Saint Irénée, llncr
8. Saint Justin, D'ial. 80-81. Sur le millénarisnie de saint Justin, voir L. Laguiei- dans/,'. ('. F. t. 30(1901), p. I8-2-103. —Au dire d'Euscbe (//. E. (5, 7) le chronographiî Judas, dans un travail sur les seiiiaines de Daniel, 'pi'il avait conduit jus(|u'à la dixième anni'(; de Sé-vère, annonçait l'ajipal'ition immineiiti' dr l'.Auti'christ.
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sur le règne du Christ et des saints dans Jérusalem, et n'admet pas qu'on puisse voir là une allégorie. Autant d'indices très clairs de létat des esprits : la prédication montaniste tombait dans un sol bien i)réparé.
Aux âmes enfiévrées par lespoir millénariste, divers écrits moraux offraient en outre l'aliment d'un encratisme rigoureux. « Je suis venu abolir les œuvres de la femme », dit le Seigneur dans Véi>angilc selon les Egyptiens '. A Salomé qui lui demande quand on connaîtra les choses touchant lesquelles elle a questionné, il répond : a Quand vous aurez foulé aux pieds le vêtement de honte (= le corps), quand le dehors sera comme le dedans, quand les deux ne feront qu'un, le mâle et la femelle, et qu'il n'y aura plus ni mâle ni femelle. » L'auteur de la //^ démentis a cité le second de ces textes - ; il n'en tire d'ailleurs qu'une énergique exhortation à la chasteté ^. Mais la doctrine renfermée dans l'évangile selon les Égyptiens devait être adoptée dans toute sa rigueur par Tatien et par le valentinien Julius Cassianus, qui proscrivent l'union des sexes ■*. Dans les Acta Thoniae •', de jeunes époux sont invités par le Christ à renoncer au mariage. Le même esprit se retrouve dans les Acta Paiiliet Theciae ^, dans les Acta Pétri cum Simone ' . L'existence d'un courant ascétique très sévère, au deuxième siècle, est donc établie par de nombreuses preuves. Le montanisme, qui arrachait les femmes à leurs maris, abondait dans le sens de cet ascétisme, et par là s'explique une partie de son succès.
1. Voir Clémont d'Alexandrie, Slromat. 3, 6. 9. 13. — Cf. Resch, Ayraplta Aussercanonisctie Evan</elienfraf/mente, dans T. u. f. t. 5, 4 (1889), p. -204 sq: E. Nestlé, Novi TesLamenli graeci sripplemenlinn. p. 72. 73.