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Quelles étaient ces cérémonies

Le culte comprend les sacrifices, les choses saintes, certaines observances, et les sacrements : tels sont les points principaux auxquels on peut rapporter toutes les cérémonies de l'ancienne loi. Les sacrifices rendaient à Dieu le culte suprême de l'adoration, et figuraient celui du Calvaire. Les choses saintes comprenaient le tabernacle, les vases qui servaient à l'autel, etc. Les observances concernaient la nourriture, les habits, etc. Les sacrements distinguaient le peuple juif d'avec tous les peuples païens, et les ministres d'avec le reste du peuple. Ils conféraient la justice légale, non la grâce, donnaient encore moins l'auteur de la grâce, comme fait le sacrement de l'Eucharistie.

4. Quelle est la raison des préceptes cérémoniels concernant les sacrifices?

Le culte de l'ancienne loi avait deux buts, celui de rendre nos devoirs à Dieu, et celui de figurer le Messie futur. Quoi de plus propre à ce double but que les sacrifices? Immolant des victimes, consumant les fruits de la terre en l'honneur de Dieu, les Juifs lui témoignaient leur reconnaissance, et son souverain empire sur toutes choses. Une âme bien ordonnée ne leur reconnaît qu'un seul auteur. C'est pourquoi il était défendu d'offrir des sacrifices, si ce n'est à Dieu : Qui immolât diis occidetur, prœterquam Deo soli. (Ex.,xxn, 29.) Dieu fit cette défense quand le peuple, en adorant le veau d'or , eut montré sa propension à l'idolâtrie.

Mais le plus grand bienfait de Dieu, celui qui efface tous les autres, c'est d'avoir donné son fils pour racheter le inonde : Sic Deus dilexit mundum ut filium suum unigenitum daret. (S. Jean, m, 16.) Aussi tous les sacrifices étaient-ils accompagnés de figures rappelant le sacrifice par lequel il s'offrit lui-même à Dieu comme

une victime d'agréable odeur, suppléant à l'insuffisance de toutes les autres.

La loi ordonnait trois sortes de sacrifices : l'holocauste, où la victime était brûlée tout entière afin de montrer le souverain domaine de Dieu ; le sacrifice proprement dit, où une partie était consumée, et l'autre consacrée à l'entretien des ministres. On montrait par là, que la rémission des péchés vient de Dieu, par l'intermédiaire de ses représentants. L'autre sacrifice s'appelait l'hostie pacifique. Il avait pour objet un bienfait reçu ou demandé. Une partie de la victime était détruite en l'honneur de Dieu ; la deuxième était donnée aux prêtres ; la troisième, à ceux qui l'offraient, pour montrer que le salut vient de Dieu, par le ministère des prêtres et le concours de ceux qui l'obtiennent.

Pourquoi, parmi les animaux à quatre pieds, la loi n'ordonnait-elle d'immoler que le bœuf, la brebis et la chèvre ; et parmi les oiseaux, que la tourterelle, la colombe, et, seulement pour la guérison d'un lépreux, des passereaux ? On aurait pu choisir de plus beaux et de plus nobles animaux ?

C'était pour mettre de la différence entre les sacrifices des Juifs et ceux de certains peuples païens.

D'autres animaux sont plus nobles, mais moins utiles que le? animaux domestiques, qui soulagent l'homme et partagent ses travaux.

Les oiseaux exigés par la Loi étant très-communs dans la terre promise, on pouvait facilement se les procurer et faire à Dieu de fréquentes offrandes.

Enfin, ces animaux étaient l'emblème des vertus qui devaient un jour éclater dans la grande victime du genre humain.

o. La raison et la convenance des préceptes qui regardaient les choses sacrées, n'est pas moins évidente. Pourquoi le culte extérieur? Afin d'inspirer aux hommes un grand respect pour Dieu. Or, l'homme est ainsi fait que ce qui est commun, ce qu'il

a souvent sous les yeux lui impose moins. C'est pourquoi les rois et les princes, à qui le prestige est nécessaire, se couvrent d'habits somptueux, habitent de vastes et splendides palais. Ne convenait-il pas que Dieu, à qui est dû l'honneur suprême, se réservât des temps particuliers, eut un tabernacle, des vases, des ministres, et pour temple le beau monument de la Judée ?

