INTRODUCTION. IX
Ji. — Cor. 6 cite un écrit sur les spectacles, en grec. — Scorj). 5 cite 3 .]/. — Idol. 13 cite Sp. — Prax. 2 cite Prdi'srr. — Jej . 1 cite Monog.
Indépendamment des citations expresses, on peut signaler bon nombre d'autres cas où Tordre de succession des divers traités n'est pas douteux. Ainsi :
1 X. 10. 15; 2 N. 13 annoncent l'Apologétique. — Ap. 38 précède Sj). — Praescr. 45 précède les traités contre les hérésies particulières — Pat. 13 précède Fug. et Pud. — Paen. précède Pud. — l C. /'. précède Or. 22. — Or. 22 précède V. v. — l Ux. 3 précède Fug. —
1 Ux. 7 précède Ex. c. et Monog. — Herm. 10 précède et annonce
2 M. 5-10. — Herm. IG précède et annonce 2 .1/. 14. — Cor. 1 annonce Scorp. — Cor. précède IdoL lU et Fug. — etc.
2. Les dates précises et les all-usions distinctes à l'histoire contemporaine n'abondent pas sous la plume de Tertullien. Voici pourtant des exemples fort notables :
1 .V. 17 : Adhuc Syriae cndaverum odoribus spirant, adhuc Galliac lihodano suo non lavant. — Allusion à l'écrasement des rivaux de Septime Sévère, Pescennius Niger et Albinus. La bataille de Lyon, (jui ensanglanta le Rhône, est du 19 fév. 197.
An. 55 : Perpétua fortissima martyr K.uh die passionis in revelalione pmradisi .sofos illic commartyres suos vidit. — Allusion au niartj're de sainte Perpétue (7 mars 203).
3 M. 24 : Proxime expunctum est orienlali expeditione. Constat cnim ethnicis quor/ue testiJjus in Judaea per dies XL matutinia momenti.H rivilale»! de caelo pe pend inné. — Souvenir de l'expédition de Sévère en Oi-icnt, 197-198.
1 .1/. 15 : .4/ nunc quale est ut Doininus a XII Tihcrii Caesaria revelatus ait, substantia vero ad XV Jam Severi imperatoria nulla omnino comperta sit. — La quinzième année de Sévère répond à l'année 207-8 ap. J.-C. Ce texte date FAntiuiarcion, du moins quant au l'"" livre de la 3'' édition, la seule qui nous ait été conservée.
Pal. 2 : Qiiantumurbium aul produ.ril aut au.ril aiil reddidilpraesentis imperii triplex virtus, Deo lot Auguslis in unum favente. — .\llusion au règne simultané de trois Augustes : Septime Sévère et
X Tiii:()LOf;ii; dk tertui.lien.
SCS fils, ( 'aracalla et Gcta. Les points (>xtrômes de cotto ])éi"io(l(; sont marqués par l'association de Géta à l'empire (209) et la moi-t de Sévère (14 fév. 211).
Scap. 4 : Ipse e.liaia Scvcriis, palrr Anionini, C/irlsIiaiKirni/i momor fuit. — Pour que TertuUien parle en ces termes d"Antonin (Caracalla), il faut que Caracallu règne seul. Donc la lettre ad Scapnlam est postérieure non seulement à la mort de Sévère (14 fév. 211), mais à celle de Géta (fév. 212). Un autre texte du même ouvrage })ermet de préciser encore. Scap. 3 : Sol ille in convpntii Ulicensi fxtincto paene lumùie adeo portentum fuit. 11 est question ici d'une éclipse de soleil, que les calculs des astronomes allemands ont permis de rapporter à la matinée du 14 août 212. On sait par ailleurs que le proconsulat de Tertullus Scapula en Afrique dura de 211 à 213. Donc TertuUien dut écrire sa lettre dans les derniers mois de 212.
Monog. 3 : Cur non jtotuerit /josi Aposlolos idem Spi]'ilus supervenlens... supremam Jam carni fiùidam imponere, jam non oblique a iiiijtliis avocans, sed exerte, cum magis nunc iempus in collecta faclum >-ii, annis circiter CLX exinde productiti? — TertuUien a conscience d'écrire environ 160 ans après la 1''' épître de saint Paul aux Corintliiens, ce qui permet de fixer aux environs de l'année 217 la composition du traité de monogamid .
Pud. 1 : Ponlifer .st. maxinius, quod esl episcopiis episroponnn, pilicit : Ego f^l iiioechiae et fornicalionis delicta paenitcntia fimctis dimillo. Nous aurons occasion de dire comment la découverte des Philosophumcna a permis de reconnaître le pape Calliste (217-222) dans l'adversaire visé ici par TertuUien. Le De pudiriHa est donc un de ses derniers ouvrages, et cette apparition tardive répond parfaitement à la violence de l'inspiration montauiste.
Ces exemples montrent qu'il n'est pas impossible de relever dans TertuUien des traits d'histoire, et de s'en servir pour éclairer la chronologie de son œuvre.
3. Le troisième critérium, fourni par le montanisme, doit être appliqué avec précaution, car les écrits de la première époque ne sont pas toujours exempts d'illuminisme ou de rigorisme, et ceux de la dernière présentent parfois une
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doctrine orthodoxe. Mais employé subsidiairement, il apporte aux résultats à peu près acquis d'ailleurs une utile confirmation. Saint Jérôme nous dit ^ qu'après avoir donné dans les erreurs de Montan, Tertullien fit fréquemment allusion dans ses livres à la nouvelle prophétie, et il désigne comme spécialement dirigés contre l'Eglise les traités suivants : De pudicitia^ De persecutioiie. De jejiiniis,De niojiogamia, De ecstasi libri VII. Parmi ces cinq traités, les quatre premiers nous restent, et ils fournissent une caractéristique fort précise du montanisme de Tertullien. Nous ne nous arrêterons pas à prouver ici qu'ils diffèrent profondément de ses traités orthodoxes : cela ressortira surabondamment de notre dernier chapitre. Il nous suffit d'avoir indiqué provisoirement où il faut chercher la marque propre du montanisme. Après avoir reconnu où aboutit l'auteur, on sera mieux préparé à jalonner la marche de son esprit.
On conçoit que l'emploi simultané de ces divers critères puisse dans bien des cas permettre de rétablir la série chronologique des écrits de Tertullien. C'est ce qu'a fait en particulier M. Noeldechen, avec une science historique et philologique très étendue, et avec une ingéniosité qu'on a le droit de trouver parfois excessive, tant elle attache de prix aux moindres indices. M. lionceaux a repris les conclusions de M. Noeldechen, et y a apporté des modifications qui nous paraissent très heureuses. Une longue familiarité avec l'œuvre de Tertullien nous a permis de mettre à l'épreuve la chronologie de M. Monceaux : nous la lui empruntons avec beaucoup de confiance, en nous permettant une seule retouche, que nous croyons