VI. DU iMAI{IA(;E
Le même rigorisme, qui réprouvait comme un crime la fuite devant la persécution, devait s'affirmer encore dans le domaine de la morale chrétienne par plus d'une prohibition arbitraire. Tout d'abord se présentent les entraves apportées à la liberté du mariage.
A cet égard, les écrits de Tertullien offraient depuis longtemps plus d'une pierre d'attente à l'édifice montaniste ''. On sait qu'il n'aima jamais les secondes noces : plus tard il en vint à les condamner absolument. Cette prohibition apparaît dans l'Antimarcion; les deux livres intitulés : Exhortation à la chasteté, et de la monogamie la renouvellent et la motivent. Beaucoup de développements leur sont communs. Mais le second est à la fois plus complet comme argumentation et d'un montanisme plus prononcé.
Dès le premier livre de l'Antimarcion, Tertullien a posé en principe que nul ne peut être engagé deux fois en sa vie dans les liens du mariage chrétien^*. 11 ne songe pas, pour le mo-