Le culte de l'ancienne loi était figuratif. 11 lui fallait des objets particuliers, propres à rappeler Celui qui devait venir. Dieu est partout, à quoi bon un temple? Ce n'est pas pour renfermer le Dieu de l'univers dans l'enceinte de murs étroits, c'est pour exciter la piété des hommes. Quoi de plus propre à cet effet, que ce que l'on voit, ce que l'on entend dans un temple ?

Mais, dira-t-on, pourquoi, dans toute la terre promise, le seul temple de Jérusalem ?

C'était pour détourner les Juifs de l'idolâtrie, les affermir dans la croyance à l'unité de Dieu, en leur rappelant qu'ils n'avaient qu'un Dieu, comme ils n'avaient qu'un temple. Les idolâtres avaient autant et même plus de temples que de dieux. L'unité du temple avait une autre raison figurative, elle montrait l'unité de l'Eglise militante et l'unité de l'Église triomphante.

Si les Juifs n'en avaient qu'un seul où l'on offrait des sacrifices, ils en avaient plusieurs où l'on priait, et où l'on enseignait la loi. Des synagogues se trouvaient dans toutes les villes et les bourgades. Ainsi nos églises étant à la fois le lieu du sacrifice et le lieu de l'enseignement, ont remplacé le temple et la synagogue.

Pourquoi certains jours destinés spécialement au culte? Nous devons louer Dieu tous les jours : Benedicam Dominum in omni tempore : semper laus ejus in ore meo. (Ps. xxxui, \ .)

La loi ordonnait sept fêtes principales dont je vais dire la raison. La première était continue : on immolait tous les jours, matin et soir, un agneau, pour représenter la perpétuité du bonleur du ciel. L'autre était la fête du Sabbat. Elle se célébrait

toutes les semaines, en souvenir du repos de Dieu après la création. La troisième était la fête de la Néoménie ou nouvelle lune. On la célébrait tous les mois, pour rappeler le gouvernement de la Providence. Le motif qui avait porté à lui donner ce nom était sans doute l'influence de la lune sur les corps, ou le dessein d'opposer les fêtes des Juifs à celles des Païens, qui en célébraient une semblable à la pleine lune (1). Les autres ne se célébraient qu'une fois par an. C'étaient : la fête de Pâques, en souvenir de la délivrance de la captivité d'Egypte ; la fête de la Pentecôte, quarante jours après, pour rappeler le souvenir de la loi donnée à Moïse. Les trois autres avaient lieu le septième mois, qui était une fête continue, correspondant à la fête du Sabbat. Le premier jour du septième mois, c'était la fête des Trompettes. L'objet de cette fête était de rappeler le sacrifice d'Abraham , père des croyants. Le patriarche immola à la place de son fils Isaac un bélier qui avait de grandes cornes, représentées en cette fête par les trompettes. Le son de ces instruments était une invitation donnée aux Juifs de se préparer à la fête suivante, qui commençait le dixième jour du même mois, la fête des Expiations, établie en souvenir du pardon que Dieu leur accorda à la prière de Moïse, après l'adoration du veau d'or. Venait ensuite la fête des Tentes ou des Tabernacles. Elle rappelait la protection miraculeuse et le passage à travers le désert, où les Hébreux habitaient sous des tentes. Ils devaient porter à cette fête un fruit de l'arbre le plus beau, c'est-à-dire un citron, des rameaux chargés d'un feuillage odorant, et des saules du torrent. Tout cela se trouvait en abondance dans la terre promise : c'est pour signifier que Dieu les avait conduits d'une terre aride dans un pays de délices. La dernière était la fête de la Collecte, pendant laquelle on recueillait tout ce qui était nécessaire au culte divin.

(1) Il est plus vraisemblable que le but de cette institution était de sanctifier par une solennité spéciale le commencement de chaque période lunaire, qui, dans le calendrier des Juifs, formait la principale division de l'année liturgique.

