REVENDICATIONS CHRÉTIENNES
D'autres ' pensent an contraire que la profession de christianisme constitua de bonne heure un délit spécial, et que les chrétiens vivaient en fait sous Tempire de lois d'exception.
Ceux qui professent la première opinion rappellent - que depuis longtemps la loi romaine avait armé le magistrat de pénalités très sévères contre les délits de sacrilège, de lèsemajesté •*, d'association illicite '', de magie. ïertullien, très au courant de cette législation, reconnaît que les accusations de sacrilège et de lèse-majesté sont tout le fond de la cause chrétienne; et ces deux points : sacrilège, majesté, forment la division de son Apologétique •'. Ce sont d'ailleurs les mêmes imputations qui reviennent saiis cesse dans les Actes des martyrs. Le sénat s'était toujours montré assez hostile aux religions étrangères ^ : le seul fait d'appartenir à une secte occulte rendait les chrétiens suspects, et les livrait, comme ennemis publics, à toute la rigueur des lois. On ne voit pas ce qui manquait, en fait de sévérité, à ces lois, qui condamnaient le criminel d'Etat aux bêtes, au bûcher, ou pour le moins à la hache '. Si, de plus, on tient compte de la large part
1. P. Allard dans La Conlroversr, 1883 et 1884 ; Histoire des perséculions ", t. 1 (Paris, 1M0:5); R. Q. //., t. 59 (1896); Le christianisme et l'empire romain (Paris, 1897); J. Ranibaud, Le droit criminel dans les Actes des martyrs (Lyon, 1885); Do Rossi, daiis Bullettino d'arch. cristiana (18G7); C. Callewaert dans lievue d'Histoire ecclésiastique, t. 2 (Loiuain, 1901) et dans R. Q. //., t. 74 (1903) p. 28-55; t. 76 (1904) p. 5-28.