DO BAPTÊME DES EMBRYONS
o'est pas certain que le baptême donné sur l'enveloppe soit valide, puisque l'eau n'a pu toucher immédiatement le corps du fœtus : il n'est pas non plus certain que le baptême soit nul, parce qu'on peut ici regarder en quelque sorte les membranes fœtales, comme faisant une espèce de tout apparent et temporaire avec le fœtus, quoique dans la réalité cela ne soit pas.
On ne doit jamais jeter ce que rend une femme que l'on suppose éprouver un avortement, sans l'avoir examiné avec attention, et sans s'être assuré que les caillots de >ang, ou toute autre matière solide ne renferment pas un embryon déjà dégagé de son enveloppe, mais plus souvent encore sous la forme d'une membrane blanchàlre,ovoïde, molle et élastique, comme une membrane intestinale. Ces caractères distingueront toujours l'œuf ou l'enveloppe fœtale de ce qu'on appelle faux germe ou môle, qui est une masse de chair informe, etc.
On aura soin encore d'ouvrir les môles, afin de s'assurer si elles ne renferment pas quelque embryon. Ainsi donc, nous le répétons, que l'on se garde bien de jeter trop précipitamment dans les réceptacles d'immondices, ce que rendent les femmes qui avortent ; rappelez-vous ce que dit à ce sujet Roncaglia : Quot foetus abortivos ex ignorantîâ obstetricum et matrum excipit latraw, quarum anima s > baptismate nonfraudaretur, Deum in ceternurn videret, et corpus licèt informe esset décent iùs tumulandum ! sed quibus potissimùm sub gravi culpà compatit tune expellere ignorantiam? nonne parochi*?
C'est aux curés à instruire suffisamment les sagesfemmes sur ce point, et à rappeler aux accoucheurs, selon l'occasion, ce que peut-être quelques-uns ont aujourd'hui trop oublié dans la pratique. « Pendant mes études en médecine, dit M. le docteur Rosiau, un professeur d'accouchements nous apporta un jour
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dans son amphithéâtre, un fœtus de quatre mois et demi, encore enveloppé dans ses membranes, et qu'il avait reçu la veille. Je me permis de lui faire observer qu'on aurait dû le baptiser, après l'avoir dégagé de son enveloppe. Il me répondit que, ne croyant pas à la régénération de l'espèce humaine dans les eaux du baptême, il ne le donnait que lorsque les parents l'exigeaient. Si l'on rencontre tant de négligence chez les hommes de l'art, on doit encore attendre moins de zèle, de personnes qui n'ont aucune connaissance en médecine. Aussi les garde-malades et les domestiques jettent sans examen les caillots de sang, parmi lesquels il peut se trouver un embryon susceptible de recevoir le baptême. »
[Ajoutons que tous les maîtres actuels ne traitent pas aussi légèrement les convictions religieuses. L'auteur de l'article Embryotomie (Dict. de méd. prat.) n'hésite pas à dire que, quand le médecin croit devoir pratiquer la mutilation du fœtus, c'est un devoir pour lui de lever les scrupules religieux qui peuvent faire refuser l'embryotomie, en pratiquant le baptême intra uterum, en injectant de l'eau sur la tête de l'enfant, au moyen d'une sonde et d'une seringue. Soigneusement effectuée, cette opération semble en effet capable de satisiaire aux prescriptions sacramentelles. ]
Tout ce que nous avons dit jusqu'à présent du baptême des avortons est fondé sur les textes suivants, extraits de la Grande Embryologie sacrée de Cangiamila :
« Un fœtus de quelques jours d'existence doit être baptisé sous la condition : Si tu es capax, êgo te baptiso, etc., quoiqu'il soit enveloppé dans sa membrane, pour ne pas perdre de temps.en l'exposant au péril de mourir dès qu'il serait exposé à l'air. Cette condition, si es capax, regarde autant le doute où l'on peut être s'il vit, que le doute qui peut naître de la validité du baptême, à cause de la membrane dont il est enveloppé. Après cette première opération, il faut ouvrir
PARALLÈLE ENTRE LA CÉI'llALOTRIPSIE. L7S
la membrane et le baptiser une seconde fois sous cette double condition : Si es capax, et si non es baptizatt<s,, etc.; si lu es capable de recevoir le baptême, et si tu n'espas baptisé, etc. Il faut se conduire ainsi, soit qu'on remarque en lui ou non quelque mouvement, pourvu, comme on l'a déjà dit ci-dessus, qu'on n'ait pas la preuve évidente qu'il n'a plus de vie.
