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2. Nous avons cité (p. 339, n. 5) les déclarations d'IIernias. H serait su- ])erflu d'accumuler les autorités sur un point aussi clair. Citons Clément d'Alexandrie, .SVrow. -2, 13; Origène, Hom. 15 inLevit., 25; saint Ambroise, De paenifenlia 2, 10; saint Augustin, Ep. 152, 2; 153, 7. — ■ Voir Petau, De paenUentiae velere in Ecclei>ia ralione, ap. Mignc P. G„ 42, 1027 sq; Gabriel de l'Aubespinc, Observalionea 2, 5; Funk, art. Russdisciplin, K. L., t. 2, p. 15(31 S(i ; .M*"" Batiffol, Éludes d'histoire el de Uiéologie positive, p. 177 sq.
3. Paen. 10. — Dans son commentaire de ci> passage (7'. u. r. p. 39. 40), M. RoUïs remarque, après M. Preusclien, que Tertullien ne mentionne pas la sentence d'absolution. C'est vrai, mais il déci'it un jugement, et un jugement n'est pas complet sans la sentence qui le termine. Si donc une réhabilitation extérieure devant l'Église, signe et normalement gage de la réhabilitation intérieure devant Dieu, n'est pas uK-ntionnée expressément, pourtant elle est supposi'i'. — Avec 31. Preuschen, nous pensons que, au début de Paen. 8, Tertullien ne combat pas encore le respect humain, mais s'attache à détruire les objections de l'esprit avant celles de la volonté; qu'il en veut d'ai)ord à la défiance; le respect humain aura son tour. — (pliant à l'absolution épiscopale, qu'on ne trouve ])as ici, elle apparaît Pud. 18.
Ce n'est pas ici le lieu de s"(''tendre sur la torme de la n'concihation, puisque Tertullien n'en jtarle pas. Sur un point pourtant il faut recueillir son témoignage. D'après une théorie assez ri'pandue, hi réconciliation après exomologèse n'aurai tété qu'une absolution a realupoenae,\ç ])émion\, ayant obtenu, dès le début de l'exomologèse, l'absolution a realu culpae,
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quam ptilain ahsoU'i ? On ne saurait opposer que des choses de même ordre : si donc la condamnation dont il s'agit est une condamnation au for intérieur, l'acquittement qu'on lui oppose est aussi un acquittement au for intrrieur. Or, on en conviendra, il ne peut être question, pour le coupa])le, d'enfermer dans le secret de sa conscience une condamnation au for extérieur, qui le mettrait au ban de l'Eglise. Donc c'est bien d'une condamnation au for intérieur que parle Tertullien, donc aussi d'un acquittement au for intérieur, d'un acquittement devant Dieu : telle est l'œuvre du sacrement. Pour quelle pût s'accomplir, il fallait que le pécheur acceptât, à la face de l'Eglise, cette procédure humiliante qui le retranchait, pour un temps, de la communion des fidèles : le rite extérieur de cette procédure symbolisait sa réhabilitation devant Dieu, comme l'ahlu-
\)àv riinposition des mains. Cotte thèse est bien établie pour l'Église grecque et pour les temps postérieurs à Nectaire (Voir déjà Morin. Commentarius hisloricus de disciplina in adminiairatione sacramenti paenifenliae, Anvers, 1082, 1. 6. c. 24, p. 123). Pour l'Église latine, les témoignages ne manquent pas non plus à partir de la fin du iV siècle. (Citons saint Innocent I. Ep. 6, ad Exvperium Toloaanwn, 2; saint Augustin, Ep. 22^3, 8, ad Jlonoraiu /Il ;f-a\nt Léon. Ep. 108, ad Theodorum) ; et nombre de théologiens, depuis Amort, ont affirmé que l'absolution a realuculpae précédait f imposition de la pt'nitence. (Ainsi \\'iseman,iS'w/' les docirines de l'Église ralhoUtjue. conférence 12, sur les Indulgences: ap. Jligne, Démonstrations évangéliques, 15, 1027; R. P. Palmieri, Tractalus de