‹ La théologie de TertullienChapitre 312 sur 455 · Paen · texte numérisé non relu

Paen

342 T]ii;oi.O(;iK j)i; i kiitillien.

Pt'ie. La prière du Fils est sûrement exaucée. Que gagnericzvous à vous cacher ? Si vous réussissez à éviter le regard des hommes, pensez-vous tromper Dieu? Lequel vaut mieux pour vous? Enfermer en vous-même le secret de votre condamnation, ou être absous publiquement?

h'exoniologèse ' décrite par Tertullien ne doit pas être confondue avec ces coulpes hebdomadaires qui, au témoignage de la Didachè, avaient lieu anciennement dans les assemblées dominicales, et dont la nature demeure mal éclaircie^. Encore moins peut-on la confondre avec cette exomologèsc qui apparaît çà et là chez les Pères Apostoliques, et qui pouvait n'avoir que Dieu pour témoin"^. Ici nous sommes en présence d'une institution spéciale : la pénitence solennelle, destinée à préparer la réconciliation des pécheurs. Très semblable à la pénitence qui précède le baptême'', cette seconde pénitence comporte, elle aussi, un aveu préalable et distinct, fait à l'évêque, des fautes qui motivent le recours à lexomologèse. Tertullien, qui mentionne la confession préliminaire au baptême, ne dit rien de cette confession préliminaire à la pénitence publique : mais l'existence d'une telle confession est démontrée par ce fait que

1. Voir la définition générale de Yexomologesis, par Tertullien. Or. 7 : Exomologosis est petitio veniae. qua qui petit veniam delictum confitetur. — Au fond de toute exomologèse, il y a l'aveu d'une faute, et un acte de contrition ; les formes peuvent varier beaucoup. La pénitence de Nabuchodonosor est une exomologèse (Paen. 12); de même celle de Dâ\id(Jej. 9); de même les austérités de Daniel (Jej. 10). L'acceptation généreuse de la souffrance est un gage devrai re])entir. Pal. 15 : Patieutia... exomologesin assignat.

"2. Didachè A, 11 : 'Ev £-/.x).y)(îîaè;o[jLo),oY/;jr, xà TrapaTîTwfAari <7oy, xal où 7:pO(j- £),Ey(î-r, Èitt Trpoffsy/Vjv ao\i èv (jyvE'.oriiTEt Trovïjpa (Cf. Ep. de Barnabe, 19, 12 : 'JîlojJLo/oYV'iff'ifi £7tt àaapTiat; ao-j. Où Tcçoarfyi^ èm TipoavjyriV èv ffuv£iciy)a£t itovYjpà). iJid. 14, 1 : Karà ■/.•jpiaxYjv cï Kuptou ffuvaySÉvTE; -/XàcraTE àp~ov xat vjyjxç\.axr,<jci.iz, 7ipo£Eo[io),oyïiffâjA£vat là ■jîapauxwu.aTa vjxwv, ôuw; y.aSapà yj Ouffîa •jfjiûv xi- — Cette confession n'avait probablement rien de sacramentel. .le crois la reconnaître dans la confession que le prêtre et les ministres font à haute voix au pied de l'autel, avant la messe.

3. Ainsi chez llermas, \'h. 1, 1. 3 : TiOw ià yâvata, xal r,pHâ[Xïiv TcpoffEÛ- /îaôai Tùi Kvipijj) xal £?otxo)oY£î(76ac [xoy xà; âjj.apxia;; ib. 3, 1, 5 : H£t; xà yôvaxa £|w(jio) oYoû(Jiir)v XM Kupiw izâhv xa; àaapxia; [xou w; xat Tcpoxepov. — Cf. Stm- 9, 23, \.

l. Sur les différences notables (jui l'en séparent (caractère public, etc.). voir Gabriel de l'Aubespine, Observaliones -2, 1.

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l'Eglise appliquait un Lraitement différent aux divers péchés et aux divers pénitents. Il fallait éclairer Févèque, ministre du sacrement, sur les considérants de ce jugement auquel le pénitent avait spontanément recours, et le mettre en mesure de diriger avec connaissance de cause la procédure sacrée : d'oîi la nécessité de lui ouvrir la conscience. Dans cette enquête sacerdotale, préliminaire à la pénitence publique, nous saisissons lôriginc de la pénitence privée, destinée à prendre plus tard un si grand développement. Nécessaire pour le discernement des pénitents, cette confession était, de sa nature, secrète; d'ailleurs l'injonction d'une pénitence publique avait, en certains cas, pour effet de porter telles ou telles fautes à la connaissance de la communauté. Les faits scandaleux relatés par saint Irénée en fournissent une preuve péremptoire '. L'exomologèse solennelle obligeait-elle en outre de confesser publiquement les fautes qu'on avait dû dévoilçr à l'évéque ? On n'a aucune raison de l'alfirmer-. Un certain texte de Tertullien ^ a paru quelquefois renfermer la mention d'une confession publique exigée des catéchumènes : nous avons cité plus haut ce texte, mais pour écarter cette opinion, qui nous parait reposer sur une fausse lecture. Or quand même il serait prouvé que la loi de la confession publique existait pour les catéchumènes, ce ne serait pas une raison suflisante détendre cette loi aux fidèles pénitents. Tertullien, qui fait une peinture si forte des angoisses de l'exomologèse, n'aurait pas négligé un trait si propre à son but. On ne trouve pas davantage ce trait dans la peinture qvu; trace, un demi-siècle plus tard, saint Cyprien '', et qui est très conforme à celle de Tertullien. Retenons donc,

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