‹ La théologie de TertullienChapitre 126 sur 455 · COMPOSÉ HUMAIN · texte numérisé non relu

COMPOSÉ HUMAIN

avec une grande vigueur Funité naturelle du composé humain ' . Il inculque l'association du corps aux opérations de l'àme, en des termes qui pourraient sembler compromettre la pure activité mentale il5 : Caro erit omne animae cogitatoriiim). Pourtant il tient à réserver cette activité, puisqu'il assig'ne une sanction spéciale, avant le jugement définitif, aux actes qui procèdent seulement de l'àme (17; cl". An. 58 . Mais si l'on excepte le premier branle parti de ry;Y£u.ovtxdv, il semble que toutes les manifestations de l'énergie psychique relèvent effectivement du composé. Après d'autres sans doute ^, mais avec une puissance supérieure, Tertullien a exprimé la force de ce lien naturel, que la mort même ne brise pas définitivement. Tout n'est pas d'égale valeur dans ses preuves rationnelles de la résurrection ; mais on doit reconnaître qu'au moins l'argument fondé sur les exigences de la justice divine part de vues justes et profondes, et qu'il s'harmonise merveilleusement avec le dogme révélé de Dieu.

La distinction entre le sens matériel du mot chair et son acception spirituelle ou ascétique, dissipe les malentendus accumulés par l'hérésie et met en lumière la portée morale du spiritualisme chrétien^.

m. an(;es et demoxs.

Les anges, bons et mauvais, ont un rôle important chezTer-

1. Signalons encore cette formule admirable en sa précision. R. 40 : Vocabulum liomo consertarum siibstantiarinn diiarum qiiodam modo Hbula est, sub quo vocabulo non possunt esse nisi coliaerentes.

x'. Nous possi'dons deux traités de la résurrection antérieurs à celui di- Tertullien. L'un nous est parvenu (mutil(') sous lo nom de saint Justin, in Tertullien racei-tainement connu. L'autre est d'Athénagore. La seconde ))artie (12-:^y) renlermc d(>s développements très remarquables sur le composé humain. L'auteur fonde la m'-cessité de la l'ésurrection corporelle principalement sur lo dessein de Dieu dans la création de l'homme elsurrunil(> naturelle d(> l'être humain (11). Il relègue au troisième plan (I8sq)la considi'i-ation du jugement divin, d'autant qu'elle n'est pas d'une application univei-selle : les enfants ne seront pas jugévs sur leurs o'uvres, et pourtant eux aussi ressuscitei'out.

o. Coniparor 5 .1/. 10.

154 THÉOLOGIE DE TEIITULLIEX.

lullicn ', comme en général chez les théologiens de cette époque primitive. Nous indiquerons brièvement ce quïl dit de leur existence, de leur nature, de leur opération et des fonctions que Dieu confie aux anges fidèles; puis de l'origine des démons, de leurs maléfices et des exorcismes chrétiens.

L'existence de substances spirituelles ou démons a été admise par les philosophes-. Socrate obéissait à linspiration d'un démon familier, qui s'était attaché à lui dès l'enfance : triste maître s'il en fut ^. Platon a cru aux anges ''. Même la conscience populaire montre, par l'usage d'imprécations bien connues, sa croyance au démon''. Démons grecs, génies latins, sous des noms divers sont tout un'''. Les magiciens attestent l'existence d'esprits bons et mauvais. L'A. et N. T. ne laissent là-dessus aucun doute au chrétien.

Sur la nature propre de ces substances spirituelles, reparaissent les mêmes incohérences qui distinguent la doctrine de Tertullien sur Dieu et sur lame humaine". Et même ici le matérialisme de l'expression s'aggrave : Tertullien enseigne que l'ange est un esprit matériel, etpar là inférieur à l'àme humaine,

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