‹ La théologie de TertullienChapitre 42 sur 455 · Ib. G · texte numérisé non relu

Ib. G

POI.YTHI-ISME.

pour preuve que les éclipses dont ils souffrent. Au demeurant, ces erreurs de physiciens- ne sont pas sans quelque grandeur : ils ont su du moins ne diviniser que des êtres puissants et doués d'empire sur la vie humaine.

2 Les dieux créés par la poésie ' ne méritent pas une longue considération. Ces dieux sortent des rangs de l'humanité, qu'ils déshonoraient par leurs vices. Comment excuser pareil scandale? Platon, mieux avisé, expulsait les poètes de sa république. Vous qui gardez les poètes, vous devez croire à leurs fictions; et si vous y croyez, comment pouvez-vous honorer de tels dieux?

3i Reste Finnombrable armée des dieux populaires -. Chaque nation a les siens, et il faut renoncer à les nommer tous. I/Egypte est descendue jusqu'aux chats, jusqu'aux crocodiles, jusqu'à son Anubis ^. L'honneur du panthéon égyptien est un homme, Sérapis — en qui Tertullien croit reconnaître le patriarche Joseph. Les seuls dieux romains ont été distribués par Varron ' en trois catégories : certi, incerti, electi. Cette classification déplaît à Tertullien : il préfère distinguer communes et pioprii. Les dieux communs sont les dieux de la nature et les dieux du mythe, dont il vient de parler. Parmi les dieux propres, on rencontre des héros divinisés, parfois dassez tristes héros, comme Enée, comme Romulus; à ce pandémonium il ne manque pas même une prostituée', Larentina : voilà les dieux romains en bonne compagnie. Les autres sont d'humbles fonctionnaires ruraux ou domestiques •*, institués par l'imagination populaire : Sterculinus préposé aux engrais^; Faunus qui, dans le délire, rend des oracles: Sanctus le dieu liospi-

Page 1