‹ La théologie de TertullienChapitre 161 sur 455 · c. C. 4; cf. 3 M. II · texte numérisé non relu

c. C. 4; cf. 3 M. II

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toutes les hontes de la génération et de la nativité. Tout cela n'a pas empêché le Christ d'aimer l'homme tel qu'il est, avec toutes les misères inhérentes à sa nature, et de s'abaisser pour lui jusqu'à la mort et à la mort de la croix (Phil. 2, 8). Vous qui croyez à la rédemption, n'avez pas le droit de mépriser l'homme. Ou bien essayez de nous montrer sans la nativité, sans la chair, cet homme racheté de Dieu'. Vous ne le sauriez faire ; et vous voyez que cette même chair si abjecte, Dieu la relève de la mort. Dieu la guérit et la régénère, pour lui faire part de sa gloire. S'il avait plu à Dieu de passer par le ventre d'une louve ou de quelque autre animal, on vous verrait sans doute lui faire la leçon et lui dire que cela ne convient pas! Cessez enfin, Marcion, de juger Dieu selon votre propre sens; mais plutt'it apprenez de l'Ecriture (1 Cor. 1, 27) qu'il a choisi la folie du monde pour confondre la sagesse, et ne vous scandalisez plus de voir un Dieu qui naît, et qui naît d'une vierge, un Dieu de chair^. La sagesse du siècle se montre moins délicate, elle qui attribue à ses dieux tant d'impures métamorphoses. La passion du Christ a aussi ses folies ^, qui ne le cèdent point à celles de la nativité. Marcion croit-il au crucifiement du Christ ?à sa mort? à sa résurrection ? ou ne voit-il dans tout cela qu'une fantasmagorie, et dans la foi chrétienne qu'un leurre ? Réponds-moi, bourreau de la vérité! Je t'adjure de ne pas ravir à l'humanité son unique espérance, en ravissant à la foi ses hontes nécessaires. Ce qui révolte la raison est précisément le salut du croyant; ne pas rougir de son Dieu, c'est le triomphe de sa générosité. Or cet acte de foi, d'autant plus méritoire qu'il courbe l'esprit sous un joug plus dur, n'a plus où se prendre, si crucifiement, mort, sépulture, résurrection du Christ, tout cela n'est que

I. Aut aufor nativitalom et oxliibc hominom, aiit adimo cai-neiu i-t 'praesta qiiom Deus rodomit. si liaec sunt Iioiiio qiHMii Deiis rodeniit. — Tertullien disait, 3 .1/. 11 : Si Avritas luit, caro luit: si caro luit, natus ost.

i. C'ost ici le liou do i-appolcr l'admirabli' dt'voloppi'inont du traité de la Résurrection, sur le dessein de Iiieu dans la c^-éation du premier homme- R. G : Quodcumque limus exprimebatur. Cliristus cogitabatur liomo futurus.

:î. c. C. .ô; cf 3 -1/. 8: 1 M. \>. 13: T, M. \. 7. 10. 1 1. 17. -10.

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mirag-e. 11 faut tenir ferme à ces vérités : le Christ est homme et fils de r homme; homme par sa chair, comme il est Dieu par l'esprit; fils de la Vierge Marie par sa chair, comme il est, par l'esprit, fils de Dieu^. Les deux substances unies en sa personne, l'homme et le Dieu, dilîèrcnt par leur origine et leurs caractères. Aux miracles on reconnaît le Dieu; aux souffrances, l'homme. La doctrine de Marcion est un mensonge, qui supprime une moitié du Christ. Et que fait-elle du Christ ressuscité, présentant aux disciples ses mains et ses pieds percés, en leur disant : Voyez si je ne suis qu'un esprit! (Luc. 24, 39).

Vaincu par l'é vidence, Apelle - renonce au docétisme de son maître, mais persiste à nier la nativité. A l'entendre, le Christ aurait apparu, comme, dans l'A. T., les anges et le Verbe lui-même, non avec un corps de même nature que les nôtres, mais avec un corps de matière sidérale. Supposition bizarre et gratuite, qui en tous cas ne trouve aucun appui dans l'histoire des théophanies bibliques, car ni les anges ni le Verbe ne venaient pour être crucifiés et mourir. La vie et la mort sont choses corrélatives; le Christ, destiné à la mort, devait commencer par naître. Après avoir réfuté^ le grand argument marcionite, fondé sur ces paroles du Christ : « Qui est ma mère et qui sont mes frères? » (Mat. 12,48; Luc. 8, 21), Tertullien revient'' à ce corps sidéral, imaginé par Apelle. D'après cet hérétique, le monde matériel serait lœuvre d'un certain ange, qui d'ailleurs aurait ensuite fait pénitence. Or pénitence suppose un péché. Ainsi le monde est péché, le ciel est péché, les astres sont péché, le corps sidéral attribué au Christ est péché. Dès lors, à

1. Alitor non tliceretur liomo Christus sine carne, nec liominis lîlius sine aliquo parente liomine, sicut nec Deus sine .spiritii Dei, nec Dei fiiius sine Deo pâtre. Ita utriusque substantiae census liominem et Deum exhibiiit, hinc natum. inde non natmn, hinc carneum, inde spiritaleni, hinc infirmum, inde praefortem. hinc morientem, inde viventem. Quac proprietas condicionum, divinae et luimanae, aequa utique naturae cujusque verilate dispuncta est, eadeni fide et spiritus et carnis... Quid dimidiasmendacio Christum? Totus veritas fuit. — Sur l'union des deux natures en Jésus-Christ, comparer .saint Irénée, Ilaer. 3, 18, 7.

■2. c. C. 6; Cf. 3.1/. 9.

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