RÉFUTATION DES ASSERTIONS DE M. VELPEAU
tement. Le critique a été très mal servi par son copiste. Examinons donc un peu. L'original latin ou leigrand ouvrage de Gangiamila, très-rare aujourd'hui, mais qui se trouve pourtant à Paris, à la bibliothèque de l'Institut, ainsi que la traduction française fort exacte de Dinouart, dernière édition de 1767, portent qu'à Mont-Réal vingt et un enfants ont reçu le baptême, non dans l'espace de quatre ans, comme dit M. Velpeau, mais dans le laps de temps de vingt-quatre ans (depuis 1719 jusqu'à 17-13), ce qui estbien différent. A la vérité, tous ces enfants sont morts très peu de temps après avoir été baptisés, et alors certes ils n'ont point été sauvés dans le sens que M. Velpeau semble l'entendre, ils ne pouvaient l'être, puisque près de la moitié n'était pas viable, ayant moins de six mois.
De plus l'auteur avance tout simplement et sans aucun détail, que l'on sauva treize enfants àGirgenti, ce qui encore n'est pas conforme au texte original, qui, dit, comme on peut le voir plus haut, que « dans « l'espace de neuf ans, à Sambuca, ville du diocèse de « Girgenti, où il y après de dix mille habitants, il est «mort vingt deux femmes pendant leur grossesse (et « non pas treize, comme dit M. Velpeau); on leur a « fait à toutes l'opération césarienne ; on a baptisé « dix-huit enfants. » (Voyez le texte, p. 232.) Le critique ne mentionne pas le laps de temps ni le nombre des habitants de la ville, non de Girgenti, qui est le nom du diocèse, mais de Sambuca, qui avait près de dix mille habitants : tout cela cependant n'était pas indifférent. Passons à une erreur plus grave encore. 11 faut que le copiste de M. Velpeau ait la main bien malheureuse, pour faire erreur à peu près une demidouzaine de fois, dans une demi-douzaine de lignes. M. Velpeau continue donc, et ajoute qu'on pratiqua l'opération césarienne vingt fois à Syracuse en dixhuit mois. Le texte original et la traduction, dernière édition (1766), disent « qu'il y a eu, non à Syracuse,
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« mais à Victoria, ville du diocèse de Syracuse, où « l'on compte sept mille habitants, vingt accouche- « ments césariens depuis 1734 jusqu'à 1752 (c'est-à- « dire en dix-huit ans, et non en dix-huit mois comme « dit M. Velpeau) : tous ces enfants sont venus vivants « et ont reçu le baptême. »
A la même page M. Velpeau rapporte que « laprin- « cesse de Schwarzemberg, morte à Paris des suites « d'une brûlure, ne put être ouverte que le lendemain, « et que le fœtus fut néanmoins trouvé vivant. »
Il est vrai, il ajoute : « On dit, y> et cet on dit c'était tout Paris, comme nous l'avons vu plus haut. « Une « autre femme, continue M. Velpeau, dont parle Millot, « ne fut opérée qu'au bout de quarante-huit heures, « et l'enfant n'était pas mort. Flajani, Veslingius et k plusieurs autres rapportent des cas à peu près sem- « blables. » Deux pages plus loin, après avoir cité ces exemples de longue survie, même de quarante-huit heures, Fauteur ajoute : « Il est évident néanmoins a qu'une fois la mère mortej'enfantnepeut continuer « de vivre au delà de quelques quarts d'heures, ou « même de quelques minutes, en supposant qu'il ne « soit pas mort d'avance. La conclusion à tirer de ces « remarques, c'est qu'après une heure ou deux,l'opé- « ration césarienne est complètement inutile chez une «femme réellement morte. » (Page 453.) Et nous, d'après les faits rapportés par M. Velpeau lui-même, nous en tirons une conclusion toute contraire ; savoir, qu'il faut ouvrir toutes les femmes qui meurent dans l'état de gestation. Plus bas, à la même page. M. Velpeau dit encore : « Il est bien inutile sans doute de « songer à conserver la vie du fœtus, avant la fin du « septième mois ; mais, dans les pays catholiques, on « veut au moins pouvoir lui appliquer le baptême, et « que l'opération soit de rigueur à partir du milieu de « la grossesse. » Si c'est pour appliquer le baptême à l'enfant dans les pays catholiques, pourquoi ne pas faire