paenitenlia,Romo,l819, Appendix, f, 2). Cette manière de voir se heurte aux textes de Tertullien, et M. l'abbé Yacandard, (jui l'a récemment défendue [Dict. IhéoL, 1, 165, 160; /î. C. E. t. 16, p. 433: t. 21, p. 40), ne dissimule pas cette difficulté. Les pénitents dont parle Tertullien portent encore tout le poids de leurs péchés; leur exomologèse est une probation douloureuse, non un dernier règlement de compte envers la justice divine déjà fléchie. Enlin il prête au pape Calliste ce langage : Ego etmoechiûe et l'ornicalionis delicta paeiiitentia f'unctis dinùllo (Pud. 1). Ce paenitentia funclis est ti-ès clair, et on ne nous parle pas d'une absolution antérieui-e. On pourrait néanmoins insister, et dire que (;e que Tertullien reproclie à Calliste, c'est d'avoir relevé ces pénitents d'une exomologèse «lui devait durer autant que la vie, bien que la faute fût remise. Nous ne croyons pas que les textes SI? plient à cette interprétation, et il semble plus naturel d'admettre sur ce point, comme sur tant d'autres, une évolution de la discipline pénitentielle au cours du ni'' et du iv'' siècle. Peut-être faut-il la faire dater de saint Cj-prien, chez qui on \o\liEp- 18, 1) des lap)si réconciliés /n ej/re//as par le ministère d'un diacre. Une fois posé le principe d'une réconciliation purement extérieure dans les cas urgents où le prêtre ne pouvait pas intervenir et où il fallait abandonner à Dieu la purification de l'àme. on conçoit que l'usage d'une double absolution ait pu s'introduii-e.
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tion baptismale avait symbolisé sa première justification. 3'^ Le De paenitenlia ne précise pas les conditions de la rémission des péchés; le De pudicitia est plus explicite. Il faut puiser avec- précaution à cette dernière source, car tandis que le De paenilenda traduit une pensée orthodoxe, le De pudicitia s'inspire d'un montanismc violent. Toutefois, dans la question présente, le témoignage de Tertullien montaniste n'a que plus de valeur. Car il s'élève contre les prétentions du pontife romain et de lépiscopat en général; les aveux qui lui échapperont sur les prérogatives des évêques ne seront donc pas suspects de partialité. Or on y lit précisément ' : Quod si clementia Dei igtiorantibus adhiic et infidelibus coinpeiit, iitique et paenitenlia ad se clementiam invitât, salva illa paenitentiae specie post fidein, quae aut leviorihus delictis veniam ah episcopo consequi polerit, aut majoribus et irremissibilibus a Deo solo. Ce texte concerne la seconde pénitence, et il reconnaît à lévèque le pouvoir de pardonner, moyennant pénitence, certaines fautes ^, en même temps qu'il réserve d'autres fautes plus graves au jugement de Dieu. Sa valeur historique est irrécusable : Tertullien témoigne ici de l'état de choses qu'il a connu avant sa rupture avec l'Eglise : il a vu fonctionner le tribunal épiscopal pour la rémission des péchés, et le rapprochement qu'il établit entre les sentences de l'évêque et celles de Dieu prouve que l'évêque, tout comme Dieu, prononçait au for intérieur : autrement quelle raison de distinguer deux catégories de péchés? Il réserve les uns au jugement de Dieu, et le montanisme n'est pas pour rien dans cette réserve ■' ; mais il a commencé par déférer les autres au jugement sacramentel, et là on a entendu le théologien orthodoxe. Peu importent les démentis que, dans sa révolte contre la hiérarchie catholique, il se donne à lui-même quelques pages plus bas : nous avons rencontré chez Tertullien le pouvoir des clefs, fonctionnant au