‹ La Théologie de Saint ThomasChapitre 1 sur 155 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

livres de théologie et de philosophie. Ils s'inclinent profondément devant ce chef-d'œuvre de la science, professent pour lui une sorte de culte, mais se gardent bien de toucher d'une main profane ce monument sacré !

Mon dessein est de montrer aux uns qu'ils trouveront dans l'œuvre du Docteur angélique, une doctrine aussi élevée que dans les œuvres des plus grands philosophes, une doctrine où la raison et la foi rayonnent de la plus splendide lumière, un monument enfin qui ne manque pas de grandeur, puisque Bossuet y trouvait assez d'espace pour déployer son génie. J'essayerai de rassurer la timidité des autres, de faire cesser ce qui est en eux de la peur plutôt que du respect. Les premiers, je l'espère, reconnaîtront combien les préjugés qui les éloignaient étaient peu fondés et frivoles. Les seconds verront s'aplanir les aspérités qui leur rendaient difficile l'accès de la Somme, et tous ceux qui liront ce livre avec le désir sincère de s'éclairer, entendront avec bonheur la parole du docteur qui, semblable au soleil, répandait naturellement la lumière.

Cependant n'y a-t-il rien de défectueux dans cette merveille, et devons-nous attacher une égale importance à toutes les questions, à toutes les paroles de saint Thomas? Ce serait, je crois, uneillusion de le penser. L'Ange del'écoleaeu, aussi bien qu'Homère, ses moments de sommeil, et il ne serait pas aussi difficile, comme on l'a dit de Virgile, de lui prendre un mot que d'enlever à Hercule sa massue. Il se répèle, s'arrête à des questions qui sans doute avaient leur intérêt au moyen âge, mais qui, aujourd'hui, sont surannées. Il suit, avec une rigueur inflexible, la méthode scolastique. Bien qu'on ne manque pas de raisons pour la justifier, et loin de méconnaître les heureux résultats de cette rude école qui forma nos pères, on ne

Page 1