‹ La Théologie dogmatiqueChapitre 4 sur 88 · RAPPORT ESSENTIEL ET GÉNÉRAL DU MONDE AVEC DIEU · texte numérisé non relu

RAPPORT ESSENTIEL ET GÉNÉRAL DU MONDE AVEC DIEU

que les questions qui s'y rattachent sont en grande partie élucidées dans la théodicée, soit parce qu'elles reviennent dans l'étude des principales espèces de créatures. Les théologiens modernes, au contraire, traitent presque toujours en détail ou reprennent à cette place les diverses questions concernant l'opération de Dieu du côté de son principe, la diflérence essentielle de Dieu et du monde, les idées divines, la liberté de l'acte créateur, etc. Comme nous les avons déjà parcourues dans la théodicée, nous envisagerons ici les œuvres extra-divines en faisant surtout ressortir la dépendance universelle et complète du monde à l'égard de Dieu, leur principe et leur fin, ainsi que l'a fait le concile du Vatican, au canon de sa constitution sur la foi catholique *. Nous le devons d'autant mieux que, comme nous l'avons remarqué, ce rapport de dépendance est principalement nié ou obscurci de nos jours par les artisans de l'erreur.

3. — L'ensemble des œuvres extra-divines est presque toujours exprimé dans l'Ecriture sainte tantôt par le terme abstrait de rà TràvTa, tantôt par ces termes plus expressifs « le ciel, la terre et leur parure » (Gen., ii, 1), mais surtout par celui de royaume de Dieu, et les êtres qui sont au ciel et sur la terre par celui « d'armée de Dieu. » Les choses extradivines comprennent aussi l'ensemble des êtres temporels, qui, au lieu de passer avec le temps, le constituent et le mesurent, qui ont par conséquent une durée temporaire, et sont appelées aoulam ou aoulamim, aîwv aiwveo sœculum ou sœcida.

Quelquefois on insiste exclusivement sur leur durée, chéled (Ps.y XLix, 2, 4) ou, réciproquement, sur leur caractère passager et transitoire, chédel (Is., xxxviii, 11).

Le nouveau Testament emploie le terme grec de xoajjioç, qui indique, dans son acception originelle, que le monde est une œuvre d'art émanée de Dieu; mais il se rapporte souvent au monde actuel tel que Ta fait le péché originel, monde par conséquent non-seulement distinct de Dieu, mais contradictoire à l'idée divine, où doit se manifester la vertu puissante de la miséricorde et la force victorieuse de la justice divine. u QT

^ Voy. ci-dessus, Uvre II, n. 97 et suiv. > S J C

4. — Le rapport général des êtres à Dieu, leur principe et leur terme, peut se réduire aux points suivants : I Les êtres dépendent de Dieu comme principe de leur origine, de leur durée et de leur opération ; II Ils dépendent de Dieu comme de leur terme final, en tant qu'il les conduit et les dirige vers leur fin dernière; III Les propriétés universelles des êtres tant en général qu'en particulier, en tant qu'elles réalisent les idées divines, qu'elles représentent et manifestent Dieu comme leur idéal, correspondent à celte double relation.

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