Voir Freppol, t. 2, leçon
18G TIIEOLOCWE UE TERTLLMKX.
Ces objections' ne sauraient porter que sur deux points : question de possibilité, question de convenance. Rien n'est impossible à Dieu, sauf ce qu'il ne veut pas. Si donc il a voulu naître, il est né. Or voici qui tranche les doutes : le Christ a paru sous les traits d'un homme, et donc donné lieu de croire à sa nativité. Cette considération suffit à tout; car s'il ne plaisait pas à Dieu de naître, il ne devait pas lui plaire davantage de laisser croire à sa nativité. Mais on prétend qu'une raison décisive s'oppose à l'Incarnation : c'est l'immutabilité divine. Le Christ n"a pu se faire homme qu'en se changeant lui-même: et tout changement {conversîo) implique cessation d'un premier état. Or Dieu est éternel, donc immuable. Tertullien répond en élargissant cette notion de changement [convej'sio]. Dans les changements ordinaires, un premier être cesse et un autre lui succède. Mais cette loi ne s'applique pas à Dieu. Même hors de Dieu, elle n'atteint pas certains changements merveilleux, où un nouvel être apparaît sans élimination du premier-. Ainsi voit-on dans l'A, T. des anges revêtir un vrai corps humain : tels ceux dont Abraham lava les pieds, tels ceux qui délivraient Lotli des mains des Sodomites, tel celui qui luttait corps à corps avec Jacob. Avaientils cessé, d'être des anges? Nullement. Si Marcion n'avait pas rejeté l'évangile de saint Jean, il aurait pu y apprendre que le Saint-Esprit descendit sur le Seigneur, sous la forme d'une colombe. 11 avait pris cette forme, sans pour cela cesser d'être l'Esprit de Dieu. Et ces corps disparaissent, comme ils ont apparu, invisiblement. Qu'on ne parle donc plus d'une prétendue impossibilité s'opposant à ce que Dieu prenne un corps humain.
Mais peut-être on se rejettera sur la question de convenance^. On insistera sur les bassesses de la chair, on détaillera