N. 2. 4; Ap. 19. -15. 47: 7'e.s<. 5; An
3. /-•/■. 28. ~ Voir Freppol. t. 2, leçon 28, p. 222 sq. 1. Texte de aligne. Voir ci dessus, p. 208.
25G THi!:oLO(;iE di; i khtii.lii-n.
tout autres caractères : nouveaulé, inslabilité, absence de sérieux et de discipline. Dépourvue d'un principe interne de cohésion, livrée à toutes les influences dissolvantes, elle est condamnée, par son essence même, à s'émietler et à changer indéfiniment. Le remède à tant de maux est dans le recours à lunité doctrinale ^ ïertullien en donne la formule, d'abord dans le traité de la Prescription :
Jtrgula efl aiilrm fidci-... Uln ar. qita credilur imuin uinninu Dcum esse nec aliiim praeler mundi condUorem, qui iiniversa de nihilu produxeril per Verbion suum primo omnium demissum; id Verbum Filium ejus appellatum, in numine Dei varie visum a patriarrhis, in pruphelis semper audilum, poslremo delalum ex Spirilu Palris Dei et Virtule in viryinem Mariam, carnem faclum, in utero ejus et ex ea nalum cxisse ,/csum Chiislum, exinde praedicasse novam legem et novam promissionem re;/ni caelorum, virlutes l'ecisse, crucifixum, tertia die resurrexisse, in caelos crcptum sedisse ad dexlerara Palris, misisse vicariam vim Spiritus Sancti, qui credentes agal, xienturum cum claritate ad sumendos sanctos in vitae aeternae et promissoru/n caelcsiium fructum et ad profanos Judicandos ii/ni perpetuo, facta utriusque partis resuscilationc cum carnis restitutione.
Voici une autre formule beaucoup plus courte :
Régula quidem fidei s una omnino eut, sula immobiUs et irreformabilis, credendi se. in unicum Deum omnipotenlem, mundi ronditorem, et Filium ejus Jesum Christum, nalum ex virgine Maria, crucifixum sub Pontio Pilato, tertia die resuscitatum a morluii<, receptum in caelis, sedentem nunc ad dexteram Patris, venturum judicare vives et mortuos per carnis eliam resurrectioncm.
Une troisième formule appartient à la période montaniste :
.Vos vero '* et semper et nunc inagis, ut instructiores per Paraclelum, de-
1. Voir li's objections, du itoiiit de vue protestant, dans Xcander, Antignosticiis-i, p. 335; Noeldochen, p. 200-20-2. On ne conteste guère que le traité depjracscriplione soit une œuvre saine et puissante. Mais on insiste sur les diflicultés d'application, et sur Tesprit général de cette polémique autoritaire.
2. Pr. 13. — Une formule très abrégée se lit Pr. 36. On trouvera lés quatre textes disposés parallèlemouf, jiour une étude comparée, dans le Dict. Arch., t. 1, p. 617.
3. V. V. 1. — Cette formule est seuh> à mentionner le crucifiement sous Ponce Pilate.
4. Prax. 2. — Relevons, comme propres à cette l'ormuli>, les mots : hune passum, hune mortuum et scpullum...
TlîADITIOX. ^O/
duclorem sc.omnis verUalia, unhum ijiddcm Dctnn crediiinis.s}!// liac iamen dispensalione quam rjixovo(jt.;av dicimm, ut' unici Dei sit et Filius Sermo ipsius, qui ex ipxo processerlt, per queili omnia fada sunt et sine quo factum est ni/iil. Hune missum a Pâtre in virginem et exeanatum, hominem et Deum, filium hominis et filium Dei, et cognominatum Jesum Christum; hune pass uni, hune niorluum et sepullum, secundum Scripluras, et resuscitalum a Putre et in eaelo resumptum sedere ad dexleram Patris, venlurum judicare vivos et morluos; qui exinde miser il, secundum promissionem suam, a Pâtre Spirilum Sanelum Paraclctum, sancLifiealorem fidei eorum qui ercdunt in Palreni et Filium el S//iriluij) Sanelum.
