c. C. 7. Voir 4 .1/. 19, supra, p
l'humanité du christ. 189
quoi bon inventez' ce corps spécial, qui a tous les inconvénients des nôtres? Quand saint Paul distingue (i Cor. 15, 47) l'homme ancien et terrestre de l'homme nouveau et céleste, il ne parle point de corps sidéral, mais il oppose à la chair l'esprit, aux instincts terrestres d'Adam la vertu céleste du Christ. D'ailleurs tout corps porte en lui la marque de son origine. Or on retrouve en Jésus ^ tout ce qui, dans le corps humain, trahit une origine terrestre : la chair, le sang, les muscles, les os; seuls, ses paroles et ses actes, sa doctrine et sa puissance, excitaient l'admiration des hommes. Son extérieur fut commun : de là vint précisément l'étonnement de la foule, en présence de ses miracles. A défaut des prophéties, qui parlent de son aspect méprisable (Is. 53 etc.), sa passion et les opprobres dont il fut couvert, nous diraient qu'il fut un homme, et non des plus beaux-. Il a connu la faim devant le démon, la soif devant la Samaritaine, les larmes au tombeau de Lazare, le frisson en face de la mort — car, dit-il, la chair est faible — , enfin l'effusion du sang : tant il est vrai que sur son front ne rayonnait pas l'origine céleste imaginée par Apelle.
Selon les valentiniens ^, le Christ a pris une caj'o animalis (awaa '|u/'.xov), chair psychique, c'est-à-dire qu'en lui l'àme est devenue chair. Et pourquoi ce changement? On ne le voit pas bien, d'autant que, selon les mêmes hérétiques, le Christ ve nait sauver les âmes des hommes, non leurs corps ; or ces âmes ne sont point caro animalis. Le Christ voulait ^, disent
■l. Adeo nec luunanae houcstatis corpus fuit. — Cette opinion désavantageuse touchant l'extérieur du Christ n'est pas tout à fait particulière à Tertullien. D'autres Pères ont émis des idées semblables, surtout en commentant Is. 53, 3. — Voir saint Justin, Dial. 85.88.100.121; Clément d'Alexandrie. Paedag. 3, 1; Slromat. 2, 5: 3, 17; G, 17: Origène e. Cela. i, 38; 0, 77. Mais dans la patrologie postérieure, l'opinion contraire est beaucoup plus commune. Voir Petau, de Incurnallone, 10, 5, 11 et 12: Vavasseur, de fui-ma ChrhO liber (Paris 1G1!>); Fabricius, Codex apocryphm N. T. (Hambourg 1710), t. 1, 301-302; 3, p. 48G ; Calmet, Disserl. de forma Jesu Chrhli; Kraus, Geschkhle der chrlslUch. Kunst, t. 1, 177; Ernst von Dob.schiitz : Chrislusbilder(t. 18 des T. U. Leipzig 1899), BeilageS : Zur Prosopographie Christi. On trouvera une bibliographie abondante dans
dernier ouvrage, p. 293".