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Voilà les artifices du diable ' : il fallait les regarder en face, car pour n'être pas très profonds, ils ne laissent pas de nuire à la vérité. Les centons sont un genre à la mode, et le diable y excelle d'autant plus que les lettres divines lui offrent une plus riche matière. Dieu permet qu'il y trouve des armes pour toutes les hérésies. C'est encore lui qui fausse le seits des Ecritures. Son rôle consiste à contrefaire Dieu - : il a contrefait les sacrements; il contrefait les Ecritures. Les hérésies qu'il fomente ne sont qu'une forme de l'idolâtrie.
Le livre de Tertullien ne serait pas complet sans un portrait des hérétiques ^ : les dernières pages nous les montrent à l'œuvre. Futiles, terre à terre, sans élévation, sans gravité, sans autorité, sans discipline, comme la foi qu'ils professent. D'abord on ne sait parmi eux qui est catéchumène, qui est fidèle : pour les assemblées, pour les leçons, pour la prière, tous sont confondus, entre eux et avec les païens qui peuvent survenir. Ils ne se font pas scrupule de jeter aux chiens les choses saintes, et aux pourceaux leurs perles, d'ailleurs fausses. Sous prétexte de simplicité, ils font litière de la discipline, dont ils nous reprochent le soin, comme une vaine affectation. Ils donnent la paix à tout venant ; les divergences leur importent peu : ils ne s'accordent que pour combattre la vérité. Tous sont enflés d'orgueil, tous font profession de science. On voit chez les hérétiques des catéchumènes formés avant d'être instruits, des femmes sans retenue, qui se mêlent d'enseigner, de discuter, d exorciser, de promettre des guérisons, qui sait? même de baptiser ; des ordinations sans préparation, sans sérieux, sans constance. Ils constituent en dignité tantôt des néophytes, tantôt des personnes engagées dans les liens du siècle, tantôt nos apostats, qu'ils tâchent de prendre par l'amour-propre. ne pouvant les prendre par la vérité. Nulle part l'avancement n'est plus facile que dans le camp des rebelles, où Ion mérite par sa seule présence. Aussi voit-on tel évêque aujourd'hui, tel autre demain, tel diacre aujourd'hui et demain lecteur, tel prè-
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tre aujourd'hui et demain laïque : car ils confient même à des laïques les fonctions sacerdotales. Le ministère de la parole^ ne tend pour eux qu'à la perversion des nôtres. Comme ils ne connaissent pas le respect de l'autorité, on ne remarque guère' de schismes parmi eux : mais aussi nulle cohésion, nul lien doctrinal : chacun innove pour son propre compte. Au fond de chaque secte on trouve l'anarchie. L'hérésie fraie volontiers avec les magiciens-, les charlatans, les astrologues, les })hilosophes. Le dévergondage des mœurs égale celui de l'esprit. Comment s'en étonner, chez des hommes qui ont rejeté la crainte de Dieu? L'Eglise catholique -^ présente des caractères tout opposés : là on songe au tribunal du Christ, où il faudra rendre compte de tout; et d'aliord de sa foi. Que répondront ceux qui auront déshonoré par l'hérésie cette même foi qu'ils avaient reçue vierge des mains du Christ"? Ils ne pourront alléguer leur ignorance; et les Ecritures, qui auraient dû les prémunir contre la séduction de l'erreur, serviront à les condamner.
A cette prescription générale^, dirigée contre toutes les hérésies qui invoquent l'Écriture, Tertullien se propose de joindre la réfutation plus spéciale de certaines hérésies.