I.ESPÉnAXCE
meure une disposition nécessaire au baptême '. La foi ne dispense pas des œuvres : celle d'Abraham dut s'aflirmer par des actes héroïques-; celle des chrétiens doit être également pratique et agissante^. Quelques-uns, spéculant sur leur foi, ne se gênent pas pour commettre le péché; mais Dieu ne se gênera pas davantage pour les mettre en enfer '.
L'accomplissement des prophéties, en affermissant la foi des chrétiens, anime leur espérance ^. Sortir au plus tôt de ce monde, esta leurs yeux le sort le plus enviable •*. Ils s'exercent sur terre à une vie céleste ', travaillant, selon le précepte de l'Apùtre (1 Cor. 15, 47-48), à reproduire en eux-mêmes les traits de Jésus-Christ. Ainsi l'espérance des biens à venir les soulève au-dessus des réalités présentes. A ceux qu'attirent encore les vains spectacles du monde, Tertullien propose les spectacles de la foi, les perspectives incomparables de l'espérance chrétienne^ : aujourd'hui la paix avec Dieu, la possession de la vérité, le mépris du siècle, la vraie liberté ; demain'' lavènement triomphant du Seigneur, la joie des anges, la résurrection des saints, le règne des justes, la Jérusalem nouvelle. A vrai dire, ce ne sont encore là que les mirages du millénarisme; mais au delà on découvre le dernier jugement, la confusion des nations, l'embrasement de l'univers, les abîmes de feu dévorant les impies, le triomphe du Christ si longtemps raillé : spectacles grandioses, tels que ni consul ni préteur n'en donnera jamais. Au delà enfin, ces joies du ciel, que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, que le cœur n'a point senties, mais quon atteint par la foi et qu'on goûte par l'espérance.
1. Paen. 6 : Lavacruiii illiid oltsignatio est lidei, quae fuies a paoïiitontiae llde incii)itiirot conimenrlatur. — La confiance de Tertullien dans la vertu de la toi va même juscju'à faire assez bon marché du baptême. Il conseille de le différer, et motive ainsi son avis, fi. 18, fin : Fides intégra secura est de salute.