Pr
Voir ci-dessus, p. 227, n. 2.
l'jÎCHITURE. — CANON. 229
taires immédiats ne tire pas à conséquence, puisque tout écrit émané d'un apôtre est, par nature et de droit, destiné à l'instruction de toute l'Eglise '. Et s'il exclut de son canon l'épître aux Hébreux, c'est que l'auteur présumé de cette épître, Barnabe, si vénérable soit-il, ne saurait être considéré comme formant avec saint Paul une seule personne morale-^.
Parmi les apocryphes du N. T., le Pasteur d'Hermas attire particulièrement l'attention de Tertullien-'. Il en parle d'abord avec respect, et, selon toute apparence, comme d'un livre inspiré '' ; plus tard il le traite avec un mépris extrême, comme apocryphe et fauteur d adultère'. Pour éviter cette évolution violente, il lui eût suffi d'appliquer son critérium : le Pasteur ne pouvait se réclamer d'une origine apostolique. Laissant de côté cette considération, Tertullien céda successivement à diverses influences. Tout d'abord il se conforma sans arrièrepensée à l'église romaine, où le Pasteur avait pris naissance et jouissait d'une autorité presque égale à celle des Livres Saints : le canon dit de Muratori, témoin de l'usage romain au déclin du deuxième siècle, reflète cet ancien état de l'opinion''. Plus tard, une réaction se produisit à Rome et dans les églises d(; sa communion : sans rejeter le Pasteur, on marqua plus explicitement le rang secondaire qui lui convenait. Tertullien, alors en pleine crise montaniste, prit ombrage de quelques traits qui lui rappelaient la morale du pape Galliste, et l'entraînement de la polémique le rendit sévère à l'excès pour l'œuvre, en somme exquise, d'Hermas.
1. ô .1/. 17 : Xilîil autem de titulis iutercsl, cinu ad oumos Apoàtoliis scripserit diim ad quosilani.
■2. Voir p. 228, n. 1.
3. Voir M^"" Batiffol : Hermas el le problème moral au deuxième siècle; dans /{. B., t. 10 (19(Jl),p. :">37 sq. ou dans : Études d'histoire el de théologie positive (Paris, 19021, p. 45 s<j.
4. Or. li) : Hoi-mas i!l<\ cujus scriptui-a foi'c l'asfor inscribitiir. — Ce passage fait allusion à Hermas, Vis. 5, 1.
o. Pud. 10 : Cedereni tiiii, si seriptura l'astoris, quae sola uioechos amat, (livino instrumento nKM-uisset incidi, si non ab omni concilio ecclesial'uni, etiani vestrarum, inter apocrypiia et falsa judicaretui', adultéra et ipsa et inde pal,rona socioruni..., ih. 2n : Illo apocrypho l'astore nioecholum.
0. Ajouter le t(''moignago de saint Iréuée, qui [llaer. 1, 2<», 2) citi- le Pasteur {Mandat. 1) entre la Genèse et le prophète Malachie.
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Les Actes de Paul et de Tliècle apparaissent, dans la question du baptême, revendiquant pour les femmes le droit d'enseigner et de baptiser'. Tertullien met les fidèles en garde contre cet apocryphe, dû à la supercherie d'un prêtre d'Asie qui fut, pour ce fait, déposé de son oiïice.
Il mentionne dédaigneusement- les psaumes de Valentin, que tel hérétique a l'impudence de citer comme une autorité respectable : pourtant dès cette époque, lui-même cite parfois des prophètes non moins suspects '^
Il ne sera pas sans intérêt de comparer le canon de l'église de Cartilage, tel qu'il vient de nous apparaître, au canon de l'église de Rome, tel qu'il ressort du fragment de Muratori. Le document romain paraît ignorer les deux épîtres de Pierre. Par contre, il en accorde deux à Jean. Il incline à recevoir l'apocalypse de Pierre. Il ignore l'épître aux Hébreux. Enfin il mentionne le Pasteur, qu'on peut lire dans l'église, non toutefois au rang des prophètes et des apôtres. Presque identiques sont les indications de saint Irénée'''. On voit qu'entre Rome et Carthage la divergence la plus notable concerne la /=' Pétri, reçue, ce semble, en Afrique avant de l'être en Italie^. Demeurent provisoirement hors de l'un et de l'autre canon : Ep. Jac'ob/^\ II' Pétri, III' Joannis'.
1. B. 17. — CI'. Eiiscbe, IL E. 3, !'.•: saint Jorômo, ^'ir. ilt. 7. — Lip- .sius : Acla apostolorum apocrypha , 2, 1 (1887), p. 424 sq.: llaniack, .4. (-'. L., 1, p. Io6-137; Chronologie, 1, 4D3-505.
2. c. C. 17. 20. — Cf. Origène In Jof>. 21, 11. Cilation de psaume valontinien, Philosophumena, 7, 37.
3. Sur la prophétie montaniste, mise au rang ilfs Ecritures divines, voir c. IX, S 4, p. 451.