‹ La théologie de TertullienChapitre 314 sur 455 · Saint Cypvum,lJi; lapsis,'A'j · texte numérisé non relu

Saint Cypvum,lJi; lapsis,'A'j

;}4'j TlIKOLOGIE OU TKUTUI.LIKN.

sans y rien ajouler, les donnéesdu De paenilenlia. Prière, jeûne, liumilialion publique, tels étaient les éléments essentiels de l'exomologèse dans léglise de Carthage, et sans doute, avec des variantes de détail, dans toutes les autres églises.

Après avoir déterminé la nature de cette institution, il faut marquer sa place dans la discipline chrétienne. Quelle fît partie intégrante dune action sacramentelle, le fait paraît incontestable ', d'après le seul témoignage de Tertullien. Nous n'en citerons pas d'autre; mais on pourrait singulièrement fortifier notre démonstration en parcourant toute la tradition chrétienne primitive. Il suffira d'appeler l'attention sur trois idées :

1° Le parallélisme exact qui existe entre le baptême et la seconde pénitence ;

2° L'efficacité propte de celle-ci ;

3° Les déclarations explicites de Tertullien sur les conditions du jugement sacramentel.

1° Le traité de la pénitence comprend deux parties, d"étendue à peu près égale; la première vise, non pas uniquement, mais principalement, les catéchumènes; la seconde vise les chrétiens pécheurs. Tertullien se propose d'amener les premiers, par une série d'épreuves loyalement subies, au seuil du baptême, qui les introduira dans l'Eglise et dans l'amitié de Dieu. Il se propose d'amener les seconds, par une série d'épreuves semblables, au seuil de la seconde pénitence, qui les

1. BI. Lca. — ,4 hlslory of auricitlar confession and indulgences in the latin cliurch (London, 189G, 3 in-8") — , assure que l'Église primitive ne prétendait exercer aucune juridiction au for de la conscience (t. l,c. 2, p. 14), et ne trouve dans sa hiérarchiie aucune prétention au pouvoir des clefs avant Tépoque de Tertullien [ib.c. 7. p. 109 sq.); conséquemment il ne voit dans le sacrement de pénitence qu'un produit de l'ambition sacerdotale. ^Malgré une connaissance étendue de l'antiquité chrétienne, il n'a pas ri'ussi à rendre sa thèse vraisemblable. Nous ne pouvons la discuter ici ; signalons du moins des auteurs protestants qui, par avance, l'avaient abondamment réfutée : Erwin Preuschen, Terlullian's Schriflen de paenilenlia und de pudiciiia, mil Rilcksichl au/' die Bussdisciplin unlersucht (Giessen, 1890) ; Ernst RoliTs, Das Indulgenz-Edicl des rômischen Bischofs Callist : dans T. v.. U. II ("Leipzig, 18ît3). — Depuis lors, cette thèse a été complètement ruinée par 31. l'abbé Vacandard, /?. C. F. années 1898 et 1899. La valeur sacramentelle de la pénitence publique est depuis longtemps reconnue par la jilupart des théologiens catholiques. Voir Suarez, De paenilenlia, d. 21. s. 2, n. 9.

1ȃMTENCE. 345

réintégrera au lieu d'où ils ont eu le malheur de déchoir, et leur rendra exactement ce qu'ils ont perdu ' : Si tibi indulgentia Doinini. accommodât xinde restituas quod amiseras, iterato beneficio gratus esto, nedum ampliato. On ne saurait dire plus clairement que la seconde pénitence refait l'œuvre du baptême, ruinée par le péché. Dès lors qu'on ne songe pas à contester la vertu sacramentelle du baptême, qui justifie l'âme devant Dieu, il est logique d'admettre que la seconde pénitence justifie aussi devant Dieu, et qu'elle est aussi un sacr(>ment. Enfin — la tradition est unanime sur ce point, en Orient jusqu'au temps de saint Jean Chrysostome, et plus longtemps encore en Occident — lexomologèse ne se renouvelait pas plus que le baptême "-.

2° Encore plus décisives sont les considérations par lesquelles Tertullien presse le pécheur en proie a la fausse honte, considérations qu'il résume ainsi : Lequel vaut mieux pour vous : enfermer en vous-même le secret de votre condamnation, ou bien être acquitté au grandjour •'*? Anmelius est damnatum latere

Page 1