‹ La théologie de TertullienChapitre 228 sur 455 · Pud · texte numérisé non relu

Pud

l'écriture. KXÉGÈSE. 253

selon leurs œuvres. Ceux qui veulent être réunis au Christ doivent présentement poi'tcr en eux-raémes l'image de l'homme céleste ; de plus ils ne sauraient pénétrer dans le royaume de Dieu qu'après avoir subi une transfiguration et revêtu la vertu incorruptible et inmiortelle des corps gloi-ieux. Le texte est donc susceptible de di'ux interprétations, qui ne s'excluent pas, mais se complètent l'une l'autre. Saint Irénée s'attachait à la seconde, qui répond mieux au contexte de saint Paul {/laer. 5, 13, 3-5); toutefois il n'ignorait pas la première {ib., 9. 3-4; 12, 3; 14, 4). A son tour Tertullien donne concurremmentles deux explications, mais il s'attache de préférence à la première, au moins dansTAntimareion (5 M- 10. 14). Dans le ti'aité de la Résurrection (li. 48-51), elles se rencontrent toutes deux : Dum pro merUis dlslinclionem resurreclionis opus subslanliae, non f/enus, patitur, apparet hinc quoque carnem et sanguinem nomine culpae, non aubstantiae, arceri a Del regno, nomime tamen formae resiirgere in judicium, quia non resurganl in regnum... Sed quorum est adiré regnum Dei, induere oporlebit vim incorruptibilitalis et iinuturlaliliitis, sine qua regnum Del adiré nonpossunt '.

Gai. 4,4. — Misit Deiis Filium suum factum ex muliere. Tertullien a donné de ce texte deux commentaire's contradictoires -. V. v. G : Quam utique virginem constat fuisse, licet Hebion résistât. — c. C. 23 : Cum hac ratione Aposlolus non ex virgine sed ex midiere editum Filium Dei pronuntiavit, agnovil adapertae vulvae nuptialem passionem. ■ — Dans le premier passage, il veut prouver que le nom de mulier est quelquefois donné à une A'ierge; dans le second, il s'appuie sur ce même mot pour prouver qu'en enfantant le Christ, Marie cessa d'être vierge.

Les fluctuations deviennent plus graves à la fin de sa vie, alors que, sous Tempire d'une irritation croissante, Tertullien cherche partout, même dans l'Ecriture, des raisons pour justifier le changement qui s'est fait dans son esprit. C'est ainsi que, à court de textes scripturaires pour justifier sa réprobation de la couronne, il émet cet aphorisme : Tout ce qui n'est pas positivement permis est par là même réprouvé ^. Pressé par ceux qui lui montrent dans la Genèse (4, 24) Lamech premier bigame, il refuse de croire à la bigamie des patriarches, et

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