CHAPITRE II
Prenves de la survie des fœtus. — Réfutation des assertions de SI. le professeur Velpeau, tendant à in lit ni,- r la doetrine de Cangiamila, relativement à l'opération eésarienne et au baptême du fa'tus après la mort de la mère. — Signes de la mort réelle et apparente. — Signes de la mort imminente. — Opération césarienne sur une femme morte. — Opération sur une femme vivante. — Obstacles à la parturàtion du'côté de la mère. — Obstacles du côté du fœtus. — Des grandes opérations chirurgicales. — Asphyxie et apoplexie des nouveau-nés. — Baptême des monstres.
§ 1er. — PREUVE DE LA SURVIE DU FOETUS A LA MORT DE LA MÈRE.
L'opération césarienne, ou l'excision du fœtus du sein de sa mère, est prescrite par les lois civiles, pour
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les femmes qui meurent enceintes : elle est surtout indispensable, dans Tordre civil, lorsque la mort arrive après le sixième mois, parce qu'alors l'enfant peut être viable. Cabanis rapporte que « Fortunio Liceti, savant recommandable du xvie siècle, vint au monde à l'âge de cinq mois, et que Brouzet, dans son Education physique des enfants, cite deux ou trois faits à peu près semblables et non moins étonnants. » [Quoiqu'il en soit de ces faits, les législateurs sacrés ordonnent de pratiquer l'opération à toutes les époques de la gestation, afin de pouvoir conférer le baptême à l'embryon, ou au fœtus non évidemment mort. Si la femme enceinte meurt, dit le Rituel romain, il faut au plus tôt V ouvrir pour en retirer le fœtus.
Quoique, pour l'ordinaire, le fœtus survive peu de temps à la mère, mille faits pourtant prouvent qu'il peut lui survivre, non seulement pendant quelques heures, mais durant des jours entiers. Il ne faut donc jamais manquer de faire l'opération, quelque temps qu'il se soit écoulé depuis la mort d'une femme enceinte, fût-elle même déjà inhumée, ou quelque opposition qu'on rencontre à agir ainsi, parce qu'on ne peut jamais être parfaitement sûr de la mort du fœtus, bien que sous ce rapport l'auscultation ait notablement amélioré nos méthodes d'investigation. On voit d'après cela, combien est dangereuse l'opinion de Sanchez, de Rodericus à Castro et de Varendé, qui croyaient que l'enfant ne pouvait survivre un instant à sa mère; et celle encore de Possevin et Rainaud, qui soutenaient qu'un enfant ne survivait pas plus d'une heure à sa mère. Toutes ces opinions sont suffisamment réfutées par l'expérience et la physiologie. Voici donc des faits qui renversent toutes ces vaines et dangereuses théories.
« Au mois de juillet 1732, une femme enceinte étant morte, deux médecins et deux sages-femmes qui se rencontrèrent auprès d'elle, assurèrent qu'il était inu-