‹ La théologie de TertullienChapitre 242 sur 455 · An · texte numérisé non relu

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la loi de Dieu ', quil s'agisse de la loi primitive ou de la loi mosaïque ou de la loi clirétiemie : les menaces et les exhortations jointes à cette loi n'auraient point de sens si elles ne s'adressaient à un être libre. Dieu a mis devant l'homme le bien ou le mal, la vie ou la mort (Deut. 30,15; Eccli. 15,18); ce choix offert à la volonté est l'épreuve du libre arbitre.

La convenance de cette institution apparaît- si Ton considère le dessein de Dieu créateur. Il a voulu se procurer l'hommage intelligent d'un être fait à son image et ressemblance. Or il manquerait quelque chose à cette image et ressemblance si l'homme ne portait en lui-même quelque ombre de cette souveraine indépendance qui est le propre de Ja divinité. Sortie des mains de Dieu, source première de tout bien, il fallait que la nature humaine imitât en quelque manière la libre fécondité de son Auteur. Dieu y pourvut en constituant au profit de l'homme ce fief du libre arbitre, où l'homme produit, par choix, un bien qui lui est propre. C'est la gloire du libre arbitre d'adhérer spontanément au bien et de fuir spontanément le mal. Sans cette spontanéité, récompense et châtiment seraient des mots vides de sens : aussi la loi morale prescritelle le bien sans contraindre la volonté.

Montrer la légitimité de l'institution, c'est déjà répondre à ceux qui en critiqueraient l'abus -^ On n'a pas le droit de reprocher à Dieu les écarts du libre arbitre : ce serait méconnaître la haute pensée qui a présidé à la plus belle de ses œuvres. Une fois posé le principe d'une telle création. Dieu devait, pour ne pas se démentir, enchaîner sa prescience et sa toutepuissance, et accepter les conséquences naturelles de son acte. De fait, Dieu souffre le péché, comme une défaillance inhérente à la condition de la créature libre '* ; mais en le souffrant, il le châtie; d'abord dans le démon, premier auteur de tout mal, puis dans l'homme qui cède aux suggestions du démon.

L'homme n'a pas le droit"' de rejeter sur Dieu, ni sur le dé-

Ex. c. 2.

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mon, oc qui est le fait de sa propi-c faiblesse. Dire pour s'excuser : « Dieu l'a voulu», n'irait à rien moins qu'à ruiner le principe du gouvernement divin. Et comment Dieu voudrait-il des actes qu'il défend sous la menace de châtiments éternels y lly a donc des actes que Dieu ne veut pas et qu'il châtie, comme il y a des actes qu'il veut et qu'il récompense par le don de la vie éternelle. En face de cette volonté divine clairement exprimée, la volonté humaine demeure libre d'embrasser un parti ou l'autre. Son choix lui appartient en propre. Ainsi Adam a-t-il choisi librement. Le démon lui avait présenté la matière du péché, mais n'avait pu l'y contraindre. La tentation n'est donc pas une excuse suffisante. De toutes façons, et quelles que soient les sollicitations venues de l'extérieur, l'homme se détermine par lui-même.

Et pourtant Dieu intervient dans ce choix. Il incline par sa i>Tâce le libre arbitre de l'homme ' ; c'est lui qui attire le pécheur à la pénitence; mais le secours qu'il accorde à la prière humble, il le refuse à la présomption. Tertullien décrit éloquemment^ cette lutte de l'âme, entrée dans la voie de la pénitence, mais sollicitée par l'attrait des plaisirs qu'elle a quittés : Fruits atteints déjà par la corruption, mais gardant encore quelque fraîcheur. Cédera-t-elle pour un temps à cet attrait, en spéculant sur le baptême qui doit solder toutes ses dettes':* Alors elle perd tout droit à l'assistance divine : car Dieu, qui souvent appelle des coupables, ne s'est pas engagé à poursuivre des ingrats. Il faut, en attendant qu'on puisse mériter le titre d'enfant de Dieu, faire son possible pour acquérir ce titre ^. Une vraie pénitence reçoit, avec le baptême, la grâce dont elle a besoin pour persévérer; une pénitence menteuse bâtit sur le sable une maison qui menace ruine. La crainte et l'humilité honorent Dieu; la présomption l'offense et détourne ses dons ''.

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