‹ La théologie de TertullienChapitre 144 sur 455 · Ib · texte numérisé non relu

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170 TULOLOGIE DE TEUTL" I.I.IKN.

prophétisnie de Jean : l'Esprit divin, qui lavait soutenu dans son ministère, se concentrait alors en Jésus ^. Voilà pourquoi Jean eut un moment d'hésitation, et fit interroger Jésus, qui répondit : Vous connaissez l'Ecriture, voyez mes signes.

Luc. 8, 19-21 ^. — Voici le grand argument des marcionites contre la réalité de l'Incarnation : Jésus, dans l'Evangile, aurait nié sa propre nativité. En effet, averti que sa mère et ses frères se tenaient dehors, désireux de le voir, il répond : « Qui est ma mère et qui sont mes frères? » Etrange argument! Il prouverait bien plutôt que, parmi les auditeurs de Jésus, nul ne mettait en doute sa nativité, puisqu'on lui savait une mère. Mais les hérétiques supposent que ses interlocuteurs ont voulu le tenter. Supposition toute gratuite, répond Tertullien : l'Évangile n'y fait pas allusion, et pourtant il signale d'ordinaire ce genre d'intentions captieuses. ; Ainsi Luc. 10, 25; 20, 20.) De plus, supposition invraisemblable. Pourquoi en effet tenter Jésus? Pour savoir s'il est né? Mais on devait bien le penser, en le voyant homme. Le moyen n'est pas même bien choisi pour atteindre ce but; car nous naissons tous, et pourtant beaucoup parmi nous n"ont plus leur mère, ou n'ont pas de frères. Dites plutôt qu'on mettait à l'épreuve sa divinité, qu'on voulait voir s'il serait dupe d'un mensonge. ^lais tout cela manque de fondement. La vraie interprétation de ce récit est celle qui ressort des paroles mêmes du Christ, et de la préférence par lui donnée sur ses proches à ceux qui observent la parole de Dieu. Le Christ enseigne ici aux ouvriers apostoliques le détachement de la chair et du sang, et il joint l'exemple au précepte. A cette interprétation littérale de son Evangile, on peut joindre une interprétation symbolique : cette mère qui l'attend au dehors, et ces frères qui ne croient pas à sa mission, c'est la synagogue, ce sont les Juifs; ces disciples nouveaux qui, réunis à Tintérieur, écoutent, croient et s'attachent au Christ, figurent l'Église.

1. Voir B. 10. Infra, c. YII, g 4, p. 328. Sur le vrai sens de ce iiassage, cf. 4 .1/. 33 (sur Luc. 16, 16), infra, p. 174, et surtout 5 .1/. 8 (sur 1 Cor. 12, 8-11), infra, p. 180.

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