« On baptise ces sortes d'avortons par immersion dans l'eau ' mise sur une assiette ou dans un verre. Un prêtre ne doit avoir aucune crainte d'encourir l'irrégularité, parce qu'il pourrait avancer la mort d'un embryon ainsi dépouillé de cette membrane. L'embryon qui est dans le sein de la mère y nage dans une certaine liqueur dont la première membrane est remplie, sans avoir besoin de respirer. Il ne sera donc pas suffoqué précisément parce qu'on le plongera dans un peu d'eau ».
§ t). — PARALLÈLE ENTRE LA CÉPHALOTRIPSIE ET L'OPÉRATION CÉSARIENNE.
[Je ne saurais mieux faire que d'emprunter ici à la thèse de mon savant collègue le docteur Guéniot (Th. d'agrégation 1866) l'exposé de la question et les solutions qu'elle comporte :
Une femme s'épuise en vain dans le travail de l'enfantement; sa conformation est à un tel degré vicieuse, que l'expulsion du fœtus par les voies naturel^ est absolument impossible. Vainement l'art intervient par des moyens de douceur, son action est aussi impuissante que les efforts de la nature, et les deux individus (la mère et l'enfant) sont menacés d'une mort prochaine. Que reste-t-il à faire? — Deux ressources principales s'offrent alors au médecin :
' Sans doute que l'eau doit être ce qu'on appelle déf/ourdie.
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l'opération césarienne ou la céphalotripsie ; c'est-àdire, pratiquer à travers la paroi abdominale, au péril de la mère, une voie artificielle à l'enfant; ou bien sacrifier l'enfant en le broyant, pour en diminuer le volume et l'extraire ensuite par les voies naturelles.
La céphalotripsie employée sur l'enfant mort est une opération que personne ne condamne et qui suffit le plus souvent à délivrer la mère. La céphalotripsie appliquée à l'enfant vivant, ne peut et ne doit être considérée que comme une opération de désespoir, dont il importe de restreindre de plus en plus l'emploi.
En présence des progrès qu'a réalisés la chirurgie, l'opération césarienne doit être regardée comme infiniment moins dangereuse pour la mère qu'elle ne l'était autrefois. Les succès obtenus dans l'opération de l'ovariotomie, dans l'ablation des corps fibreux, dans l'extirpation de la matrice elle-même, d'autre part l'amélioration des procédés mis en œuvre dans l'exécution de l'opération césarienne et des pansements consécutifs, toutes ces considérations doivent porter à employer l'opération césarienne de préférence à la céphalotripsie. L'opération césarienne en effet, sauve souvent la vie de l'enfant mais compromet souvent celle de la mère ; d'autre part, la mutilation du fœtus sacrifie toujours ce dernier et ne met pas moins la mère dans le plus grand danger.
Si l'on veut quelques chiffres, voici les statistiques qu'invoque Gapellmann sur ce sujet :
L'opération césarienne sur 100 femmes opérées en a sauvé 38 (Kayser), 46 (Michaelis), 57 (Hermann), 60 (Judes-Lacomb), 69 (Villeneuve); soit en moyenne 54 p. 100. Garimond fait observer que ces chiffres s'élèvent de plus en plus, à mesure que les progrès de la chirurgie rendent l'opération plus heureuse, ce qui est absolument exact. Par contre, cette même opéra-