Ces fêtes avaient aussi une signification mystique. L'immolation quotidienne d' un agneau représentait le sacrifice perpétuel de l'Agneau sans tache, qui efface les péchés du monde : Christus heri et hodie et in sœcula. La fête du Sabbat représentait le repos spirituel apporté au monde par Jésus-Christ ; celle de la nouvelle lune, la lumière de l'Eglise naissante ; la fête de la Pentecôte, la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres; la fête des Trompettes, leur prédication ; la fête de l'Expiation, la rémission des péchés du peuple chrétien ; la fête des Tabernacles, le pèlerinage et l'exil de ce monde, que les chrétiens traversent en allant de vertus en vertus ; la fête de la Collecte, la réunion de tous les saints dans le ciel. Ces trois dernières se succédaient immédiatement, pour montrer que, purifiés de la souillure du péché, nous devons sans cesse avancer dans le chemin de la vertu, et arriver ainsi à la vision intuitive.

6. Quelle est la raison des sacrements de l'ancienne loi ? La réception des sacrements entraînait une sorte de consécration au culte du vrai Dieu. Le culte appartenant à la fois au peuple et aux ministres, prêtres ou lévites, il fallait des sacrements pour les uns et pour les autres. Trois conditions sont requises pour pouvoir remplir les fonctions du culte : il faut l'admission. Tous avaient la circoncision, les prêtres, la consécration. 11 faut *la pratique de certaines choses qui ont rapport au culte. La loi ordonnait au peuple la manducation de l'agneau pascal, aux ministres, l'oblation des victimes et la manducation des pains de proposition. Il faut éviter ce qui rend impropre à l'exercice du culte : le peuple avait lès purifications et les expiations ; les prêtres, l'ablution des mains et des pieds, et la tonsure des cheveux. Chacune de ces choses avait sa signification littérale quand on la rapportait à Dieu, sa signification mystique, en tant que destinée à figurer le Messie.

Les sacrements de l'ancienne loi figuraient ceux de la nouvelle : ainsi l'agneau pascal était la figure de l'Eucharistie.

Mais trouve-t-on, dans l'ancienne loi, la figure de la Confirmation, de l'Extrême-Onction et du Mariage ?

La circoncision figurait le Baptême ; l'agneau pascal , l'Eucharistie ; la purification, la Pénitence ; la consécration des pontifes et des prêtres, le sacrement de l'Ordre. La loi ne conférait pas la Confirmation, parce que ce sacrement est celui des parfaits, et qu'elle n'a rien amené à la perfection. Elle n'avait pas non plus l'Extrême-Onction, parce que ce sacrement introduit directement dans le ciel, et que la voie n'en était pas ouverte, le prix, dit saint Paul , n'ayant pas été payé. Le mariage était un simple contrat, que Jésus-Christ a élevé à la dignité de sacrement (1).

7. Pourquoi la loi ordonnait -elle certaines observances, comme celles de la nourriture, des habits, etc. ?

Le peuple juif ayant reçu la mission de rendre à Dieu un culte particulier, devait avoir des observances qui le distinguassent des autres peuples. Les prêtres portaient, dans l'exercice de leurs fonctions, des habits particuliers, pour montrer qu'ils remplissaient des fonctions autres que celles de la vie ordinaire.

D'ailleurs, tout ce que la loi ordonnait à ce peuple elle le faisait en vue du Messie : Omnia in figuris conlingebant Mis. (I Cor., x,2.)

Toutes les créatures de Dieu sont bonnes, et il ne faut rien refuser de ce qu'on peut recevoir avec action de grâces : c'est saint Paul qui le dit. Pourquoi la loi ordonnait-elle l'abstinence de certaines viandes comme impures?

