‹ La théologie de TertullienChapitre 387 sur 455 · VII. CONCLUSION · texte numérisé non relu

VII. CONCLUSION

Résumons l'impression de ces luttes pour l'Eglise contre le siècle.

Le magistrat romain, chargé d'appliquer la loi, ne pouvait guère manquer de voir dans les paroles de Tertullien un défi ; et plus l'esprit de la loi l'avait pénétré profondément, plus il devait regarder avec colère le champion de la liberté religieuse. Aux plaintes, parfois énergiques, mais en somme respectueuses et déférentes, des premiers apologistes, Tertullien faisait succéder la sommation hautaine et presque provocante : c'était une nouveauté dans la monarchie des Césars, habitués à ne pas voir discuter leurs ordres ; et V Apologelicuin pourrait bien n'avoir pas été pour rien dans la recrudescence de persécution qui, peu d'années après, inonda l'Afrique de sang^.

Hors des cercles officiels, l'opinion dut être partagée. La coalition des vices, des préjugés et des haines entraînait les esprits étroits et les cœurs vils à une guerre sans merci contre le christianisme. Mais le paganisme libéral ne pouvait man-

1. Scoi-]). 1 : Tuiic Gnostici eruiiii)mit, Unie Valeiitiniani pros('ri)unt, tune omncs martjrioruin rolVagatoi-os obiilliiint, ralentos et ipsi ofTendore, ligero. oeei(l(>i:e. bans ces marlyriorum )T/'irti/alores, il est difficile de no pas rcconnaiti-e lea psychici, vist's Co>\ 1 : l'iane suporest iit otiam niarfyiia leeiisaro mfditentiii- qui i)iophc'tias cjusdom Spiritus Sancti respuerunt.

2. L'(''dit de S«'-vi'ro (Spai-tien, 17), dato de 2(Jf( ou 202. La pei-si-cution (pii suivit fut marqu(''e à Carthage par le luaityic de sainte Perpétue et de ses compagnons; à Alexandrie, par celui do I/'onide, père d'Origène. Voir Clcnient d'Alexandrie, Strom. 2, 2<i, lin. — Paul Allard, Persf-euHons, t. 2, p. 62 S(|.

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Ao/l THÉOLOGIE Di: TRltTlLLIK N.

([lier do sentir la force de cette argumentation victorieuse, et peut-être (|uelques natures élevées y trouvèrent-elles la révélation d'une grandeur morale ignorée.

Pour les fidèles, ce fut sans doute un triomphe intime. Car une voix éloquente portait en haut lieu l'expression de leur foi et de leurs] espérances; leur conscience applaudissait à une justification si éclatante, et ils pardonnaient sans peine à leur avocat des imprudences de langage qui mettaient les adversaires en fâcheuse posture. Peu propre à iléchir les rigueurs du pouvoir, Y Apologeticum l'était éminemment à raffermir le moral de la communauté chrétienne.

Si. comme on peut le croire, la polémique de Tertullien produisit un effet utile, ce dut être surtout à l'intérieur de rÉoflise.

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