‹ La théologie morale et les sciences médicalesChapitre 38 sur 99 · PREUVE DE LA SURVIE DU FŒTUS · texte numérisé non relu

PREUVE DE LA SURVIE DU FŒTUS

circulation qui lui sont propres et qui s'exécutent sans respiration, puisque le fœtus ne respire point comme sa mûre. Le lien de communication vitale et nutritive est le placenta, qui paraît être l'organe où s'élabore l'aliment du fœtus, ou, si l'on veut, c'est l'organe qui lui sert de poumon pour purifier et oxygéner le sang qui lui est destiné. Le placenta est donc un organe de nutrition ou plutôt d'alimentation ou d'oxygénation. Si la circulation du fœtus est indépendante de la circulation de la mère, il s'ensuit que, la mère étant morte, la circulation fœtale peut encore subsister quelque temps. Elle a lieu du placenta au fœtus et de celui-ci au placenta, et elle pourra durer tant que le placenta en fournira les matériaux, qu'il tient de la mère. D'après ce qui précède, il est inutile de faire observer combien serait illusoire la précaution de mettre entre les dents de la femme, à l'instant de sa mort, un tube de roseau ouvert par les deux bouts, ou tout simplement une cuiller selon l'usage actuel. Cette pratique a été prescrite autrefois par le synode de Cologne en 1528 et celui de Cambrai tenu en 1550.

Dès qu'un enfant a commencé à respirer, sa circulation subit un grand changement; elle devient pulmonaire, et par conséquent elle est bien différente de celle du fœtus. Mais ce changement ne s'opère pas subitement après la naissance, parce que le trou de Botal, ne s'oblitérant pas instantanément, peut laisser passer encore une certaine quantité de sang, comme dans le fœtus. C'est pourquoi les enfants nouveau-nés meurent plus difficilement que les adultes par la suffocation.

« Bohn, dit Fodéré, atteste qu'on a trouvé encore vivants des nouveaux-nés enveloppés de leurs membranes et renfermés dans une boîte. Sabatier, dans le tome deuxième de son Traité d'Analomie, affirme qu'on a vu des nouveau-nés vivre longtemps, quoiqu'on les empêchât de respirer. Quant à ceux qui

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naissent asphyxiés, indépendamment des cas dont j'ai été témoin oculaire, j'ai encore le témoignage de deux de mes collègues, MM. Flamand et Lobstein, tous les deux livrés à la pratique des accouchemen ts, quim'ont attesté avoir vu des nouveaux-nés dans cet état, qui ont vécu une demi-heure, deux heures, trois heures, en exécutant divers mouvements. » Non seulement on a niéceslongues survies des enfants, quoique parfaitement constatées, mais on vient encore de révoquer en doute toutes celles de quelques heures seulement. 11 est donc nécessaire d'insister sur ce point de doctrine et de l'établir ici invinciblement, malgré les nombreux faits contraires qu'on lui oppose. Des faits positifs bien constatés ne peuvent être détruits par d'autres faits positifs, quelque incontestables qu'ils soient, ou il faut anéantir l'histoire et la logique. Voici donc encore un grand nombre d'exemples qui prouvent que les enfants ne meurent pas toujours avec leurs mères, comme on semble vouloir l'insinuer.

Ignace Amat, chirurgien de Mont-Réal, écrivit à l'auteur de Y Embryologie la lettre suivante, datée de Mont-Réal, 1744 : «Je vous envoie, Monsieur, la liste exacte des opérations que j'ai pratiquées, et à laquelle j'en joins quelques autres faites par mes confrères. On peut en inférer qu'on a tort de penser qu'on ne trouve des enfants vivants que dans les derniers mois de la grossesse. J'ai fait l'opération à peu de femmes mortes avant le cinquième mois de la grossesse ; mais, quand je l'ai pratiquée, j'ai toujours trouvé les fœtus vivants : j'en conclus que j'aurais également trouvé les autres vivants, si j'avais été appelé. Les parents ne sont point assez attentifs pour demander à temps notre secours, et les curés ne sont guère instruits de la grossesse d'une femme dans les premiers mois ; il serait nécessaire qu'à l'occasion des derniers sacrements, ils demandassent auxfemmes si elles ne sont pas dans le cas d'être enceintes. Il est remarquable que, dans un

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