An. Kl
fi. IV'rtuIlien ne fait aucune exception, encore qu'avec saint Paul (l Cor. 7, 14) il reconnaisse aux enfants d'un père ou d'un mère chrétienne uni; sainteté initiale. (|ui les fait candidats du ljai)tème et du salut, par le privilège de leur naissance et le bienfait de leur éducation : An. 39 : Apostolus ex sanctidcato aiterutro sexu sanclos procreari ait, tam ex seminis praerogativa quam ox institutionis disciplina. Ceterum, inciuit, immundi nascerentui'. qnoai desi;/nat'js lamen sanclilalis ac per lioc etiam salutis intellegi volcns lideliiim lilios... — Jlais en montrant la distance qui sépare k's enfants des lidéles de ceux des païens, l'Apôtre n'a pas prétendu qu'ils fussent exempts de la tache originelle : alioquin meminerat domiiiicae delinitiouis : Xlsi qin'x nasrrlitr r.r aqxa et Spiriln. non iuibil ht
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introduit pai- le péché affecte proprement lame : la chair nest qu'une servante, ou plutôt un instrument. Chair coupable, sans doute; mais dont la faute se borne à exécuter des ordres : si parfois l'Écriture s'en prend à la chair, ce n'est que pour atteindre plus gravement, dans un subalterne, l'âme qui a commandé. ' Le désordre, ou la contre-nature, d'origine diabolique, se transmet d'àme en âme-, comme un chancre héréditaire : le traducianisme de Tertullien se prête parfaitement à cette conception. La nature primitive et divine demeure, jusqu'au baptême, obscurcie et voilée ; au jour du l^aptéme, le voile tombe : en ces noces mystiques avec l'Esprit-Saint, l'àme revoit la lumière de sa céleste origine; la chair elle-même passe, comme un esclave dotal, au service du même Esprit-Saint. Noces bienheureuses, si l'âme est fidèle !
Dans ce développement, d'ailleurs fort expressif, sur le pé-
refjmun Dei, i. e. non eril aanclus. — Dans le texte quo nous venons diciter, le mot ulioquin parait avoir été une pierre d'aelioppement pour quelques lecteurs: aussi croyons-nous devoir prévenir sur ce point toute (■quivoque. Selon l'usage constant de Tertullien, alioquin, en tète de phrase, signitie siuii)leHient : d'aiUeKr!'. On trouvera d'autres exemples An. 38: B. 17; I'. v.d; c. C. o;Fu(j. 13; Mono;/. 11. Entendiv -Jwrsde cecasfenfant n('' d'un père chrétien ou d'une mère chrétienne) serait faire violence au texte, et surtout au contexte; car Tertullien ajoute aussitôt après une déclaration qui ne laisse place à aucune exception, An. 40 : Ita o/roî/s anima eo usque in Adam censetur donec in Christo recenseatur, tamdiu immunda (|uandiu recenseatur, peccatrix autem quia immunda. Il est vrai qui! accorde beaucoup au baptême de désir, B. IH -. Quid festinat innocens aetas ad remissionem peccatorum? Mais, outre que les petits enfants ne sont pas susceptibles de ce baptême, on doit remarque)- qu"il no dit pas : ad remissionem peccali oriijinulis, mais : ad remissionem jieccatorum. Qu'on i-elise le contexte du De baptismo, 18, et l'on verra qu'il est question des péchés actuels. Tertullien \"eut (|n'on ne contracte pas à la légère des obligations redoutal:)les, et que. l'aljlution baptismale étant unique, on la réserve pour un âge où l'on aura besoin de pardon pour les fautes de sa jeunesse. La doctrine que nous avons signalée An. 39 est exactement celle que saint Jérôme trouvait dans Tertullien, quoiqu'il ne soit pas facile de dire en quel endroit. Ep. 85, 5 {ad Paulinum) : Tertullianus in libris de monogamia(?) disseruit asserens sanctos dici rid(>lium filios (juod quasi candidali sinl fidei et nullis idoloiatriae sordibus teneantur. — .Sur l'interprétation de B. 18 et de An. 39, nous sommes en désaccord avec il. l'abbé Tunnel, H. H. L. R. t. G (19C»1), p. Y^; Histoire de la théolof/ic positive depmis l'ori!/ine jusqu'au concile de Trente, p. 89.