‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 37 sur 99 · PREUVE I>F LA SURVIE DU FOETUS · texte numérisé non relu

PREUVE I>F LA SURVIE DU FOETUS

tilf de faire l'incision, parce qu'ils ne trouvaient ni chaleur dans la région du bas-ventre ni aucun mouvement de la part du fœtus, ni aucun signe apparent de vie dans l'enfant. Le chirurgien survint et se récria contre le précédent jugement, et l'incision fut faite environ quinze heures après la mort de la mère. L'enfant fut ôté vivant, fut baptisé et mourut quatre heures après.

>< En 1736 une pauvre femme mourut : la sagefemme et le médecin, homme très habile, assuraient que l'enfant était mort deux jours avant la mère; le curé, loin de s'en rapporter à leur parole, fit ouvrir la femme, et on trouva une fille vivante qu'il baptisa ; elle survécut l'espace d'un quart d'heure.

« Un autre curé, ayant lu ce fait, força le chirurgien qui s'y refusait, croyant que l'enfant était mort, à ouvrir une autre femmme enceinte; l'enfant fut aussi trouvé vivant, et il reçut le baptême. » (Cangïamila traduit par Dinouart.)

« Tout Paris, dit le célèbre Gardien, sait que la malheureuse princesse Pauline de Schwarzemberg périt des suites d'une brûlure survenue dans une fête donnée chez l'ambassadeur d'Autriche, son beau-frère; elle était enceinte, et l'enfant fut trouvé vivant, quoiqu'elle n'eût été ouverte que le lendemain de l'accident. »

Voici un fait très important que l'on nous communique au moment même où nous préparons cette quatrième édition :

« On lisait il y a quelque temps, dans la chambre d'un directeur de séminaire, un de vos ouvrages où il était question de la conduite à tenir à l'égard des femmes qui meurent dans l'état de grossesse. Ce jour-là même, il venait de mourir une femme enceinte que l'on se disposait déjà à enterrer avec son fruit. Un ecclésiastique présent à la lecture de votre livre voulut immédiatement faire mettre en pratique ce qu'il venait

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d'y apprendre ; mais l'ouverture du cadavre ne put être faite que le lendemain, et encore on eut de la peine à l'obtenir d'un homme de l'art, qui prétendait que l'enfant était infailliblement mort avec sa mère, déjà décédée depuis environ vingt-quatre heures. Mais, ô Providence admirable! l'enfant a été trouvé vivant, a reçu le baptême et a vécu quelques heures. » Cet événement, qui a fait beaucoup de bruit dans le pays, est de nature à faire une vive impression sur l'esprit des médecins, qui prétendent que l'enfant meurt toujours avec sa mère, ou du moins, comme dit M. le professeur Velpeau, « qu'il ne peut pas continuer de vivre au delà de quelques quarts d'heure ou même de quelques minutes, » ainsi que nous le verrons ci-après.

[M. le docteur Bailly, dans son article Fœtus du Dict. de mèd. prat. établit magistralement que la durée pendant laquelle le fœtus peut survivre à sa mère est inversement proportionnelle à l'âge du fœtus. Sans pouvoir fixer de chiffres bien précis à ce sujet, on sait cependant qu'arrivé au terme de la grossesse, le fœtus ne survit guère qu'une demi heure à la mort de sa mère ; il peut au contraire lui survivre de plusieurs heures, vers le milieu de la grossesse.]

Nous devons convenir que des faits de longue survie ne sont pas communs ; mais quand ils seraient mille fois plus rares encore, et même n'y en eût-il jamais eu qu'un seul cas, cela devrait suffire aux yeux des médecins chrétiens, pour admettre et consacrer le principe d'ouvrir toutes les femmes enceintes, quel que soit le laps de temps écoulé depuis leur décès.

Il serait inutile de multiplier davantage les citations; on rapporterait mille autres faits de longue survie de l'enfant, et cela se conçoit quand on se rappelle ce que la physiologie nous apprend sur la vie du fœtus dans le sein de sa mère.

La vie utérine du fœtus n'est pas immédiatement dépendante de la vie de la mère ; il a une vie et une

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