‹ La théologie de TertullienChapitre 65 sur 455 · IV. LA TRINITE · texte numérisé non relu

IV. LA TRINITE

A l'extrême opposé des fantaisies valentiniennes et de cette bizarre efïlorescence d'Kons, se place Praxéas, qui insista sur l'unité divine au point de détruire la Trinité. Comme son contemporain Noet de Smyrne, Praxéas réduisait la distinction des personnes à une question de modalité. A Rome, où il fit école, il dut se heurter à renseignement de saint Ilippolyte, le docteur romain de la Trinité. Néanmoins il paraît avoir exercé quelque influence, probablement grâce à l'auréole que

1. 2 .1/. 11 : Xiliil acmulum inali non bonum, sicut et boniaemuliiin nihil non niaium. Igitiir quanto nialuni injiistitia, tanto bonuiu jiistitia. Xec spt'cios solinnniodo, sed tutela roputanda bonitatis; quia bonitas, nisi justitia rogatur ut justa sit, non erit bonitas si injusta sit. Niliilcnim bonum quod injustuni ; bonum autcm onino quodjustum. — Saint Irénéo avait dt'jà (^xprinu} cotti' pcnsre sous uno l'orme plus clairo (Ilaer. 3. 2u. 2).

i. i M. 7 : Si eniiu srnicl homini permisi'rat ai-liitrii libortatom et potestatem, et digne permiserat. sicut ostendimus, utiquo fruendas eas ex ipsa institutionis auctoritate permiserat..., igitur consequens erat uti Deus secederet a libertate seniel concessa homini, id est contincret in scmetipso et praescientiam et praepotentiam suam, per quas intercessisse potuisset quominus homo, maie libertate sua IVui adgressus, in periculum laberetur. Si enim intercessisset, rescidisset ai'bitrii libertateni, quam ratione (4 boiiilati' permiserat.

08 riii:oi.()(;ii; m: tkutullien.

lui avait acquise une courte confession, peut-être aussi pour avoir ouvert les yeux du pape saint Zéphyrin sur les excentricités des prophètes montanistes, qu'il avait vus à lœuvre en Asie. Ce dernier tort est celui que Tertullien lui pardonne le moins. Praxéas, dit-il', accomplit à Rome deux œuvres diaboliques : l'expulsion de la prophétie et 1 introduction de Tliérésie; il mit en fuite le Paraclet et crucifia le Père. D'ailleurs, avec le temps, Praxéas s'était amendé : même il avait signé une rétractation, qui demeurait entre les mains des Psychici (catholiques). Cependant le ferment antitrinitaire n'avait pas disparu de l'Eglise, où il devait produire un peu plus tard riiérésie de Sabellius. Tertullien, déjà montaniste, servit la cause de l'orthodoxie par un vigoureux écrit en faveur de la l'rinité -.

11 constate, en débutant, que les artifices du diable sont variés. Voici en effet une hérésie qui s'introduit sous couleur de monothéisme. On veut que le Père lui-même se soit incarné dans le sein de la Vierge, qu'il soit né, qu'il ait souffert, que le Père soit Jésus-Christ. La tradition chrétienne •'', au contraire, sans abandonner l'unité de Dieu maintient l'économie [dispensatio, œconomia de la Trinité. Elle reconnaît un Fils de Dieu unique : c'est son Verbe, procédant de lui, par qui tout a été fait Joan. 1,3. envoyé par le Père dans le sein de

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