Scorp
y. Ib. 3.
(3. Ib. 1.
LE MAHTYI5E. 431
Le martyre est voulu par un Dieu bon ' : donc c'est un bien. Il s'oppose au mal de l'idolâtrie : donc encore c'est un bien. Cela pourrait suffire à son éloge. Cependant l'homme s'insurge contre la douleur, comme un malade contre son médecin. Pourtant le médecin apporte le salut; et le médecin divin, lors même qu'il prescrit la mort, sait la rendre inoffensive. Le martyre est un remède salutaire, quil faut bénir. C'est encore une arène que Dieu ouvre à la vaillance chrétienne-. Pourquoi Dieu n'aurait-il pas le droit de produire ses athlètes, soit pour éprouver leurs forces, soit pour stimuler leur émulation? S'ils meurent en combattant, ils sont assurés du pardon de leurs fautes, et obtiennent ainsi la suprême miséricorde ^. Est-ce là de la cruauté"? Mais l'hérésie veut absolument trouver Dieu homicide ' ; elle prétend même en montrer la preuve dans l'Ecriture (Prov, 9, 2 ^. Or il ne suffit pas de lire l'Ecriture; il faut la comprendre. On accuse Dieu de cruauté, faute de pénétrer ses desseins. Il ne traite pas ses élus autrement que son propre Fils (Zach, 13, 9; cf. Rom. 8, 32; 4, 25). Qui osera lui contester ce droit"? Les cultes païens ont bien leurs victimes humaines : pourquoi Dieu ne pourrait-il pas réclamer des martyrs, comme victimes de choix? En fait, sa volonté à l'égard du martyre est clairement exprimée dans l'Écriture*'. (Ps. 115, 15; Is. 57, 1.) Et depuis l'origine du monde, les amis de Dieu sont persécutés : Abel, les prophètes, les trois enfants de la fournaise, martyrs sans avoir perdu la vie, et celui qui devait sceller la Loi et les