‹ La théologie de TertullienChapitre 421 sur 455 · Or · texte numérisé non relu

Or

8. Sur les deux points que nous venons île signaler, M. V.Ermoni nous parait avoir fait un peu giande la part du montanisme. {R. Q. II. t. 72

(l!:i02), p. 85 sqi.

478 TIIKOI.OGII-: DE TEIITULLIEN.

des solutions pratiques données aux doutes du chrétien qui navig"ue à travers les écueils du siècle.

Arrivons à une question fort grave, celle de la discipline pénitentielle, où une évolution importante se produisit du vivant de Tertullien.

En écrivant le De pudicitia, Tertullien a voulu stigmatiser l'indulgence de l'église romaine, qui absolvait les fautes de la chair. L'acte qui provoqua son ressentiment fut longtemps attribué au pape Zéphyrin : la découverte des Philosophiimena (1850) l'a fait restituer, avec grande vraisemblance, au pape Calliste (217-222 1. On lit en effet de ce dernier qu'il fut le premier à flatter les passions humaines en promettant à tous la rémission des péchés '. Cette affirmation ne se comprendrait pas si un autre pontife avait prononcé, avant Calliste, les paroles rapportées par Tertullien.

Deux parties, de longueur très inégale : doctrine de la rémission des péchés (1-20); du pouvoir épiscopal 21-22).

11 faut désespérer de la chasteté chrétienne -. Le souverain pontife, évêque des évêques, ose édicterceci : « Je remets,

1. P/iUosophumena, 9, 12 : Toiaûxa 6 yôy;; To),[jLV-,(ja; c-jvs(7tr,<jaT0 oiSaaxa- Xîïov y.atà tî)ç 'Exx),r,(Jtaç oûtcû; ôi8d(?at xal TcpwTo; xà; r|5ovà; toT; àvôpwTroiç (7yY-/wpetv £7t£v6y)7£, XÉywv Ttàaiv utc' a-JToO à^tsaôat «{tapTiaç. — Comparer Tertullien, Pud. 1: Ponlifex se. maximus,quod est episcopus episcoporwiii, edicit : Ego et moechias et fornicutionU delicta paenitenlia funciis dimillo. — L'opinion qui reconnaît ici Calliste, a été mise en avant par de Kossi (BuUettino de arch. crist. 18G6, p. 26); Harnack l'a fait triompher (Zeilsc/ir. fur Kirchengeschic/ile, 2 ( 1(S78) p. 582). Elle est aujourd'hui admise presque universellement. Voir B. Jungmann, Dissertationes selectae in hislurlam ecclesiasticam, 1 (1880), p 201; Funk, Tiib. Theol. Quarlalschrifl, 1881, p. 268; Bonwetsch, Gcschichte des Montanismus (1881), p. 42: Xocldechen, dans T. n. U. 5, 2 (1888), p. 132; Preuschen, TertuUiaa's Schriflen de paenitenlia itnd de pudicitia mit Riicksicht auf die Bussdiscipiin untersucht (Giessen, 1890); Rolffs, Das Indulgea>Edict des rom. Bischofs Callisl, Kritisch untersucht und reconstruiert : T. u. U. 11, 3 (1893), p. 8. 9; Balilîbl, Études d'histoire cl de théologie positive, p. 89.

Nous avons écarté plus liaut (c. V. ;" 2, p. 217, n. 3) l'opinion qui voit dans ce même pontife un primat de Carthai-e.

Page 1