

grandes lettres — en 56 et 57; le troisième — les lettres de la captivité — en 61 et 62; le quatrième — les Pastorales — vers 66. Plus de précision sur ce problème chronologique n’aurait pour le théologien qu'une médiocre importance et ce serait lui en accorder trop que d'insister davantage.

ln «tabl

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