‹ La théologie de TertullienChapitre 29 sur 455 · Voir ci-dessus, p. 5sq · texte numérisé non relu

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3. Marcion n'avait pas osé rctranchoi' di' rKvaii,i:ili' un tc.xti' si important. Mais ])ar une exégèse tortueuse il lui faisait dire le contraire de ce ipril veut dire en réalité. Au lieu d'iMitendre : Spiritus ossa non habei. sicut me videlis [hnbenlem). il entend : Spirilus ossa non hubii. siciit me videlis {non habcnlcm ossa, sicul el spirilus).

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d'une pari l'iiommage rendu par les démons à celle divinité, d'autre part le spectacle de la vertu chrétienne.

L'empire exercé par les chrétiens sur les démons se manifestait dans la délivrance des énergumènes. Tertullien en parle comme d'une chose bien connue ' et, identifiant les démons aux dieux du paganisme, fait ressortir limportance de ce témoignage arraché à Timpuissance et à la haine. Amenez, dit-il aux païens, devant vos tribunaux l'un de ces hommes qu'agite un démon ; à la sommation du premier chrétien venu, le démon se trahira. Amenez maintenant quelqu'un de ceux qu'anime l'un do vos dieux : l'esprit n'osera mentir au chrétien, il confessera qu'il est un démon. De qui nous vient ce pouvoir? Du Christ, dont le seul nom fait trembler les démons. Voilà pourquoi vous les voyez sortir furieux, gémissants, des corps qu'ils possédaient. Vous qui croyez à leurs mensonges, croyez à l'aveu qu'ils font de leur impuissance devant le Christ. Car nul ne ment pour sa propre honte. Déjà ces témoignages de vos dieux ont fait plus d'un chrétien; ils accréditent nos livres sacrés, ils affermissent l'espérance qui s'y fonde. Ces dieux, à qui vous prodiguez les offrandes et même le sang chrétien, attachent trop de prix à vos dons et à vos hommages pour s'en priver volontiers, et s'exposer à être quelque jour exorcisés par vous; mais devant la sommation d'un chrétien, qui veut vous prouver la vérité, il ne leur est pas permis de mentir.

En présentant la vertu morale du christianisme comme une présomption en faveur de sa divinité -, Tertullien avait conscience de heurter des préjugés violents. Non seulement on reprochait aux chrétiens le mystère de leur vie retirée, leur éloignement des affaires publiques, mais des accusations monstrueuses avaient cours sur leurs assemblées : à en croire certains pa'iens, l'infanticide, l'anthropophagie, l'inceste étaient des rites ordinaires de la liturgie chrétienne. L'apologiste

1. Ap. 23 sq; 46; Praescr. 40; Scoi-jj. 2. 4; ô M. 11. — Sur la critique do co témoignage des dénions, on pcuit lii-o : The lileralure of Ihe second centiiry : S/iorl studies in c/irisliau eridences (l.ondon, 1891); lecture 4 : The miracKl'iiix in carhj chrisi.ian lileralure, Ity tiie Ri-v. .1. II. Heninrd. p. 150 sq.

■2. Ap. 7.

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relève ces imputations, et relance l'injure à la face des calomniateurs. On nous accuse, dit-il; et sur quelles preuves? Depuis si longtemps qu'on nous épie, qu'on nous assiège, qu'on nous trahit, qui donc a jamais surpris ces assemblées ténébreuses, dévoilé ces festins de cyclopes et de sirènes? Personne. On nous juge sur des on dit. Les ofi dit ne prouvent rien. Cependant quelle idée vous faites-vous ^ de ces pères et de ces mères, qui livreraient leurs enfants au fer du sacrificateur? Ces choses-là répugnent à la nature -. Je me trompe ^ : on les rencontre chez vous. Pendant longtemps l'Afrique a immolé des enfants à Saturne : offrande bien digne d'un dieu qui, diton. dévora sa propre progéniture. Le Mercure de Gaule et l'Artémis de Tauride réclamaient des victimes humaines. Que dis-je ? Rome elle-même n'a pas encore renoncé à ce genre de sacrifices, et le sang d'un bestiaire coule régulièrement aux fériés latines. Vous avez dressé des autels à tous les vices, et votre Jupiter donne l'exemple de l'inceste. Voilà ce qui se passe chez vous, et vous attaquez les chrétiens !

Non seulement les mœurs connues des chrétiens protestent contre les accusations dont ils sont l'objet, mais elles établissent entre eux et la société païenne une différence profonde, tellement profonde qu'on ne peut l'expliquer sans l'intervention d'un principe surhumain. Telle est la thèse dont Tertullien poursuit la démonstration en mainte page des livres Ad nationes et de l'Apologétique.

De tout temps, dit-il, la vérité fut persécutée sur terre ''. La condamnation de Socrate n'eut pas d'autre cause : ce philosophe, que l'oracle pythique proclamait le plus sage des hommes, eut le courage de nier les dieux païens : voilà tout

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