Parmi ces trois formules ' , possédons-nous le texte officiel du Credo alors en usage dans l'Église d'Afrique? Non, sans doute. La seule coexistence de trois rédactions successives crée une présomption contraire, car elle prouve que Tertullien s'attachait peu à la lettre. A les comparer entre elles, on peut juger que la première, des trois la plus complète, aurait aussi plus de chances de représenter, sous sa forme primitive, notre Apostolicum. Mais les allusions du début à la génération temporelle du Verbe et à ses manifestations diverses sous l'A. T., les allusions de la fin au dernier avènement du Christ, traduisent des préoccupations théologiques familières à Tertullien, et non la foi commune des fidèles. Ces traits ne conviennent pas à une pièce catéchétique. Le même caractère d'actualité est encore plus profondément empreint dans la troisième formule, d'inspiration nettement montaniste. Reste la deuxième formule, plus simple d'allure, et peut-être extraite mot à mot d'un symbole liturgique. Mais, sans parler d'autres détails, l'absence de toute allusion au Saint-Esprit ne permet pas d y reconnaître un tel symbole dans sa teneur complète^.
1. La promière a L'téctucliôcpar M^'' Batiffol, li. B., t. :](1891), p. 13 sq. — Voir encore, sur le symbole dos Apôtres, S. Haunier, 0. S. B., Dus aposlolisehe Glaubensbekeantniss, seine Gesehielde undsein Inhall (Mayence, 1893); C. Hlurno S. J., Das aposlolisehe Glaubensbekenntniss (Frihourg, 1893); Ilarnack (Berlin, 1892); L. Ilahn, Bibliolhek der Symbole {Brealàu, 1877); Caspari, Quellen zur Gesehiehte des Taufsymbuls (Clii'istiania, 18(jG-1879); A. E. Biii-n, An Introduction lo Ihe Crecds and lo the Te Deum (Londres, 1899); F. Kaltenbuscii, Dus uposlolixehe Symbol (Leipzijj, 1891- 1900).
2. L'allusion au Saint-Esprit no manque ni au symbole do saint Irénée {Haer. l,ï(), 1), ni à celui qu'on a pu induire do saint .Justin (1 Ap. 61), ni au symbole tripartite contenu dans les canons dits de saint llippoljte,
lUKOLlKlIE [lE TKKTLI.l.IEN. 17
258 1 IMÔOLOCIE DE TKinUI.I.lKN.
On remarquera, au début de chacune de ces formules, l'allusion à l'unité de Dieu, qui a disparu de notre Apostolicuin ', bien qu'elle se soit conservée dans d'autres symboles. Par contre, dans aucune des trois on ne trouve les mots suivants : Dominum Nostrum — descendit ad inféras — sanctani Ecclesiani calholicam — Sanctoruni coninianioneni — remissionem peccatoriini — vitam aeternoni. — Les allusions ù l'Eg-lise et à la rémission des péchés apparaissent chez saint Cyprien, lorsqu'il cite le symbole-; d'où Ton a pu conclure avec vraisemblance qu'elles furent introduites à l'occasion des controverses qui marquèrent le pontificat de Calliste. Pour rencontrer notre Apostolicnni sous sa forme complète, il faut descendre jusqu'au sixième siècle ^.
La tradition vivante de l'Eglise n'éclaire pas seulement la foi des chrétiens, elle peut fixer la discipline sur des points où l'Ecriture est muette. A cet ég-ard, le traité De corona renferme des déclarations importantes, auxquelles on ne peut reprocher que de s'être produites hors de propos et pour les besoins d'une mauvaise cause. Tertullien considère toute couronne comme objet idolàtrique, et dit anathème au soldat chrétien qui, dans une fête militaire, pare son front de laurier. INIis au défi de justifier par les Livres saints une sentence aussi sévère, il répond que biend'autres observances, pourn'êtrepas inscrites dans ces Livres, n'en sont pas moins vénérables, et d'institution divine ''.
et usité à Rome i)oiu' la collation du baptême au début du troisième siècle (éd. Achelis, dans T. u. U. G. G, 5 (1891), 1-2 1-130. p. 96-97). Voici le texte de ce symbole, par ailleurs très semblable à la deuxième formule de Tertullien: Credo in Deion Patrem omnipolenlem. — Credo in Jesutn Christum, Filium Dei, quem peperit Maria Vlrgo ex Splritu Sanclo, qai craci fixas esl sub Pilato Ponlio, qui morluus est el resarrexil a morluis terlia die, et ascendit ad caelos, sedetque ad dexterain Palris, el venict judicaturm vivos et mortuos. — Credo in Spirilum Sanctani.