Ap
•2. Dans le dialoguo de saint .Justin (10), Tryphon déclare de liii-niêmo no pas croire à ces calomnies absurdes : Ttepi 2È wv &i tïoXàoi H-^wjvi, oO TîteTTeOTai à|tov' Tiôppw yàp v.v/M^r,-At t^ç àvOptoTrîvr,: çûitew;. — \'oir !)irl. (O'th., article : Arcusalionx contre les ehroliens (Doin Loclercq).
3. Ap. 9. — Autre allusion à ces faits, Scorp. 7. Cf. .Justin, 2 Apol. 12; TaXicn, Disc, aux (ircat, 29; Théophile Ad Autolyc. 3, lo. VoirJIarquardt, Manuel dtis anliquilrs runuiines, trad. fr. t. 12, p. 35(i.
4. 1 .V. 4. — Ce principe i-eparaît dans rApologétique (7), appliqué au christianisme : Cuni odio sui coepif veritas. Siund at(|U(^ apjiaruit, ininiica est.
2(S THlioLOGIE 1)E TKHTILLIEX,
le secret de la haine qu'il suscita, et qui ne fut satisfaite que par sa mort. Ce qu'on lui reprochait comme un crime, n'était pourtant que sagesse. Ainsi les chrétiens sont-ils poursuivis d'une haine Immainement inexplicable. On entend dire : le brave homme ! mais il est chrétien. Ou encore : qu'il est sage! mais le voilà chrétien. Ainsi on loue ce qu'on voit, on condamne ce qu'on ignore ; et nul ne songe à se demander si ces qualités, auxquelles on rend hommage, n'auraient pas précisément leur source dans le christianisme; et l'on ne réfléchit pas au mystère de tant de conversions merveilleuses. Des natures légères, basses, perverses, s'amendent subitement : on s'en étonne, et c'est tout. Parfois, plutôt que de rendre justice à la foi des chrétiens, on entre en lutte avec son propre intérêt. Tel mari veillait sur sa femme avec un soin jaloux : il ne la sut pas plutôt gagnée à l'Evangile, qu'il lui permit tout, aimant mieux voir à son foyer une femme perdue qu'une chrétienne. Tel père, dont le fils était devenu irréprochable en se faisant chrétien, le déshérita pour ce fait. Tel maître avait un esclave d'ailleurs indispensable : il le mit aux fers. On poursuit la profession de christianisme comme un crime. Et pourtant, à y bien regarder, que comporte-t-elle, sinon des vertus? Un chrétien possède cette première sagesse qui empêche d'adorer les œuvres frivoles des hommes. Il possède la probité, qui respecte le bien d'autrui. Il possède la chasteté, qui veille même sur ses yeux. Il possède la charité, qui se penche sur toutes les misères. Il possède la sincérité, par laquelle parfois il se compromet. Il possède la liberté pour laquelle il sait mourir. Voulez- vous distinguer les chrétiens? Vous les reconnaîtrez à ces signes.
Est-ce à dire que parmi eux il ne se rencontre jamais de coupables? '. Assurément non. Mais d'abord les coupables ne sont ni l'universalité ni même le grand nombre. Or la tache d'un membre ne souille pas le corps entier, pas plus qu'une légère nuée n'obscurcit tout le ciel. De plus, ceux qui se laissent aller au vice mentent à leur profession, et sont d'autant moins chrétiens. Vous-mêmes en jugez ainsi, quand vous dites :
VIE DE l'Église. 29
D'où vient qu'un tel est voleur, si les chrétiens sont honnêtes? D'où vient qu'un tel est dur, si les chrétiens sont compatissants ? Tant s'en faut que le nom de chrétien soit une présomption de crime. De même, parmi ceux qui se font appeler philosophes, en trouve-t-on qui déshonorent la philosophie : ceux-là ne sont pas de vrais pliilosophes. Ainsi plusieurs portent le nom de chrétiens qui ne vivent pas en chrétiens : ceuxlà, nous les renions, nous les rejetons de notre société, nous vous les rendons. Allez dans les prisons ^ interrogez les dossiers criminels : parmi tant d'assassins, de voleurs, de débauchés, combien en trouverez-vous qui soient en même temps sig-nalés comme chrétiens? Pas un seul. Ceux qu'on emprisonne pour cause de christianisme sont exempts des crimes de droit commun. Ils sont chrétiens, et rien autre chose; ou, s'ils sont quelque chose de plus, ils ont cessé d'être chrétiens. Celte innocence de mœurs-, qui nous distingue, prend sa source dans la crainte de Dieu. Instruits par ce maître parfait, vivant sous son regard infiniment clairvoyant, nous gardons fidèlement sa loi, non pas à la façon de ceux qui tremblent sous un maître humain et sujet à faillir: car tant vaut la sagesse qui prescrit, tant vaut l'autorité qui exige. La loi chrétienne a une plénitude qui n'appartient à aucune autre loi. Elle ne dit pas seulement : Vous ne tuerez point, mais : vous ne vous mettrez pas en colère. Elle ne défend pas seulement l'adultère, mais jusqu'à un regard passionné ; elle ne règle pas seulement les actes, mais les paroles; elle ne proscrit pas seulement l'injustice, mais encore la vengeance. D'ailleurs celte loi se fait d'autant mieux obéir qu'elle parle d'un Juge à qui rien n'échappe et d'une sanction éternelle. La crainte de Dieu est plus efficace que celle du proconsul.
Le premier précepte de la loi chrétienne •', c'est l'amour de tous les hommes sans exception; amour désintéressé, qui attend de Dieu seul sa récompense ; amour vrai, ([ui défend de vouloir le mal, de le faire, de le dire, même de le penser. Cet