‹ La théologie de TertullienChapitre 174 sur 455 · Praescr · texte numérisé non relu

Praescr

202 TUÉOLooii: de tj:hti i.lien.

comme les maladies, comme la fièvre ^ On ne songe pas à s'étonner que la fièvre existe ; seulement on s'en garde ; et la fièvre a peu de prise sur les corps sains. De môme lliérésie est sans force contre les âmes fermes dans la foi. C'est un vent^ qui emporte la paille, c'est-à-dire les esprits légers, livrés aux assauts de la tentation : le bon grain ne s'en trouve que plus pur pour entrer dans les greniers du Seigneur. Au reste, le Christ^ a prédit ces épreuves iMat. 7, 15), et l'Apôtre à son tour a prémuni les fidèles contre les scandales nécessaires (1 Cor. il, 19; 1 Thess. 5, 21). Il fallait des hérésies '' pour rendre possible le discernement des âmes. L'unité vraie est à ce prix. Dans presque toutes ses épîtres % saint Paul revient sur la nécessité de fuir ces doctrines frelatées qu'enfante l'indépendance de l'esprit et l'empressement de choisir soi-même l'objet de sa croyance (alpEdiç, choix). Et les apôtres ne se permettaient pas de rien enseigner en leur propre nom : ils ne faisaient que transmettre fidèlement la doctrine reçue du Seigneur, disant d'avance anathème à tout autre évangile (Gai. 5, 20; Tit. 3, 10. 11; Gai. 1,8).

Doctrines humaines, ou plutôt diaboliques *■', les hérésies plongent leurs racines dans cette sagesse du siècle que le Christ est venu confondre. Elles empruntent d'ailleurs des armes à la philosophie. Valentin, le théologien des Éons, avait été platonicien ; Marcion, l'apôtre du dieu débonnaire, stoïcien. L'immortalité de l'âme est niée par les épicuriens ; la résurrection corporelle partons les philosophes, sans distinction d'écoles. La matière a été divinisée par Zenon ; le feu, par Heraclite. Aristote a mis au service de ces faux docteurs la dialectique, ouvrière de construction et de destruction, caméléon de langage, forcée dans ses conjectures, dure dans ses raisonnements, féconde en disputes, fâcheuse à elle-même, se reprenant toujours sans arriver à se satisfaire. De là ces fa-

Page 1