Il y a deux sortes de souillures : l'une est celle de l'âme. Aucune nourriture ne peut par elle-même la causer. Si elle le fait

(1) Le mariage a eu toujours et partout, principalement chez les Juifs, un caractère religieux. Saint Paul dit que l'union de l'homme et de la femme représente l'union de Jésus-Christ avec son Église. Elle était accompagnée de cérémonies saintes, et offrait tous les caractères d'un sacrement figuratif. On ne comprend pas comment saint Thomas a pu dire que le mariage chez les Juifs était seulement officium naturœ.

quelquefois, c'est en vertu d'une loi qui la défend, ou parce qu'elle est la cause occasionnelle du péché. L'autre est celle du corps, et des viandes peuvent la causer, venant d'animaux immondes, comme le pourceau. La loi défendait aux Juifs d'y toucher, soit pour la raison que je viens d'indiquer, soit par horreur pour ces animaux, que les idolâtres immolaient à leurs dieux, soit pour leur enseigner à éviter la recherche dans la nourriture. Elle leur commandait l'usage des aliments les plus communs, qu'ils pouvaient se procurer le plus commodément. Les idolâtres se réunissaient pour manger le sang et la graisse des victimes. La loi ordonnait aux Juifs de s'en abstenir, de brûler la graisse,de verser le sang au pied de l'autel et de le recouvrir de poussière. C'était peut-être aussi pour leur inspirer l'horreur du sang et la pratique de la douceur envers les hommes et envers les animaux.

Pourquoi faire porter aux Juifs des habits particuliers ? « Vous ne porterez pas d'habits de deux étoffes, de laine et de lin. La femme ne prendra jamais l'habit d'un homme, ni l'homme la robe d'une femme, >» etc.

Le vêtement annonce la qualité d'un homme : ainsi le prêtre et le soldat n'ont pas le même vêtement qu'un homme de la vie privée. Dieu voulant séparer son peuple de tous les peuples étrangers, lui donna comme signes distinctifs la circoncision et le vêtement.

Il est aisé de voir la sagesse de cette défense , dont le premier but était d'éloigner l'occasion de la luxure.

Dieu ne s'occupe pas des animaux sans raison : Non est cura Deo de bobus. L'homme n'a rien de mieux à faire que d'imiter Dieu. Pourquoi ces préceptes touchant les animaux : « Vous ne lierez pas la bouche du bœuf qui tourne la meule. Si en passant dans le chemin vous voyez un nid d'oiseau, vous ne prendrez pas la mère avec les petits : vous ne ferez pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère ? » (Deutér. et Lév.)

L'homme peut recevoir des impressions du dehors, par l'esprit et par le cœur. Il n'est pas obligé d'avoir une grande sollicitude pour les animaux sans raison, mais son cœur doit compatir à leurs souffrances. C'est pourquoi Dieu recommandait aux Juifs, enclins à la cruauté, la douceur envers les animaux. C'était peutêtre aussi pour leurinterdire des coutumes reçues chez les peuples païens.

8. En quel temps commencèrent les préceptes cérémoniels ? Au temps de Moïse. Ils avaient pour but le culte de Dieu et la

préparation du peuple juif à la venue de Jésus-Christ, par des figures qui l'annonçaient. 11 n'est pas besoin de loi positive pour savoir que nous devons à Dieu un culte quelconque ; la loi naturelle nous le dit assez, mais les cérémonies ou la manière dont il faut rendre un culte, exigent des lois positives. Il en est comme des préceptes judiciaires. Tout le monde sait qu'il faut être juste envers le prochain, mais comment faut-il lui rendre cette justice qui lui est due? Pour le déterminer, des lois sont nécessaires. Donc les préceptes cérémoniels n'existèrent qu'au temps de Moïse. Sans doute, avant lui, des hommes justes et vertueux rendirent à Dieu un culte digne de lui, mais c'était le culte de la loi naturelle.

La circoncision existait depuis Abraham : Melchisédech était le prêtre du Dieu souverain (1). (Genèse, xiv, 18.) Donc les Hébreux eurent avant le temps de Moïse la circoncision et le sacerdoce?

La circoncision était un précepte divin que la loi confirma. Le sacerdoce avant Moïse n'était qu'une institution humaine. On le conférait à l'aîné de chaque famille.

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