‹ La théologie de TertullienChapitre 139 sur 455 · Ch. Il, p. 84 sq · texte numérisé non relu

Ch. Il, p. 84 sq

LES DEUX CHlilSTS DE MAUCIOX. 163

précautions et une sorte de préface. Comme Fils, il avait besoin d'être reconnu par son Père; comme envoyé, d'être accrédité par Celui qui l'envoyait. Dieu n"a pas coutume d'improviser ainsi, mais d'ordinaire il prépare et il annonce. Marcion répondra ' ([ue Jésus pouvait se passer de ce témoignage, ayant celui du miracle. Il oublie que Jésus lui-même a mis les siens en garde contre le miracle. De faux Christs doivent surgir, qui recourront à ce même signe pour séduire les hommes (Mat. 24, 24 s Dès lors. Jésus peut tout au plus se prévaloir de la priorité. Encore ce signe se retourne-t-il contre lui, car Jésus lui-même s'est laissé prévenir par le Dieu créateur qui — incontestablement le premier — a produit des miracles par ses prophètes. En les produisant, il accréditait près du genre humain son Christ à venir, et par là donnait lieu de prendre pour ce Christ quiconque viendrait investi d'une puissance miraculeuse. D'autre part, on ne conçoit guère - un Dieu fainéant qui, après avoir pendant des siècles souffert en silence les iniquités du Créateur, aurait tout d'un coup, prématurément, envoyé son Christ Jésus, sans raison plausible, puisque la venue de l'autre Christ plane toujours sur l'humanité comme une menace. Au moins aurait-il dû attendre la venue de cet autre Christ, pour lui opposer le sien. Ces préliminaires conduisent ^ à l'examen des prophéties messianiques, où le Christ du Créateur est caractérisé par des traits qui ne conviennent qu'à Jésus. On a suivi plus haut '' cette démonstration, faite pour dessiller les yeux des Juifs. Voici maintenant'' qui n'est plus un emprunt au judaïsme, mais du Marcion tout pur, ou plutôt une résurrection d'anciennes hérésies, déjà réprouvées par l'apôtre saint Jean. (1 Joan. 4, 2. i On refuse au corps du Christ toute réalité substantielle; du même coup on supprime les miracles de Jésus-Christ, sa passion, sa mort, sa résurrection et la nôtre : c'est tout le christianisme qui s'écroule. Contre cette invention arbitraire. l'Écriture fournit des argu-

•2. Ib. 1.

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