‹ La théologie de TertullienChapitre 284 sur 455 · Or. 23 ; Cor · texte numérisé non relu

Or. 23 ; Cor

9. V. V. 9; Cor. 3; Es. c. 7. — D'ailleur.s, selon une acception moins relevée, le mot oblalio désigne les dons spontanés des fidèles en \ue du saint sacrifice : 2 Ux. 9; Ex. c. 11 ; Munoy. 10. Le même double sens se retrouve dans le vocabulaire de saint Cvprien, £)/. 12. 2; 15. 1: 34, 1.

11. 2 Ux. 9, et passim. — Relevons la mention de l'autel. Or. 19 : Si et

Ar.APE. 309

Attentif au sacrifice delà croix, il ne s'arrête pas à développer le symbolisme de lautel ' ; néanmoins ce symbolisme paraît impliqué dans quelques développements, notamment dans les allusions au festin eucharistique que renferme le traité contre les Juifs-. Dans son corps et son sang' présents mystiquement, le Christ, prêtre éternel, a laissé à Ihumanilé un gage de la rédemption consommée à la croix '^

3" Agape. — Sur cette institution très discutée '*, le témoignag-e de Tertullien a une importance capitale.

Signalons d'abord une série de textes où le mot agape désigne simplement la charité chrétienne :

Mail. 2 : Qnaejusta siint, caro non aniiltitper cura m Ecclesiae et agapen fratrum. — Or. 28 : Hanc [hostiam] de toto corde devotam, fide pastani, veritate curatam, innocentia integram, castitate mundam, agape ■' coronatam cuin pompa operiim honorum inter psalnios et hymnos deducere ad Dei altare debenius. — B. 9 : Christus..., ciiin de agape docet, aquae calicem pauperi oblatuni inter opéra dilectionis probat.

L'usage chrétien a donné ce nom à des repas communs, où

ad aram Doi steteris; Or. 28 et'^j-. c. 10 : Oratioiioni dinUicere ad altaro: Jej. 16.

1. Voir F. S.Renz, Die Geschichle dcx Mcssopfersbi'ijriffs, t.] (Freising, 1901), p. 209 sq. — Si M. Loofsaflirmp le contraire (R. E., art. Abendmahl, p. 50. (30l, nous ne pouvons nous rexpli<iuerque parla marche régressive de son di-veloppenient : il a conuuenci' par ('tudier saint Cyprien, dont ensuite il retrouve trop l'acilcment la pensée chez Tertullien.

2. J. 1 1 (ou 3 M. 7) : Aller vei-o (liircus), pro delictis oblatus et sacej-dolibus tantum templi in pabuluni datus, secundae repraesentationis argumenta signabat,qua delictis omnibus expiatis sacerdotcs templi spirita. lis, i.c. Ecclesiae, dominicae gratiae quasi visceratione quadam IVurrcntur, jejunantibus ceteris a sainte. — Voir encore 7. 5.

3. Sur la réalité de la pi'ésence eucharistique, voir inC. ;'tj, p. S.Y) sq.

-1. On trouvera une bibliographie abondante dans Dom Leciercq, Dicl. arch., t. 1, 845-S4S. Signalons en particulier : .1. E. Keating, The Agapé (London, 19<Jl): I'. Batiffol, Études d'histoire et de théologie positive, o' éd. Paris 1003 (n'admet i)as l'agape distincte de l'Eucliaristie); F. X. Funk, dans Revue d'histoire ecclésiastique (Louvain), 15 janv. KM")3 (répond à l'édition précédente de yi^' Batiffol); .1. M. Gillis, 'l'he Christian Aç/apè dans Catholic university bulletin (Washington) oct. i0(t3; ^■. Ermoni. U Agape dans l'Éf/lise primitive (Paris, 1904).

5. Nous lisons agape, avec le codex Ambrosianus et les ('dd. — lîeirieischeid cori'ige malheureusement en agapen.

olO THKOLOGIE DK 1 l.nTULI.IEX.

l'on se proposait, entre autres buts pieux, le soulagement des pauvres. Rappelons les t^-randes lignes d'une description qui nous est déjà connue *.

Àp. 39 : Cenulas nostras, praeterquam sceleris infâmes, lit prndif^ns qiinqiie sugfrillatis... Cena nostra de no mi ne rationcni st/i ostendit. Id <>>ocatuv qiiod dilectio pênes Graecos. Qiiantiscumqiie siimptibiis constet, Iiicriun est pietatis nomine facei-e sumptiim, siqiiidem iuapes qnosquc refrigerio isto juçamus... Si honesta est causa convi^di, reliquiim ordineni disciplinae de causa aestimate. Quod sit de religionis afficio, nihil vilitatis, nihil immodestiae admittit. Non prius discumbitur qiiam uratio ad Deum praegustelur . Editur quantum esiirientes capiunt, hibitur quantum pudicis utile est. lia saturantiii- ut qui meminerint etiam per noctem adorandum Deum sibi esse; ita fabulanluv ut qui sciant Dominum audire. Post aqiiam maniialem et lumina, ut quisque de Scripturis sanctis vel de proprio ingenio potest, provocatur in médium Deo canere : hinc probatur quomodo biberit. Aeqiie oratio convi^num dirimit.

L'agape était donc un repas, où Ion mangeait selon son appétit; elle avait lieu à la chute du jour. Sur ce point, le nom de cena, qui désigne un repas du soir, serait décisif, quand même nous ne verrions pas allumer des flambeaux avant la fin de la réunion. Tertullien, qui repousse ici le reproche d'intempérance, a repoussé plus haut - d'autres accusations courantes contre ce repas : accusations d'infanticide et de

1. Voir c. I, J 4, p. 30. — Cette description est souvent conforme, même dans le détail matériel, à celle des canons de saint Ilippolyte (32. 161-35, 185) dans T. u. U. t. 6, p. 105-111. Citons quelques traits : 32, 164 : Si agapo fit vel cena ab aliquo pauperibus paratur xuptaxfi tempore accensus lucernae. praosente episcopo surgat diaconus ad accendendum. 165. Episcopus autem oret super eos. et eum qui invitavit ilios... 167. Missos autem faciat eos, ut separatim rocodant. antequam tenebraeoboriantur. 168. Psalmos recitent antequam recédant... 33, 173. E<lant bibantque ad satietatém. neque vero ad ebrietatem. sed in divina praesentia cum laude Dei. — Voir encore 3-1. 179: 35, 180.

On a cru reti-ouver l'agape jusque dans le N. T. : i Petr. 2, 13 àyciTtai; B A vulg. svr (bodl). sah. aetli: âTràTa-.ç N* A (corr). C I' svr (charkl). arm. al; — Jud. 12.

Page 1